AnnoncĂ© le 28 aoĂ»t dernier par la Première ministre, le fonds vert, d’un montant de deux milliards d’euros et destinĂ© Ă toutes les collectivitĂ©s, doit permettre de financer des investissements locaux dans le cadre de la transition Ă©cologique. Dans une circulaire signĂ©e le 14 dĂ©cembre, mais publiĂ©e le 18 janvier, le ministre de la Transition Ă©cologique et de la cohĂ©sion des territoires, Christophe BĂ©chu, dĂ©cline les prĂ©cisions utiles Ă la mise en Ĺ“uvre de ce fonds. En effet, sa gestion est entièrement dĂ©concentrĂ©e au niveau des prĂ©fets de rĂ©gion et de dĂ©partement.
Le ministre commence par rappeler que ce fonds doit rĂ©pondre Ă un triple objectif : renforcer la performance environnementale, s’adapter au changement climatique et amĂ©liorer le cadre de vie. Ces trois axes sont ensuite dĂ©clinĂ©s en quatorze types de mesures finançables, telles que la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique des bâtiments publics locaux, la renaturation des villes et villages ou le recyclage des friches.
Le ministère de la Transition Ă©cologique et de la cohĂ©sion des territoires a dĂ©jĂ prĂ©sentĂ© le dĂ©tail de ces actions dans un guide Ă l’attention des dĂ©cideurs locaux.
A noter Ă©galement qu’en annexe de cette circulaire se trouvent le rĂ©capitulatif des mesures, avec le pilote concernĂ© (prĂ©fet de rĂ©gion ou de dĂ©partement) et aussi l’instructeur recommandĂ© (DDTM, DREAL, etc.) ; l’explication du fonctionnement budgĂ©taire et comptable du fonds vert (le programme 380) ; et aussi les critères de rĂ©partition rĂ©gionale du fonds.
Déconcentration et adaptation
Avec cette gestion entièrement dĂ©concentrĂ©e, chaque prĂ©fet aura toute latitude, selon le ministre, pour identifier les prioritĂ©s qui lui semblent devoir ĂŞtre retenues dans sa rĂ©gion ou dĂ©partement, tout en continuant Ă mobiliser les autres outils de financements existants (DSIL, fonds « Barnier », etc.) : le fonds est cumulable avec les autres dotations de l’Etat. Une limite cependant : le tout devra respecter la limite de 80 % d’aides de l’Etat. L’autre enjeu est d’ĂŞtre attentif Ă ce que le fonds ne se substitue pas Ă d’autres financements mobilisables. Les prĂ©fets devront, en particulier, veiller Ă l’articulation des projets financĂ©s avec les CRTE.
Les crĂ©dits sont rĂ©partis entre territoires en fonction de critères dĂ©mographiques et des besoins propres de chaque territoire. Ils sont d’abord dĂ©lĂ©guĂ©s aux prĂ©fets de rĂ©gions, qui rĂ©partissent ensuite les enveloppes entre dĂ©partements, qui ensuite ventileront eux-mĂŞmes les crĂ©dits entre les diffĂ©rentes mesures pour en assurer l’exĂ©cution.
Le ministre insiste aussi sur la fongibilitĂ© des enveloppes : les crĂ©dits du fonds pourront ĂŞtre allouĂ©s et rĂ©allouĂ©s en cours d’exĂ©cution. Des règles ont toutefois Ă©tĂ© dĂ©finies pour garantir la variĂ©tĂ© des mesures mises en Ĺ“uvre. Une exception au principe est prĂ©vue pour les collectivitĂ©s qui ne perçoivent plus la CVAE : sa suppression est notamment compensĂ©e par une enveloppe nationale de 500 millions d’euros intĂ©grĂ©e au fonds vert. Ces collectivitĂ©s doivent donc bĂ©nĂ©ficier du fonds vert, a minima, Ă hauteur de la compensation prĂ©vue.
La plateforme « Aides territoires » permet aux collectivitĂ©s de connaĂ®tre les soutiens proposĂ©s au titre du fonds vert, mais aussi d’accĂ©der Ă l’ensemble des autres dispositifs financiers existants en fonction des thĂ©matiques. Par souci d’efficacitĂ© et de rapiditĂ© de mise en Ĺ“uvre, dès janvier 2023, leurs dĂ©marches doivent ĂŞtre formalisĂ©es au sein de l’outil « DĂ©marches simplifiĂ©es ».
Collectivités visées
Le ministre insiste en particulier pour que les prĂ©fets veillent, en cours d’exĂ©cution, Ă ce que le fonds bĂ©nĂ©ficie Ă©quitablement Ă tous les territoires (ruraux, urbains, pĂ©riurbains, littoraux, de montagne) et Ă toutes les catĂ©gories de collectivitĂ©s.
Les préfets devront rendre compte, notamment, de la part des fonds alloués à des projets situés dans des quartiers en politique de la ville et dans des zones de revitalisation rurale.
Suivi
Chaque mois, le ministre rĂ©unira les prĂ©fets de rĂ©gion pour faire le point sur le dĂ©ploiement du fonds vert. Le ministre insiste aussi sur l’association des Ă©lus locaux Ă la gouvernance du fonds : il faut qu’ils soient rĂ©gulièrement informĂ©s de l’avancement de l’engagement des crĂ©dits. Peu importe le format de cette information, mais le ministre suggère quand mĂŞme de le faire Ă l’occasion des comitĂ©s locaux de cohĂ©sion des territoires. Il faudra aussi rĂ©gulièrement communiquer auprès des collectivitĂ©s sur le fonds vert.
De plus, les collectivitĂ©s bĂ©nĂ©ficiaires devront elles-mĂŞmes communiquer sur les subventions perçues en affichant, de façon bien visible, devant chaque projet, la contribution de l’Etat au titre de « France nation verte ».








