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[opinion] Contentieux

« Le Conseil National de la mĂ©diation, une garantie de qualitĂ© pour les collectivitĂ©s ? »

Publié le 05/07/2023 • Par Auteur associé • dans : Actu juridique, Opinions, Tribune

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AdobeStock
Gaëlle Walker, médiatrice professionnelle, administratrice de l'Association Nationale des Médiateurs et co-directrice du master Médiation à l'Université Lyon 2, s'interroge sur la place prédominante de juristes, magistrats, avocats et universitaires dans la composition du Conseil national de la médiation.

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Gaëlle Walker

Médiatrice professionnelle chez Médiation Walker, Administratrice à l'Association Nationale des Médiateurs, co-directrice du master Médiation à l'Université Lyon 2

Le Conseil National de la Médiation est né ! Il a été nommé en mai 2023, et se réunit ces jours pour la première fois.

Le monde de la mĂ©diation s’en rĂ©jouit, y notant une avancĂ©e et une reconnaissance de la pratique de la mĂ©diation en France. Une garantie Ă©galement de la qualitĂ© et de l’expertise des mĂ©diateurs intervenants dans les relations difficiles au travail au sein des collectivitĂ©s, mais Ă©galement dans les relations des collectivitĂ©s avec leurs partenaires, leurs prestataires, sans oublier les relations de voisinage.

Cependant, la reprĂ©sentation massive de juristes, magistrats, avocats et universitaires dans cette instance qui doit rĂ©guler un mĂ©tier dont les compĂ©tences fondatrices ne sont pas le droit pose question : en quoi cela peut modifier ou dĂ©tourner la perception et l’usage de la mĂ©diation, et comment s’y retrouver quand on fait appel Ă  un mĂ©diateur sur une commune ?

Le rôle du Conseil National de la Médiation

Tout d’abord, penchons-nous sur le rĂ´le du Conseil et la structuration du mĂ©tier de mĂ©diateur. Il s’agit en effet d’une avancĂ©e surtout pour les utilisateurs de la mĂ©diation, tels que les communes, qui y trouveront des garanties sur les compĂ©tences des mĂ©diateurs auxquels ils feront appel. En effet, le Conseil doit veiller Ă  l’uniformisation des formations et des pratiques de mĂ©diation sur le territoire, et Ă  une rĂ©gulation de ces pratiques. Auparavant, pouvaient devenir mĂ©diateurs tous ceux qui le souhaitaient, sans aucune exigence de formation, ni de suivi de pratique. Des formations de tout niveau et avec des contenus très disparates fleurissaient et dĂ©cernaient des pseudo-qualifications de mĂ©diateur.

Désormais, exercer la profession de médiateur nécessitera un certain nombre d’heures de formation initiale, formation à la médiation, et aux disciplines et outils du médiateur. La formation au droit ne suffira pas à valider l’expertise de médiateur. Elle était parfois même érigée comme la formation de base du médiateur.

Aux formations initiales s’ajouteront les exigences d’un suivi de formation continue, de façon annuelle et régulière, ainsi qu’un suivi de la pratique par les groupes d’analyse de pratique. Le Conseil National de la Médiation aura à statuer sur le nombre d’heures, et probablement le contenu de ces enseignements.

Un des critères essentiels de la qualité de l’expertise du médiateur est également sa pratique régulière. En effet, le savoir-être repose sur une posture neutre et impartiale qui doit être pratiquée avec régularité pour être sûre : cela ne s’improvise pas. Or peu de médiateurs aujourd’hui ont véritablement une pratique régulière et fréquente de l’exercice de la médiation. Ce critère sera défendu, je l’espère, par le Conseil National de la Médiation.

Cependant, la constitution en majoritĂ© des membres du Conseil par des experts du droit risque de concentrer le contenu des formations Ă  la mĂ©diation Ă  l’expertise juridique et la rĂ©alisation d’une bonne nĂ©gociation, en omettant, ou en minimisant, l’expertise sur la relation, qui pourtant est un point essentiel de la pĂ©rennitĂ© des accords.

Vous me direz : « Mais une bonne nĂ©gociation, c’est dĂ©jĂ  cela ! » En effet ! Mais une bonne nĂ©gociation nĂ©cessite a priori que la relation soit apaisĂ©e.

Ainsi, minimiser le travail sur la relation, en faisant prĂ©dominer l’expertise du droit, ce serait passer Ă  cĂ´tĂ© de la particularitĂ© et de la spĂ©cificitĂ© de la mĂ©diation qui prend en compte les aspects personnels de la relation. Et qui mise sur la restauration de la confiance, pour la pĂ©rennitĂ© de l’accord.

L’expertise de la relation

En effet, la médiation ne repose pas sur des connaissances en droit ni pour conduire les entretiens, ni pour poser le cadre qui garantit la sécurité des participants au processus.

La médiation repose sur une expertise bien spécifique qui est celle de la relation : un ensemble de compétences et de connaissances de ce qui définit, qualifie, analyse, et régit la relation.

Mais la relation, qu’est-ce ? Ce mot ne reprĂ©sente pas uniquement ce qui fait la psychologie des personnes, ni non plus les règles qui rĂ©gissent les comportements de la relation. La relation, c’est l’interaction entre deux personnes qui se rencontrent et entre qui se crĂ©e un lien dans un contexte spĂ©cifique. C’est un espace imperceptible, et pourtant rĂ©el.

La connaissance de la relation repose sur un ensemble de savoirs, dont la psychologie et le droit, mais aussi l’étude de la nature des liens, l’étude de l’évolution des comportements et de ce qui influe sur ces comportements, l’étude des modes de communication, et enfin du contexte et de son influence sur le lien, par la systémie.

L’expertise de la relation est donc une science à part entière qui comporte une définition, un objet, une nature, et un comportement, ainsi qu’une connaissance, une expérimentation, et des outils spécifiques. Et non l’émanation d’une autre science.

Les médiateurs sont des experts de ce savoir spécifique, qu’ils vont d’ailleurs acquérir dans des formations spécifiques à la médiation, et qu’ils vont mettre en pratique également.

Les relations au sein des communes

A l’échelle des maires et des communes, dans quel domaine intervient donc la médiation ? Elle peut intervenir à chaque fois qu’une relation se tend ou se rompt, et que chacun des acteurs a besoin de la renouer, pour la poursuivre ou pour y mettre fin dans de bonnes conditions.

Ainsi, elle s’inscrit dans :

  • la relation de travail : la relation des agents entre eux, des agents avec leur hiĂ©rarchie, et du personnel des collectivitĂ©s avec les Ă©lus sont autant de relations qui nĂ©cessitent parfois un accompagnement ;
  • la relation avec les partenaires et les prestataires des collectivitĂ©s ;
  • la relation avec les collectifs de citoyens sur des questions d’urbanisme par exemple ;
  • La relation avec les Ă©coles, ou autres partenaires institutionnels ;
  • la relation de voisinage, relation qui est souvent renvoyĂ©e Ă  la responsabilitĂ© des Ă©lus, complètement dĂ©munis pour intervenir.

L’ensemble de ces relations sont rĂ©gies par des règles de droit, qui permettent d’accompagner et sĂ©curiser les personnes dans la relation, mais ce qui compte aussi beaucoup Ă  l’échelle d’une commune, c’est la proximitĂ© et la durabilitĂ© des liens, le fait que les liens perdurent mĂŞme après jugement. Les personnes vivent souvent sur le mĂŞme territoire, et sont amenĂ©es Ă  se rencontrer Ă  nouveau. La confiance est donc un point important pour accompagner le mieux « vivre ensemble ».

Ainsi, les règles et le droit ne suffisent pas à rassurer. Le dialogue et la collaboration peuvent permettre le « vivre ensemble ».

La place des juristes dans le processus de médiation

Cependant les experts juridiques ont un rôle important dans le processus de médiation en intervenant en complémentarité avec le médiateur.

Le mĂ©diateur ne nĂ©cessite pas d’avoir des connaissances en droit. S’il en a, il n’en fait pas Ă©tat dans l’espace de mĂ©diation, au risque de perdre la neutralitĂ© qui lui est nĂ©cessaire pour animer cet espace de parole. L’expertise du mĂ©diateur limiterait l’autonomie des personnes Ă  rechercher elles-mĂŞmes la solution.

C’est la diffĂ©rence avec le conciliateur, qui, lui, tranche le litige, et peut donner un avis sur le fond de la question litigieuse.

Cependant, cela n’exclut pas l’intervention d’un expert du droit dans le processus en soutien technique des personnes pour accompagner la nĂ©gociation. Ainsi, le mĂ©diateur peut accueillir des experts dans le cadre du processus, suivant certaines règles. La place de l’expert sera en soutien et en conseil, mais non pas en reprĂ©sentation.

Il s’agit de redonner un pouvoir d’action, de l’ « empowerment ». Le principe mĂŞme de la mĂ©diation rĂ©side dans la capacitĂ© des personnes Ă  trouver par elles-mĂŞmes la solution qui leur conviendra, et Ă  collaborer entre elles pour la trouver.

Des professionnels du droit qui vont siéger au Conseil National de la Médiation sauront-ils apprécier les enjeux de développement, de structuration, et d’encadrement de la médiation, sans la défaire de sa « substantifique moëlle »: la volonté et l’engagement des personnes, la neutralité du médiateur et l’absence de formalisme et de formalités permettant la garantie de cet engagement ?

Nous l’espérons, et l’appelons de nos vœux.

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