Depuis le lancement de la rĂ©organisation territoriale de l’Etat en avril -qui concerne 144 services de l’Etat, et 11 600 agents- les syndicats se plaignent de consultations de pure forme, ne laissant aucune prise en compte de leurs remarques. A quelques semaines de l’entrĂ©e en vigueur des nouveaux « macro-organigrammes » des services dĂ©concentrĂ©s, la communication ne semble toujours pas rĂ©tablie, et la tension est Ă Â son comble. En cause, la volontĂ© pour l’Etat de prĂ©senter une rĂ©organisation finalisĂ©e au 1er janvier 2016, au moment de la crĂ©ation des nouvelles rĂ©gions. « Il y a une crise des relations sociales extrĂŞmement prĂ©occupante », juge Christophe Delecourt, secrĂ©taire national de l’Union gĂ©nĂ©rale des fĂ©dĂ©rations de fonctionnaires – CGT.
Consultés mais pas écoutés
Si les comitĂ©s techniques ont bien Ă©tĂ© saisis des macro-organigrammes, qui dĂ©finissent la nouvelle organisation des services rĂ©gionaux dĂ©concentrĂ©s et leur implantation, mais pas le sort de chaque poste, il leur a Ă©tĂ© impossible d’exprimer un avis par un vote. Quant aux micro-organigrammes, qui dĂ©finissent de façon fine les affectations de chaque poste, « des personnes se sont dĂ©jĂ vues proposer des entretiens pour discuter de leur Ă©volution professionnelle, alors que les micro-organigrammes ne sont pas finalisĂ©s », avance Christophe Delecourt. « C’est une course Ă l’Ă©chalote, des rĂ©unions sont organisĂ©es sans base de travail sĂ©rieuse, sans rĂ©elle rĂ©flexion sur la bonne organisation des services, renchĂ©rit Laurent Janvier, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Syndicat national des ingĂ©nieurs des travaux publics de l’Etat et des collectivitĂ©s territoriales (SNITPECT-FO). Des cadres dĂ©couvrent qu’ils vont ĂŞtre dans la tĂŞte de fusĂ©e rĂ©gionale, tandis que les autres ont un profond sentiment de dĂ©classement ». Cette nouvelle rĂ©forme bouleverse encore plus les services que la REATE, dans le sens oĂą cette dernière consistait Ă rĂ©unir des services aux compĂ©tences diverses, qui se complĂ©taient. Ce nouveau volet rapproche des directions rĂ©gionales aux compĂ©tences identiques, induisant une concurrence plus forte entre agents. La rĂ©forme devrait induire au final 2000 mobilitĂ©s – 1500 fonctionnelles, et 500 gĂ©ographiques.
Critiques de fond
Mais les reproches ne portent pas que sur le manque de communication, ils abordent aussi le fond de la rĂ©forme. Les prĂ©fets coordonnateurs nommĂ©s dans les rĂ©gions fusionnĂ©es avaient comme mission de proposer des rĂ©organisations propres Ă chaque territoire et Ă ses spĂ©cificitĂ©s. Les nouvelles directions rĂ©gionales pourront ĂŞtre multi-sites, avec la possibilitĂ© de spĂ©cialisations, ce qui inquiète les syndicats. « Plus on spĂ©cialise, plus les impacts sociaux sont importants : les agents ont alors le choix entre changer de mĂ©tier ou dĂ©mĂ©nager », rĂ©sume Laurent Janvier. « Cette spĂ©cialisation des sites risque de porter atteinte Ă l’Ă©galitĂ© d’accès aux services publics », estime quant Ă Â lui Christophe Delecourt. La charte de la dĂ©concentration, publiĂ©e par dĂ©cret du 7 mai 2015, et prĂ©cisĂ©e par circulaire du 18 novembre dernier, suscite aussi des inquiĂ©tudes. Le prĂ©fet de rĂ©gion pouvant apporter des adaptations Ă l’organisation locale des services publics, certains craignent lĂ aussi des entorses au principe de l’Ă©galitĂ© de traitement, et de continuitĂ© du service public.
Enfin, la poursuite annoncĂ©e des suppressions d’emplois dans les services dĂ©concentrĂ©s – avec une rĂ©partition d’un tiers dans les services dĂ©partementaux, et deux tiers dans les services rĂ©gionaux, ne peut qu’attiser les inquiĂ©tudes.
L’UGFF -CGT, la FA-FP, Solidaires et la FSU appellent donc Ă une semaine de mobilisation du 30 novembre au 4 dĂ©cembre.
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