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Décentralisation

Décentralisation : les grandes associations d’élus sonnent le tocsin

Publié le 10/04/2018 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, Actualité Club finances, France

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Twitter AMF
Fait unique, l’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et Régions de France ont tenu, le 10 avril 2018, une conférence de presse commune pour dire tout le mal que leur inspire « le logiciel purement jacobin » d’Emmanuel Macron. Dans leur ligne de mire : les contrats de maîtrise de la dépense de fonctionnement locale et la « recentralisation » de la formation et de l’apprentissage.

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François Baroin (LR), Dominique Bussereau (Ex-LR) et Hervé Morin (UDI) l’ont dit sur tous les tons ce 10 avril 2018. « Violemment modérés », les présidents de l’AMF, de l’ADF et de Régions de France voient d’un bon œil « l’impulsion » donnée au pays par Emmanuel Macron.
Anciens pensionnaires du « gouvernement de la France », ils connaissent mieux que quiconque le faisceau de contraintes qui pèse sur le pouvoir central. La preuve, ils soutiennent le plan de transformation de la SNCF.

Mais, pour eux, ce pouvoir-lĂ  a un lĂ©ger problème avec les territoires… « Le dialogue avec l’Etat est agrĂ©able, courtois, sympathique, les occasions de rencontrer Emmanuel Macron et ses ministres, nombreuses, mais nous n’avons aucune rĂ©ponse Ă  nos demandes », rĂ©sume Dominique Bussereau (Ex-LR), prĂ©sident de l’ADF.

Son collègue de l’AMF, François Baroin (LR), va plus loin, qui parle de « mascarade de dialogue » et de « réunionnite », sur fond de « mise en coupe réglée des collectivités ».

Pour le patron de Régions de France Hervé Morin (UDI), point de doute, le « logiciel purement jacobin » règne à nouveau en maître dans les administrations centrales.
Gros plan sur les principaux griefs des élus locaux.

Des contrats financiers « léonins »

Les présidents de Régions de France et de l’ADF, Hervé Morin et Dominique Bussereau, l’ont assuré lors de leur conférence de presse commune. Aucune des collectivités qu’ils représentent ne signera avec l’Etat de contrat de maîtrise de la dépense de fonctionnement dans un plafond de hausse de 1,2 %.
Une question de principe pour Hervé Morin qui vante le modèle fédéral de certains de nos voisins. Le patron de la Normandie prend tout de même soin de préciser que toutes les régions sont dans les clous du 1,2 %.

Dominique Bussereau, lui, se garde d’emprunter ce terrain-lĂ . Fidèle Ă  sa ligne depuis des mois, il exige, en vain pour le moment, des contreparties de l’Etat. Il rĂ©clame davantage de subsides pour le financement des mineurs non-accompagnĂ©s dont le nombre ne  cesse d’exploser,  portant la facture Ă  plus d’un milliards. Il demande aussi un coup de pouce sur le dossier des allocations individuelles de solidaritĂ©. « Il manquait 9 milliards l’an dernier, rappelle Dominique Bussereau. L’Etat nous promet royalement 250 millions pour l’an prochain. »

De son côté, le patron de l’AMF, François Baroin (LR), ne s’engage pas au nom des villes et des intercommunalités visées par les contrats financiers.
Les adhérentes de France Urbaine et de l’Assemblée des communautés de France sont, il faut dire, assez allantes. Cela n’empêche pas François Baroin d’appeler à ne pas signer ces documents.

L’ancien ministre des Finances dénonce un jeu de dupe de l’Etat. Contrairement à l’engagement du Gouvernement, « 22 000 communes » verront, selon François Baroin leurs dotations baisser cette année par le jeu des mécanismes de péréquation. Le patron de l’AMF reprend volontiers l’expression de « pacte léonin », popularisée par son numéro deux, André Laignel (PS). Les collectivités « intermédiaires », qui ont un budget entre 70 à 150 millions d’euros, auront du mal à tenir le taux de 1,2 %, prévient-il par ailleurs.

Conséquence, les trois grandes associations d’élus ont présenté ce 10 avril une « contre-circulaire », destinée selon Dominique Bussereau à tourner le dos aux oukases et au « patois technocratique » de Bercy. Toutes les requêtes précitées y sont rappelées. L’AMF, l’ADF et Régions de France réclament, en sus, la possibilité pour chaque collectivité de faire appel à un médiateur issu de « chambre régionale des comptes par exemple ».

Haro sur la réforme de l’apprentissage et de la formation

En communion avec ses homologues, Hervé Morin sort le lance-flamme contre la réforme de l’apprentissage et de la formation. Un plan qui « recentralise et privatise une compétence historique des régions ». Les chiffres avancés dans le document diffusé à la presse donnent le tournis.

« Les régions verront leurs moyens pour l’apprentissage passer de 1,6 milliards à 250 millions d’euros. La moitié des centres de formation des apprentis sont menacés de fermeture », peut-on lire. « Une concentration sans précédent de l’offre dans les grandes villes », fulmine Hervé Morin. Et le président de Régions de France de dénoncer, dans la même sillon, « l’idée baroque de fixer le prix de la formation au niveau national ».

Pour lui, l’Etat, sur ce dossier, a manqué à sa parole. « Contrairement aux engagements du premier ministre, le Gouvernement a renoncé à confier la formation et l’orientation aux régions. Nous avons passé des dizaines d’heures de réunion tard le soir, le week-end, pour rien », tempête le président de Régions de France.

Contrats de plan : des engagements non-tenus

L’inévitable Hervé Morin ne décolère pas : « Jamais l’exécution des contrats de plan Etat-région n’a été aussi médiocre sur la mobilité et en particulier sur le rail ». Un comble pour l’ancien secrétaire d’Etat aux transports Dominique Bussereau, au moment où le Gouvernement assure qu’il veut redynamiser le réseau.

Selon Régions de France, le taux de paiement de l’Etat, au regard de ses engagements, « était de moins de 25 % ». Des retards qui ont contraint les collectivités à « avancer de l’argent afin d’éviter que des projets ne soient bloqués ou prennent du retard. »

Les trois grandes associations d’élus vont maintenant saisir leurs mandantes pour qu’elles prennent des vœux alertant leurs administrés sur « la décentralisation en danger ». Des documents qui seront ensuite transmis à Emmanuel Macron et à Edouard Philippe, ainsi qu’aux parlementaires du cru.

Dans ces conditions, l’AMF, l’ADF et Régions de France participeront-elles à la prochaine session de la Conférence nationale des territoires, instance de dialogue Etat-collectivités programmée au début de l’été ? « C’est une question que nous allons nous poser », répond sobrement Hervé Morin.

D’ici-lĂ , les Ă©lus devront plus que jamais mener la bataille de l’opinion. A une question d’un journaliste qui comparait la triplette de prĂ©sidents d’associations d’élus au club des ronchons cher Ă  Alain Paucard, François Baroin s’est montrĂ© particulièrement cinglant : « Nous ne sommes pas des pleureuses qui se drapent dans une vertu outragĂ©e. On ne nous mettra pas  dans la case de la France d’avant, de ceux qui ne servent Ă  rien, s’en mettent plein les poches et passent leur temps Ă  faire des rond-points. »

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Décentralisation : les grandes associations d’élus sonnent le tocsin

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Antigone 2018

10/04/2018 09h56

Eh bien le tocsin rien que cela ! Ils seraient plus crĂ©dibles s’ils n’avaient pas fait partie de gouvernements de ces 30 dernières annĂ©es qui ont laissĂ© notre pays en mal de rĂ©formes pourtant indispensables.
Quand Ă  la dĂ©centralisation qui peut nier, quand on voit l’Ă©volution du taux d’abstention aux Ă©lections locales, qu’elle n’a pas atteint son objectif de rapprocher le citoyen de la gestion publique ? Quand Ă  lutter contre le chĂ´mage, cela n’a pas Ă©tĂ© concluant non plus … (Ceci expliquant en partie cela sans doute).
Alors oui il y a beaucoup de choses Ă  rĂ©former si l’on veut mieux dĂ©penser l’argent public et sortir de cette crise Ă©conomique que nous connaissons depuis beaucoup trop longtemps. Les collectivitĂ©s locales peuvent et doivent entrer dans une dĂ©marche offensive et… positive.

Henri Tanson

11/04/2018 08h07

Bon, d’accord, le constat est Ă©difiant, mais on fait quoi ?
Cette politique est mauvaise; de plus en plus de Français en ont pris conscience, mais, avons-nous un quelconque choix de nous y opposer ?
Quand on lit tous ces articles de la Gazette qui nous dĂ©montre Ă  chaque fois, que le gouvernement applique une politique qui ne va pas dans notre intĂ©rĂŞt, on en arrive Ă  conclure que nous ne sommes plus dans une dĂ©marche dĂ©mocratique qui veut que nos « dirigeants » sont nos obligĂ©s, censĂ©s nous reprĂ©senter, nous dĂ©fendre et mener la politique que la majoritĂ© attend…
La conclusion nous amène Ă  convenir que notre modèle d’organisation politique en France ressemble de plus en plus Ă  une dictature, une oligarchie.
Si nous en convenons, nous devons agir afin de rĂ©tablir la dĂ©mocratie…
Mais autour de nous, venant de l’opposition, en n’entend que du bla-bla qui ne mènera nulle part, Ă  part servir de dĂ©fouloir. Ce n’est plus du bla-bla que nous voulons.

MURAKAMI

11/04/2018 09h13

1.2 %de rĂ©duction, ce n’est pas la mer Ă  boire. Je suis d’accord avec le commentaire d’Antigone, il faudrait un dĂ©bat constructif et positif, se rendre Ă  l’Ă©vidence que les collectivitĂ©s doivent rĂ©duire leur train de vie et enfin maĂ®triser les dĂ©penses de fonctionnement pour arrĂŞter de tondre les contribuables.
C’est simple pour le gouvernement, si les collectivitĂ©s refusent la contractualisation, il suffira de rĂ©duire les dotations. Sur la formation, il Ă©tait logique de confier l’apprentissage aux branches professionnelles qui gèrent dĂ©jĂ  les contrats de professionnalisation mais il me semble que l’orientation fait partie des prĂ©rogatives des RĂ©gions…

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