Jeudi 19 mars, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le report des réunions d’installation des conseils municipaux élus au premier tour, initialement prévues du 20 au 22 mars. Le mandat des élus en poste avant le premier tour est prorogé jusqu’au moins mi-mai.
Ces réunions devaient désigner maires, adjoints, mais également les conseillers communautaires des communes de moins de 1 000 habitants.
Le maintien de ces installations suscitait l’inquiĂ©tude de nombreux Ă©lus, tant d’un point de vue sanitaire qu’organisationnel. Le contexte d’entre deux tours de plus de trois mois liĂ© Ă l’Ă©pidĂ©mie de COVID-19 soulevait une interrogation : comment faire fonctionner des intercommunalitĂ©s rassemblant des communes oĂą le premier tour a clĂ´turĂ© le scrutin et d’autres oĂą le Conseil municipal se constituera après le second tour ?
Le résultat d’une fronde des élus
Dans une tribune publiĂ©e sur LibĂ©ration, des enseignants-chercheurs s’interrogeaient sur ces “gouvernements intercommunaux provisoires et hybrides qui seront assurĂ©ment d’une complexitĂ© et d’une fragilitĂ© telles qu’ils n’auront aucune capacitĂ© d’action dans la crise.”
Patrick Molinoz, maire de Venarey-Les-Laumes alertait lui sur leur validité juridique dans une lettre adressée aux élus de Côte d’Or et au préfet de Région.“Le conseil « transitoire » des EPCI (celui élu uniquement jusqu’au 2nd tour des municipales) mélangerait des « élus d’avant 15 mars » à des « élus d’après 15 mars » dans des périmètres de conseil qui ont changé puisque le nombre de conseillers communautaire n’est plus le même pour la mandature 2020/2026.”
Des inquiétudes que le gouvernement a donc entendues. Sur les réseaux sociaux, de nombreux élus ont salué la décision du Premier ministre. Délégué général de l’ADCF, Nicolas Portier plaidait pour un report et le maintien des équipes intercommunales en place. “Il ne faut pas déstabiliser les EPCI qui assurent des services essentiels en période de crise : la gestion des déchets, les transports publics, l’eau et l’assainissement. ”
S’il estime que le gouvernement a dĂ» gĂ©rer dans l’urgence sa dĂ©cision de maintenir le premier tour des Ă©lections ainsi que ses rĂ©sultats, le professeur en sciences politiques Ă l’universitĂ© de Lille 2 RĂ©mi Lefebvre, admet “que la mise en place de nouvelles communautĂ©s aurait rĂ©duit l’efficacitĂ© des intercommunalitĂ©s et obligĂ©s la tenue de rĂ©unions compliquĂ©es Ă organiser actuellement.”
Les conseillers en place maintenus jusqu’au second tour ?
La prorogation des Ă©quipes en place avant le premier tour des Ă©lections municipales pourrait aller au-delĂ du 15 mai. L’avocat Yvon Goutal affirme que le SĂ©nat a substantiellement modifiĂ© le texte de la loi pour faire face Ă l’épidĂ©mie de COVID-19. Il reporterait l’entrĂ©e en fonction immĂ©diate des conseillers municipaux et communautaires Ă©lus dès le premier tour Ă une « date fixĂ©e par dĂ©cret au plus tard au mois de juin, aussitĂ´t que la situation sanitaire le permet au regard de l’analyse du comitĂ© national scientifique ». Les conseillers municipaux et communautaires de la prĂ©cĂ©dente mandature assureraient ainsi l’interim jusqu’au second tour.
Le texte doit encore ĂŞtre soumis Ă l’AssemblĂ©e nationale.
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