« Redonner du sens Ă l’action de l’Etat », « s’appuyer sur les territoires », « ne pas ‘insĂ©curiser’ les fonctionnaires », Marylise Lebranchu, en visite Ă Marseille, a mis toute son Ă©nergie Ă dĂ©montrer que le gouvernement entendait respecter les services dĂ©concentrĂ©s et dĂ©centralisĂ©s.
Après Saint-Etienne, la ministre de la RĂ©forme de l’Etat, de la dĂ©centralisation et de la fonction publique effectuait, le 26 juillet, sa deuxième Ă©tape d’une tournĂ©e consacrĂ©e Ă la mesure sur le terrain des effets de la RĂ©vision gĂ©nĂ©rale des politiques publiques (RGPP) et de la RĂ©forme de l’administration territoriale de l’Etat (Reate).
Manque d’accompagnement des agents – Au-delĂ des formules minutieusement choisies pour rompre avec le prĂ©cĂ©dent gouvernement, Marylise Lebranchu, qui rencontrait Ă Marseille les agents et directeurs de la direction rĂ©gionale de l’environnement, de l’amĂ©nagement et du logement (Dreal) et ceux du conseil rĂ©gional de Provence-Alpes-CĂ´te d’Azur, a donc surtout critiquĂ© la mĂ©thode, sans remettre en cause le fond.
« Je ne conteste pas la création des directions départementales des territoires et de la mer (DDTM) et des Dreal, car nous défendons leur caractère interministériel et la mutualisation nécessaire des moyens disponibles, a soutenu la ministre, déplorant le manque d’accompagnement des agents dans ces changements. L’Etat a conduit des restructurations sans y affecter les moyens nécessaires ».
Sans s’avancer sur les conclusions du rapport sur le bilan de la RGPP, attendu le 25 septembre 2012, la ministre a insisté sur la défaillance de l’Etat dans ses missions de contrôle, citant les soucis d’organisation et d’effectifs que rencontrent les services vétérinaires ou ceux de la répression des fraudes.
Elle a également déploré le fait que l’on ait « confondu outil numérique et modernité dans l’administration », considérant que le service public doit être présent auprès des populations.
« Privatiser les services n’est pas une solution » – Marylise Lebranchu s’est montrĂ©e par ailleurs dĂ©terminĂ©e Ă limiter le recours systĂ©matique Ă l’externalisation des missions de l’Etat, assurant que « privatiser les services n’est pas une solution ».
La ministre a enfin évoqué « le problème de la métropole marseillaise » : « Nous avons de grandes métropoles européennes en France dont Lyon et Marseille. Elles ont besoin de se structurer. Si cela vient des élus, ce sera formidable, mais sinon, l’Etat devra intervenir. »
La prochaine étape de cette série de visites de terrains est prévue en Lorraine.
« Repousser les Ă©lections dĂ©partementales et rĂ©gionales »
La ministre a Ă©galement affirmĂ© qu’il fallait « repousser les Ă©lections dĂ©partementales et rĂ©gionales », tandis que les municipales auraient bien lieu en 2014. « Il n’y a aucune raison de reporter les Ă©lections municipales », a dit Marylise Lebranchu. « En revanche, compte tenu du fait que nous allons abroger dĂ©finitivement le conseiller territorial Ă la rentrĂ©e (..), il faut repousser les Ă©lections dĂ©partementales et rĂ©gionales », a-t-elle ajoutĂ©. Pour les « rĂ©gionales, ça sera le mĂŞme scrutin qu’avant (Ă la proportionnelle), donc il n’y a pas de souci, mais pour les Ă©lections dĂ©partementales, tout est Ă refaire puisque les cantons n’existent plus en tant que tel et qu’il faut donc rĂ©flĂ©chir Ă un nouveau mode d’Ă©lection pour les dĂ©partements », a dit Mme Lebranchu. « On ne refera pas ce qui existait avant. (..) Ce ne serait pas moderne et surtout ce ne serait pas efficace ». « On attendra le rĂ©sultat des Etats gĂ©nĂ©raux de la dĂ©mocratie territoriale que tient le SĂ©nat les 4 et 5 octobre pour pouvoir ensuite avancer assez vite sur le mode de scrutin », a prĂ©cisĂ© la ministre.
Dans son discours de politique gĂ©nĂ©rale, le 3 juillet, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait dĂ©jĂ annoncĂ© une modification du mode de scrutin des conseillers gĂ©nĂ©raux qui irait « de pair avec un nouveau calendrier des Ă©lections cantonales et rĂ©gionales ». « Le report Ă 2015 des cantonales et rĂ©gionales sera fort Ă propos », avait Ă©galement jugĂ© mi-juillet le sĂ©nateur Yves Krattinger (PS), Ă la manoeuvre pour l’organisation des Etats gĂ©nĂ©raux de la dĂ©mocratie territoriale, qui doivent contribuer Ă une nouvelle Ă©tape de la dĂ©centralisation.








