Après l’attaque mortelle dont a Ă©tĂ© victime lundi 15 juilet une adolescente de 15 ans dans la baie de Saint-Paul (cĂ´te ouest), Thierry Robert avait annoncĂ© cette action en justice visant Ă « forcer l’Etat Ă agir ».
RĂ©sultat, le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s « enjoint Ă l’administration prĂ©fectorale de procĂ©der dans un dĂ©lai de 15 jours » Ă la « dĂ©termination des mesures nĂ©cessaires devant ĂŞtre incessamment mises en oeuvre » pour lutter plus efficacement contre les attaques de requin, Ă©crit-il dans son ordonnance.
« C’est une bonne dĂ©cision », a commentĂ© Me Vincent Gury, l’avocat de Thierry Robert, en prenant connaissance de la dĂ©cision, se fĂ©licitant d’avoir « obtenu satisfaction ». « Le tribunal reconnaĂ®t qu’il existe un danger caractĂ©risĂ© et que les mesures sont insuffisantes », a-t-il ajoutĂ©, qualifiant « d’assez rare une telle dĂ©cision en matière de rĂ©fĂ©rĂ©-libertĂ© ».
Le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s Eric Couturier s’est rangĂ© Ă l’avis du dĂ©putĂ©-maire de Saint-Leu sur les prĂ©lèvements en demandant que soient prises des « mesures plus efficientes » que celles existantes pour « prĂ©venir les risques de rĂ©pĂ©tition de nouvelles attaques ».
Il estime qu’il y un « danger rĂ©el et imminent pour la vie humaine » qui implique « la mise en oeuvre par l’autoritĂ© prĂ©fectorale d’actions de plus grande envergure que celles entreprises jusqu’Ă ce jour » dont la pĂŞche. « Il ne peut ĂŞtre exclu par principe la possibilitĂ© de prĂ©lèvements consĂ©quents et plus massifs de requins bouledogues, ciblĂ©s et localisĂ©s, de spĂ©cimen adultes, y compris dans la RĂ©serve marine », souligne le jugement.
La RĂ©serve nationale marine de la RĂ©union est considĂ©rĂ© par le maire de Saint-Leu M.Robert comme le « garde-manger » des requins et la principale cause de leur prolifĂ©ration.
Le 21 mai dernier, le tribunal administratif avait suspendu un arrĂŞtĂ© de cet Ă©lu autorisant la pĂŞche au requin sur le territoire maritime de sa commune, relevant que les prĂ©lèvements allaient se faire dans la RĂ©serve marine. L’an dernier, le mĂŞme tribunal avait pris une dĂ©cision identique contre un arrĂŞtĂ© du prĂ©fet prĂ©voyant des prĂ©lèvements dans la RĂ©serve marine.
Lors de l’audience, le reprĂ©sentant du prĂ©fet a rappelĂ© que le littoral de Saint-Leu se situe intĂ©gralement au sein de la RĂ©serve marine dont la moitiĂ© en zone de protection forte. Il a expliquĂ© que la prĂ©fecture n’est pas opposĂ©e Ă des prĂ©lèvements « ponctuels et limitĂ©s » de requins mais qu' »on ne peut envisager une Ă©radication des requins ». « Le risque est sĂ©rieux mais le danger n’est pas caractĂ©risĂ© », a-t-il expliquĂ©, soulignant que de nombreuses mesures ont Ă©tĂ© mis en place pour prĂ©venir les attaques dont un ComitĂ© opĂ©rationnel chargĂ© du risque requin. Il a notĂ© qu' »il n’y a pas une recrudescence d’accidents » par rapport aux dernières dĂ©cennies.
Le tribunal administratif, dans son ordonnance, a donnĂ© 15 jours au prĂ©fet pour « tenter de mettre fin ou, Ă dĂ©faut, de prĂ©venir le plus efficacement possible le risque caractĂ©risĂ© et imminent rĂ©sultant des attaques de requins bouledogues adultes sur le littoral le plus exposĂ© de l’Ă®le de la RĂ©union ».
Après la mort de Sarah attaquĂ©e par un squale seulement Ă quelques mètres du rivage, le prĂ©fet avait pris un arrĂŞtĂ© autorisant la pĂŞche de l’animal « suspectĂ© d’en ĂŞtre responsable ». Mercredi un requin de plus de trois mètres a Ă©tĂ© capturĂ© et tuĂ© dans la baie de Saint-Paul, une autopsie devant dĂ©terminer s’il est bien le responsable.








