Le chantier de « L’Etat 100% numĂ©rique » a dĂ©sormais un dĂ©lĂ©guĂ© interministĂ©riel attitrĂ© : Thomas Cazenave. DiplĂ´mĂ© de Sciences-Po Paris et de l’ENS Cachan, ancien Ă©lève de l’ENA, il a Ă©tĂ© directeur gĂ©nĂ©ral adjoint de PĂ´le emploi de 2011 Ă 2016. Cet inspecteur des finances devient ensuite directeur de cabinet adjoint d’Emmanuel Macron Ă Bercy avant de devenir secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de l’ElysĂ©e sous François Hollande.
Excellent connaisseur de la modernisation de l’Etat, Thomas Cazenave a co-dirigĂ© l’ouvrage « L’Etat en mode start-up » prĂ©facĂ© par Emmanuel Macron.
Le SGMAP, c’est fini
Cette nomination s’inscrit dans le cadre de la rĂ©organisation plus globale de la transformation publique et numĂ©rique de l’Etat. Le SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral pour la modernisation de l’action publique (SGMAP), créé sous la prĂ©cĂ©dente mandature en 2012, n’existe plus depuis un dĂ©cret paru le 20 novembre dernier.
Il est remplacé par deux directions interministérielles. D’un côté, la direction interministérielle de la transformation publique (DITP) et de l’autre, la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat (DINSIC).
Un seul homme pour coordonner deux directions
D’après le dĂ©cret de nomination, Thomas Cazenave aura en charge la DITP qui se trouve sous l’autoritĂ© du ministre de l’action et des comptes publics. La DINSIC, reste, elle, dirigĂ©e par Henri Verdier. Elle est placĂ©e sous le patronage du secrĂ©taire d’Etat au numĂ©rique, Mounir Majhoubi.
En qualité de délégué interministériel, Thomas Cazenave devra coordonner les deux directions. Un seul homme donc pour faire travailler ensemble deux directions qui dépendent elles-mêmes de deux ministres.
Cette répartition des tâches est toutefois assumée par le secrétaire d’Etat au numérique dans nos colonnes. « Ce délégué interministériel sera placé conjointement sous l’autorité de Gérald Darmanin et de la mienne » a-t-il déclaré à la Gazette le 13 novembre dernier.
Une façon aussi de rappeler que la rĂ©forme de l’Etat passera par le 100% numĂ©rique, son pĂ©rimètre, mais aussi par la simplification administrative, feuille de route de l’ancien maire de Tourcoing.
A ce nouvel ordonnancement s’ajoute le nouveau ComitĂ© interministĂ©riel de la transformation publique (CITP), créé par dĂ©cret le 21 novembre. Se rĂ©unissant une fois par semestre, il est « chargĂ© de dĂ©finir la politique du Gouvernement dans le domaine de la transformation publique et de s’assurer de son application ».
De possibles tensions entre les administrations
Il comprend GĂ©rald Darmanin, le ministre de l’action et des compte publics, Mounir Majhoubi, le secrĂ©taire d’Etat au numĂ©rique et, logiquement, « l’ensemble des membres du Gouvernement ». PlacĂ© sous l’autoritĂ© de Matignon, le CITP sera chargĂ©e de piloter les actions de la DINSIC et de la DITP. Par dĂ©lĂ©gation du Premier ministre, il peut ĂŞtre prĂ©sidĂ© par le ministre de la RĂ©forme de l’Etat, GĂ©rald Darmanin.
Dans un contexte qui laisse entrevoir de possibles tensions entre les administrations de Gérald Darmanin et de Mounir Mahjoubi, ce nouvel organe va toutefois devoir rapidement trouver ces marques.
De la DTIP dépend en effet le programme de développement concerté de l’administration numérique territoriale (Dcant). C’est lui qui va devoir porter l’objectif de la dématérialisation totale de tous les services publiques d’ici 2022, l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron.
Un site Internet pour favoriser l’innovation publique
En pleine semaine de l’innovation publique, du 20 au 26 novembre, le secrétariat d’Etat au numérique a lancé le site Comment-faire. Ce portail de ressources en accès libre pensé pour les agents qui souhaitent travailler de façon innovante vise à accélérer le développement du design des politiques publiques.
Concrètement, Comment-faire propose un véritable mode d’emploi aux agents intéressés par l’innovation (élaboration d’une stratégie, test de prototype, cartographie d’empathie, conception d’un questionnaire de satisfaction des usagers…).
« On cherche Ă imprĂ©gner une culture diffĂ©rente sur le secteur public et on a, parfois, des agents qui sont loin de ça. Ça peut ĂŞtre compliquĂ© pour eux de comprendre ce type de problĂ©matique. En leur donnant tous ces outils, notre but est de transformer l’action publique et la conception des services citoyens », explique Baptiste N’tsama, chef de projet en innovation et en design Ă la DITP Ă l’Usine digitale.








