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Sénat

Non-cumul au Sénat : certains partent, beaucoup restent

Publié le 26/10/2017 • Par Jean-Baptiste Forray Blanche Bourgeois • dans : A la une, France

Sénat 1
Wikimédia commons
A quelques jours du 2 novembre, date à laquelle les sénateurs sont soumis à la loi du non-cumul des mandats, les élus du Palais du Luxembourg ont tranché. 71% des cumulards privilégient les ors de la République au détriment de leur exécutif local.

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Cet article fait partie du dossier

Le Sénat, grand protecteur des territoires

Au revoir la figure du sénateur-maire. En vertu de la loi sur le non-cumul, aucun sénateur ne peut désormais cumuler son mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale (maire, adjoint au maire, président ou vice-président de région, de département…).

Le non-cumul devient effectif Ă  partir du 2 novembre

Initialement fixé au 2 octobre, la date à laquelle les sénateurs doivent se mettre en conformité avec la loi a été repoussée au 2 novembre.

Si le texte était clair pour les sénateurs nouvellement élus qui avaient 30 jours à compter de la date de leur élection pour se mettre en conformité avec la loi, les sénateurs non renouvelables ont tenté de pousser leur avantage pour n’avoir à trancher que lorsque le mandat serait remis en jeu en 2020 explique Donatien de Bailliencourt, avocat en droit électoral pour le cabinet Granrut.

Le Conseil constitutionnel l’a entendu d’une autre oreille. « Les dispositions de la loi organique seront applicables Ă  l’ouverture de la session ordinaire qui suit cette Ă©lection tant aux sĂ©nateurs faisant l’objet d’une nouvelle Ă©lection qu’aux sĂ©nateurs Ă©lus lors du renouvellement de septembre 2014 » ont prĂ©cisĂ© les sages dans une dĂ©cision prise il y a 3 ans.

La loi s’applique donc finalement 30 jours après l’ouverture de la session parlementaire, soit le 2 novembre.

L’exĂ©cutif local, un choix minoritaire

Parmi les 138 sénateurs concernés par la loi sur le cumul des mandats, 93 ont choisi de garder leur mandat de sénateur (71%) et d’abandonner leurs fonctions exécutives locales. Seuls 41 sénateurs ont décidé de quitter le Sénat.

François Baroin (LR), le maire de Troyes a ainsi privilégié son implantation locale pour garder la main sur la présidence de l’Association des maires de France. David Rachline (FN) préfère, lui aussi , la mairie de Fréjus aux ors du Sénat tout comme Jean-Claude Boulard au Mans (LREM) ou encore Caroline Cayeux, l’édile de Beauvais (LR) et présidente de Villes de France.

Même constat pour Jean-Claude Gaudin (LR), l’inoxydable maire de Marseille, Michel Mercier, ancien garde des Sceaux (Modem) qui privilégie son village de Thizy-les-Bourgs ou encore Jean-Léonce Dupont, président du département du Calvados (Union centriste).

71% des cumulards préfèrent le Sénat

Ce choix reste toutefois minoritaire. Contrairement aux lĂ©gislatives, qui ont vu bon nombre de dĂ©putĂ©s prĂ©fĂ©rer leur exĂ©cutif local comme pour Alain Rousset (PS), dĂ©sormais « seulement » prĂ©sident de Nouvelle-Aquitaine ou Xavier Bertrand (LR) des Hauts-de-France, la plupart des sĂ©nateurs privilĂ©gient leur mandat parlementaire.

A commencer par les 67 vainqueurs des dernières Ă©lections sĂ©natoriales qui ont tous prĂ©fĂ©rĂ© les ors du SĂ©nat Ă  leur ancrage local. RĂ©mi FĂ©raud (PS), renonce ainsi Ă  la mairie du 10ème arrondissement tout comme Laurent Lafon (LR) qui quitte son poste de maire de Vincennes, Samia Ghali (PS) dĂ©sormais ex-maire du 8e arrondissement de Marseille , Olivier LĂ©onhardt (PS) Ă  Sainte-Geneviève-des-Bois ou encore Marc-Philippe Daubresse (LR), ancien ministre dĂ©lĂ©guĂ© au Logement et Ă  la ville, qui ne sera plus l’Ă©dile de Lambersart.

Plus largement, parmi les 138 sĂ©nateurs Ă©lus en 2014 et concernĂ©s par le non-cumul des mandats, 71% ont dĂ©cidĂ© d’abandonner leurs fonctions exĂ©cutives locales. Parmi les sĂ©nateurs-maires dĂ©jĂ  en place, Alain Richard (LREM) a dĂ©missionnĂ© de son mandat de maire de Saint-Ouen-l’AumĂ´ne tout comme François Grosdidier (LR) qui a quittĂ© la mairie de Woippy.

Les présidents de conseils départementaux ne sont pas en reste. Patrice Joly (PS) est désormais ex-président du conseil départemental de la Nièvre, tout comme Albéric de Montgolfier (LR) qui a quitté la tête de l’Eure-et-Loir ou encore Bernard Bonne (LR) qui a renoncé à la présidence du département de la Loire.

Les mandats locaux restent possibles pour les sénateurs

Bon Ă  savoir : un sĂ©nateur peut toutefois conserver un mandat local s’il ne correspond Ă  pas des fonctions exĂ©cutives. C’est par exemple le cas du sĂ©nateur Bruno Retailleau (LR) qui a renoncĂ© Ă  la prĂ©sidence du conseil dĂ©partemental de VendĂ©e tout en restant conseiller rĂ©gional des Pays de la Loire.

Seule sĂ©natrice dont l’avenir reste en suspens, Nassimah Dindar (UDI). A la fois parlementaire et prĂ©sidente du conseil dĂ©partemental de la RĂ©union, elle est actuellement sous le coup d’un recours dĂ©posĂ© devant le Conseil constitutionnel. Cette procĂ©dure met entre parenthèses le non-cumul, le temps pour les sages de statuer sur son cas. Une technique parfois utilisĂ©e pour retarder l’heure des choix comme l’explique Marianne.

Des femmes de plus en plus nombreuses dans l’hĂ©micycle

Enfin, le non-cumul change (un peu) le visage du Sénat. Par la mécanique de la parité, les suppléants doivent être du sexe opposé à celui du candidat principal dans le cas des scrutins majoritaires. Pour les scrutins à la proportionnelle, les listes doivent alterner hommes et femmes. Les deux modes de scrutin cohabitant au Sénat, Michèle Vullien (LR) succède à Michel Mercier, Claudine Kauffman (FN) récupère dans une ambiance tendue le siège de David Rachline et Nadine Grelet-Certenais (PS) prend la suite de de Jean-Claude Boulard.

Le Sénat compte désormais 32% de femmes contre 25% en 2014.  Une petite révolution dans un hémicycle qui reste donc très largement masculin.

La chambre haute reste le bastion des départements

La fin du cumul des mandats ne change finalement rien Ă  l’affaire. Les sĂ©nateurs, issus des conseils dĂ©partementaux continuent de se tailler la part du lion au Palais du Luxembourg. Les statistiques du cru 2017 sont impressionnantes.

Parmi les heureux Ă©lus du renouvellement par moitiĂ©, figurent onze patrons de dĂ©partements : le prĂ©sident LR  de la commission des lois Philippe Bas (Manche), l’ancien secrĂ©taire d’Etat LR Edouard Courtial (Oise), l’ex-secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral LR de l’AssemblĂ©e des dĂ©partements de France (ADF) Bruno Sido (Haute-Marne)….

Quatre autres de leurs collègues sénateurs-présidents, élus à la chambre haute en 2014, préfèrent aussi les ors du Sénat. Parmi eux, Benoit Huré des Ardennes, président du groupe de la Droite du centre et des indépendant (DCI) à l’ADF jusqu’au dernier congrès de  l’association à Marseille. A côté de ces 15 présidents en exercice au moment du scrutin de septembre 2017, figurent également 23 vice-présidents.

La chambre haute accueille aussi de nombreux anciens patrons de dĂ©partement. Dans cette catĂ©gorie, figurent le divers gauche Jean-NoĂ«l GuĂ©rini (Bouches-du-RhĂ´ne), le nouveau prĂ©sident PS de la commission des finances Vincent EblĂ© (Seine-et-Marne) ou l’ex-ministre PS Patrick Kanner (Nord) et l’ancien secrĂ©taire d’Etat socialiste Ă  la RĂ©forme territoriale, AndrĂ© Vallini. Au total, le nombre d’Ă©lus dĂ©partementaux culmine Ă  la chambre haute Ă  77.

A contrario, les conseillers rĂ©gionaux ne sont pas lĂ©gion : 39. Les patrons de rĂ©gion en fonction au moment de l’interdiction du cumul des mandats sont encore bien moins nombreux. Seul Bruno Retailleau occupait un tel fauteuil dans les Pays-de-la Loire. Un grand Ă©lu qui prĂ©sente la caractĂ©ristique d’ĂŞtre un ancien prĂ©sident de dĂ©partement. Dans ces conditions, la messe paraĂ®t dite.

Au moment d’examiner les textes ayant trait Ă  la rĂ©forme territoriale ou Ă  la fiscalitĂ© locale, les dĂ©partements devraient continuer Ă  peser de tout leur poids Ă  la chambre haute. Un appui prĂ©cieux pour l’AssemblĂ©e des dĂ©partements de France qui a perdu l’essentiel de ses relais au Palais-Bourbon, oĂą les dĂ©putĂ©s de La RĂ©publique en Marche s’avèrent souvent assez Ă©loignĂ©s des prĂ©occupations des collectivitĂ©s.

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Commentaires

Non-cumul au Sénat : certains partent, beaucoup restent

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Pas content

27/10/2017 03h04

Certains sénateurs conservent une fonction territoriale comme conseiller régional, comme indiqué dans le texte.
J’espère que ces Ă©lus auront fait le choix de demander Ă  leur collectivitĂ© de ne pas leur verser l’indemnitĂ© liĂ©e Ă  cette fonction…

pov citoyen

30/10/2017 07h27

On les comprend au vu des statuts d’un autre âge des sĂ©nateurs. Impossible de trouver mieux ailleurs.
C’est bien triste.

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