Rappelons cette antienne des annĂ©es 2010 : les ressources des collectivitĂ©s doivent baisser. Passons sur la lĂ©gitimitĂ©, ou pas, de la situation. Et revenons aux consĂ©quences, version volontariste. Moins de moyens, c’est plus d’arbitrages, une dĂ©finition exigeante des prioritĂ©s ; c’est donc vertueux.
Vu comme cela, certes !
Surtout si, en plus, vous innovez.
A fortiori, si vos innovations se déploient grâce à la magie des technologies numériques.
LĂ , vous touchez le graal de l’Ă©conomie de moyens pour un service rendu Ă coup sĂ»r amĂ©liorĂ©, partagĂ©, si possible coconstruit avec des citoyens et, mieux, avec des start-up.
Vous aurez alors cochĂ© toutes les cases du service public de demain – forcĂ©ment moins cher, numĂ©rique, produisant des donnĂ©es qui, grâce au big data, permettront d’amĂ©liorer la vie.
Foisonnement d’innovations
Dans le monde rĂ©el, tout ceci, bien sĂ»r, n’est que pĂ©tition de principe. Et soumis Ă de nombreuses conditions pour que le bĂ©nĂ©fice promis advienne. Moins de ressources, cela signifie dĂ©lĂ©guer davantage, en investissement comme en fonctionnement. Dans certains cas, cela concerne l’idĂ©e mĂŞme de l’investissement.
Et si la France a inventĂ© la dĂ©lĂ©gation de service public, le contexte actuel renouvelle le rapport de force avec les acteurs privĂ©s. D’abord, parce que les partenaires ne sont plus les mĂŞmes, comme le relève Isabelle Baraud-Serfaty (lire La Gazette du 18 dĂ©cembre, p. 38).
Ensuite, parce que le cadre rĂ©glementaire, qui fournit les moyens d’action de l’acteur public, peine Ă rĂ©pondre au foisonnement d’innovations. Les start-up, par exemple, sont championnes pour satisfaire des besoins non couverts, mais en investissant les zones grises de notre espace juridique et public.
Ce nouveau contexte, enfin, questionne la place des dĂ©cideurs publics et leurs rĂ´les dans la fabrique de la ville, ainsi que la dĂ©finition de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral, donc des services publics pertinents. La prise de conscience est urgente.
Souhaitons que le programme du gouvernement, Action publique 2022, qui doit aboutir en mars 2018, y apporte sa contribution.
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Aménagement urbain : Quand la ville se livre au privé
Sommaire du dossier
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- Aménagement : comment faire mieux avec moins ?
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