La Gazette a inaugurĂ©, mardi 14 mars, sa première matinĂ©e juridique. L’objectif : revenir sur l’application du nouveau cadre juridique issu principalement de la loi dĂ©ontologie du 20 avril 2016 et Ă sa mise en Ĺ“uvre au sein des collectivitĂ©s.
Françoise Descamps-Crosnier, rapporteure Ă l’AssemblĂ©e nationale de cette loi du 20 avril 2016, dite par ailleurs « loi Lebranchu », est revenue en ouverture de la matinĂ©e sur les objectifs et les valeurs du texte. La dĂ©putĂ©e des Yvelines (PS) en a Ă©galement profitĂ© pour faire un point sur la mise en Ĺ“uvre de ce texte :
Sur les 41 dĂ©crets d’application qui doivent ĂŞtre pris, 24 l’ont dĂ©jĂ Ă©tĂ©, soit un taux d’application de 59%. L’arrivĂ©e de nouveaux dĂ©crets est imminente.
DĂ©cryptage du statut du lanceur d’alerte et du cumul d’activitĂ©s
Samuel Dyens, avocat associĂ© du cabinet Goutal, Alibert et associĂ©s et prĂ©sident de l’Association nationale des juristes territoriaux (ANJT), est ensuite revenu en dĂ©tail sur les Ă©volutions du cadre juridique entourant le lanceur d’alerte dans la fonction publique.
Il a notamment insistĂ© sur l’articulation peu Ă©vidente (notamment en ce qui concerne le champ d’application) entre les dispositions de la loi DĂ©ontologie du 20 avril 2016, qui mettent en place un cadre pour le lanceur d’alerte dans la fonction publique, et celles de la loi Sapin 2 du 9 dĂ©cembre 2016, qui dĂ©finissent des droits aux lanceurs d’alerte d’une manière gĂ©nĂ©rale. « Il faut lire Lebranchu avec les lunettes de Sapin » s’est amusĂ© l’avocat.
Autre sujet dĂ©cryptĂ© par Samuel Dyens : l’interdiction du cumul d’activitĂ©s pour les fonctionnaires et ses dĂ©rogations. L’occasion de remarquer que, malgrĂ© l’adoption du dĂ©cret, certaines questions relatives notamment aux activitĂ©s accessoires, ne sont pas rĂ©solues.
Retour d’expĂ©riences
Après une intervention de David Ginocchi, responsable du pĂ´le juridique et des Ă©tudes de la Haute AutoritĂ© pour la transparence de la vie publique (HATVP), sur le rĂ´le de cette instance dans la prĂ©vention des conflits d’intĂ©rĂŞts, la matinĂ©e s’est terminĂ©e par une table ronde sur les pratiques locales en matière de dĂ©ontologie, et notamment la mise en place de dĂ©ontologues dans les collectivitĂ©s.
Alors que le dĂ©cret sur le rĂ©fĂ©rent dĂ©ontologue se fait toujours attendre, la mise en place d’un dĂ©ontologue au sein des collectivitĂ©s est encore rare sur le territoire. Chantal Cutajar, ajointe au maire de Strasbourg en charge de la dĂ©ontologie, est venue tĂ©moigner de l’expĂ©rience qu’apporte Ă Strasbourg un dĂ©ontologue, prĂ©sent depuis plus de deux ans. Catherine Husson-Trochain, prĂ©sidente de la Commission DĂ©ontologie de la rĂ©gion Paca, a quant Ă elle expliquĂ© le choix qui a Ă©tĂ© fait dans sa collectivitĂ© de mettre en place une formation collĂ©giale.
Enfin, Pierre Villeneuve, ex-dĂ©ontologue de la rĂ©gion Bretagne, a Ă©tĂ© interrogĂ© Ă plusieurs reprises sur les modalitĂ©s d’exercice de cette tâche car il avait la particularitĂ© d’ĂŞtre, dans le mĂŞme temps, directeur des affaires juridiques de la collectivitĂ©.
Autant de tĂ©moignages qui, nous l’espĂ©rons, ont permis aux participants de cette première matinĂ©e juridique d’insuffler prochainement une culture dĂ©ontologique au sein de leur collectivitĂ©. A dĂ©faut de choix, la loi est applicable depuis le 1er janvier.
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