« Descendre le foncier au niveau de la commune »
« On doit trouver un impĂ´t pour remplacer la taxe d’habitation. Descendre le foncier (NDLR : la part dĂ©partementale de la taxe foncière) au niveau de la commune n’est sans doute pas une mauvaise idĂ©e. Un morceau de fiscalitĂ© serait transfĂ©rĂ© aux dĂ©partements. Il correspondrait Ă leurs dĂ©penses. Pourquoi les dĂ©partements ont aujourd’hui une recette, du foncier et des DMTO, qui ne correspond pas du tout Ă leur dĂ©pense ? C’est absurde. Ce qui correspond le plus aux compĂ©tences sociales des dĂ©partements, c’est un morceau de CSG. C’est vers ça qu’on doit aller, comme on l’a fait avec les rĂ©gions avec leur part de TVA qui suit les compĂ©tences Ă©conomiques. L’objectif de cette rĂ©forme, c’est la fin de l’annĂ©e pour qu’avant les municipales, les Ă©lus sachent dans quelle direction ils vont. »
« Les élus n’ont pas voulu de la réforme des dotations »
« Il y a eu une très bonne rĂ©forme de la DGF de la dĂ©putĂ©e Pirès-Beaune qui rééquilibrait les choses vers les communes rurales. Ce n’est pas le gouvernement d’alors, mais les Ă©lus du CFL qui n’en ont pas voulu. Ils n’ont pas eu le courage de dire : »Toi, tu vas gagner, toi tu vas perdre ». Les quarante critères, incomprĂ©hensibles de la DGF, ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s par les Ă©lus eux-mĂŞmes. Au CFL, il y a des Ă©lus qui sont lĂ depuis quarante ans. Je vous invite Ă aller voir notre ami AndrĂ©, le prĂ©sident du CFL (le socialiste AndrĂ© Laignel, ndlr) qui est le principal responsable de cet Ă©tat de fait. »
« Les élus doivent prendre la liberté managériale »
« Vous ĂŞtes tous des managers locaux. Vous avez tous des gens qui travaillent bien et moins bien… Tel qu’on applique le statut de la fonction publique, bon courage pour les diffĂ©rencier ! On rĂ©ussit Ă avoir aujourd’hui une rĂ©munĂ©ration au mĂ©rite qui est en-dessous du statut initial de Maurice Thorez ! On peut faire mieux. Est-on obligĂ© d’avoir la mĂŞme Ă©volution entre les fonctions publiques ? Quand le gouvernement prĂ©cĂ©dent a voulu, Ă juste titre, augmenter le point d’indice dans la fonction publique hospitalière, les collectivitĂ©s locales ont pris 1 milliard de plus de coĂ»ts salariaux ! Personne ne l’avait demandé ! Mais bizarrement, les associations d’élus locaux ne veulent pas prendre la gestion de leur fonction publique… Les Ă©lus doivent prendre la libertĂ© managĂ©riale. »
« Les structures les plus efficaces sont les communes nouvelles »
« Sur le détricotage de la commune, je partage. La loi NOTRe n’est pas passée. Il y a eu une phase d’accélération pour les communes sans doute trop brutale avec des intercommunalités trop grandes. Beaucoup de choses décidées par l’intercommunalité sont ensuite subies par le maire qui a voté contre, comme sur une augmentation de fiscalité par exemple. Ce n’est pas satisfaisant. Il ne faut pas tout détricoter, mais revoir des périmètres. Les structures les plus efficaces ont été les communes nouvelles, parce qu’elles ont été volontaires. »
« Un très grand investissement public sur l’eau »
« La loi NOTRe a suscitĂ© un continent de mĂ©contentement. On s’est fait des chicaya pour pas grand-chose. Si le pĂ©rimètre de la nappe phrĂ©atique n’est pas intercommunal, il n’est pas communal non plus. On a laissĂ© la compĂ©tence Ă un niveau trop granulaire. Le sens de l’histoire va vers des organisations plus larges et un investissement bien plus massif. Nous n’avons pas investi sur les rĂ©seaux depuis des dĂ©cennies. On perd entre 25 et 30 % de l’eau. C’est coĂ»teux et peu Ă©cologique. Le prix de l’eau est pourtant très faible. Mais aujourd’hui, ce que ne paient pas les usagers, ce sont les citoyens qui le paient. Tout cela va nĂ©cessiter un très grand investissement public sur l’eau. »
Guerre froide avec l’AMF
Le PrĂ©sident de la RĂ©publique joue, avec son tour de France, la carte du dialogue direct avec les premiers magistrats. Une manière de marginaliser l’Association des maires de France et, en particulier son numĂ©ro deux, AndrĂ© Laignel (PS) qu’Emmanuel Macron vilipende très rĂ©gulièrement.
Dans un communiquĂ© publiĂ© le 6 fĂ©vrier 2019, l’AMF prĂ©sidĂ©e par François Baroin (LR) dĂ©nonce sa mise Ă l’Ă©cart des instances de concertation et de dialogue. Elle en profite pour s’en prendre au recours aux ordonnances.
RassemblĂ©e sous la bannière de Territoires Unis avec l’AssemblĂ©e des dĂ©partements de France et RĂ©gions de France, l’association devrait prĂ©senter dans les prochaines semaines une contribution pour un acte III de la dĂ©centralisation. Un corpus jumelĂ© Ă une demande de confĂ©rence territoriale et sociale Ă l’issue du grand dĂ©bat. Autant de pistes que se garde bien de retenir Emmanuel Macron.
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