Repas des anciens, colis de NoĂ«l, sorties culturelles de temps Ă autre… La vision que l’on peut avoir des actions des mairies pour lutter contre l’isolement des personnes âgĂ©es reste assez classique. Et très parcellaire. Pourtant, de très nombreuses communes ont Ă©largi leur Ă©ventail et, de plus en plus, imaginent leur amĂ©nagement urbain en fonction des seniors. Car ne pas rester seul chez soi, c’est d’abord avoir la possibilitĂ© de continuer Ă sortir. Avec l’âge, l’usage d’une voiture devient parfois difficile, il faut donc se dĂ©placer Ă pied, sans pour autant pouvoir faire des kilomètres ou sauter d’un bus Ă l’autre.
Besoin de mobilier urbain
En moyenne, une personne âgĂ©e ne peut ainsi marcher que de 300 Ă 500 mètres environ avant de devoir faire une pause. Donc de devoir s’asseoir. Retirer un banc revient peut-ĂŞtre Ă empĂŞcher quelqu’un de continuer Ă aller faire son marchĂ© ou Ă acheter son pain. A Saint-Germain-au-Mont-d’Or (2 400 hab., mĂ©tropole de Lyon), c’est en marchant que des volontaires du conseil des seniors ont identifiĂ© les bons et mauvais points de la commune, et les lieux oĂą des structures de repos Ă©taient nĂ©cessaires entre les zones d’habitation et les commerces et services. En 2016, la mĂ©tropole de Lyon, qui a la compĂ©tence pour la commune, a installĂ© de nouveaux bancs, lĂ oĂą ils Ă©taient dĂ©sirĂ©s. A Rennes (213 500 hab.), un cahier des charges a Ă©tĂ© conçu pour spĂ©cifier les besoins. « Des seniors, des personnes handicapĂ©es et des ergothĂ©rapeutes ont participĂ© Ă son Ă©laboration », dĂ©taille VĂ©ra Briand, adjointe au maire, dĂ©lĂ©guĂ©e aux personnes âgĂ©es et au handicap. Du mobilier a Ă©tĂ© testĂ© pour permettre d’installer des structures plus atypiques que les classiques bancs, comme des chaises ou des assises en bĂ©ton. « La direction des jardins se sert dĂ©sormais de ce cahier des charges pour la commande publique et, autant que possible, nous dĂ©finissons les emplacements d’installation avec les habitants », ajoute-t-elle.
Les conférences des financeurs
La loi du 28 dĂ©cembre 2015 d’adaptation de la sociĂ©tĂ© au vieillissement a créé les confĂ©rences des financeurs, qui permettent aux acteurs de se rencontrer pour prĂ©voir, ensemble, des politiques de prĂ©vention en direction des personnes âgĂ©es. Un moyen d’Ă©changer entre communes et dĂ©partements sur des amĂ©nagements urbains.
Mais la ville ne s’est pas arrĂŞtĂ©e lĂ : elle a Ă©galement cartographiĂ© prĂ©cisĂ©ment les logements favorables au vieillissement. Les bailleurs sociaux ont fait le diagnostic de leurs habitations pour connaĂ®tre le nombre de logements adaptĂ©s, adaptables et ceux qui ne peuvent – et ne pourront jamais – l’ĂŞtre. Par ailleurs, Rennes a aussi Ă©tĂ© divisĂ©e en une quarantaine de secteurs oĂą ont Ă©tĂ© recencĂ©s, outre les difficultĂ©s gĂ©ographiques, les commerces, les services, les mĂ©decins, les transports… « Le but Ă©tait de cibler les zones oĂą les amĂ©nagements de mobilier urbain sont intĂ©ressants », explique VĂ©ra Briand. Installer des bancs le long d’un chemin, c’est bien, sur la route vers le mĂ©decin ou le boulanger, c’est mieux. « Il faut penser la ville pour permettre Ă tous d’y habiter : si on installe des personnes âgĂ©es dans un bâtiment neuf, adaptĂ©, mais que les trottoirs autour de l’immeuble ne sont pas finis, vous les empĂŞchez de sortir », rappelle l’Ă©lue.
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Les 5e rencontres du RFVAA se dérouleront le 15 décembre 2017 au ministère des Solidarités et de la Santé.








