Estelle Grelier a donnĂ© en fin de semaine dernière une longue interwiew au Courrier des maires. L’occasion de revenir sur l’ensemble des dossiers « chauds » qui secouent les collectivitĂ©s en ce dĂ©but d’Ă©tĂ©.
Annonces prĂ©sidentielles en matière de baisse des dotations, report de la rĂ©forme de la dotation globale de fonctionnement Ă 2018… La secrĂ©taire d’Etat en charge des collectivitĂ©s territoriales a Ă©galement Ă©voquĂ© dans cet entretien la question des regroupements de communautĂ©s de communes, sur lesquels les communes et les intercos se prononcent actuellement.
De la souplesse ?
RĂ©pondant ainsi Ă la question sur le nombre dĂ©finitif d’intercommunalitĂ©s attendu, la secrĂ©taire d’Etat rĂ©pond : « Si tous les schĂ©mas sont validĂ©s, nous passerons de 2 062 communautĂ©s Ă 1 245, soit une diminution de 40%. Au final, nous serons probablement sur une diminution un peu moindre mais l’ambition sera globalement maintenue. »
Dans les Echos en date du 17 juin, Estelle Grelier complète sa pensĂ©e. InterrogĂ©e sur les rĂ©sistances locales quant Ă certains plans de fusion imaginĂ©s par les prĂ©fets, elle rĂ©pond : « Les prĂ©fets pourront toujours imposer des fusions dans certains cas mais nous avons donnĂ© pour instruction de faire preuve de comprĂ©hension dans les situations dĂ©licates. C’est pourquoi j’anticipe plutĂ´t 1.300 intercommunalitĂ©s environ au final.[…] Les retours des Ă©lus nous ont incitĂ© Ă amĂ©nager quelques souplesses. Nous allons repousser Ă 2022 le dĂ©lai de convergence des plans locaux d’urbanisme intercommunaux par exemple. Les politiques fiscales pourront ĂŞtre harmonisĂ©es sur 12 ans, tel les rapprochements des taux des versement transport ou le financement de la compĂ©tence sur les ordures mĂ©nagères. »
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Il faut dire que le passage des intercommunalitĂ©s Ă un seuil minimal de 15 000 habitants fait dĂ©bat dans les territoires… Pour preuve, lors du 99ème Congrès des maires, qui s’est tenu porte de Versailles du 31 mai au 2 juin, ces gigas intercommunalitĂ©s ont Ă©tĂ© la cible des Ă©diles rĂ©unis.
Pointant du doigt le « dĂ©ni de dĂ©mocratie » qu’elles reprĂ©sentent,  le prĂ©sident de l’Association des maires ruraux des Landes, Philippe Dubourg (Sans Ă©tiquette) avait dĂ©noncĂ© « cette nĂ©buleuse folle et ruralicide ». Pour le prĂ©sident du SĂ©nat, GĂ©rard Larcher (LR) : « La commune est la petite RĂ©publique dans la grande et le maire Ă portĂ©e d’engueulade ».
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Des colosses aux pieds d’argile
Une Ă©tude menĂ©e par l’AssemblĂ©e des communautĂ©s de France et Mairies-conseils, que La Gazette avait publiĂ©e en exclusivitĂ© Ă la fin du mois de janvier, dressait il est vrai un tableau très mitigĂ© des intercos existantes de plus de 50 communes. Un rapport qui conclut que ces regroupements XXL rendent l’action publique de proximitĂ© plus dĂ©licate, et ce alors mĂŞme que pour Estelle Grelier, le but de cette rĂ©forme est bien « l’organisation des politiques publiques Ă l’échelle des bassins de vie, des territoires du quotidien des habitants ».
Un scepticisme très généralisé parmi les acteurs de ces territoires, puisque selon le Baromètre publié dans nos colonne fin février, près de 65% des fonctionnaires interrogés estimaient que des regroupements de plus de 50 communes ne leur paraissaient pas viables.
Pourtant les projets de schémas départementaux de coopération intercommunale prévoient 136 communautés de ce type :
- 121 de ces groupements en gestation comptent entre 51 et 99Â communes ;
- Â 13 entre 100 et 199 ;
- 2 plus de 200Â communes.
Des regroupements massifs, qui vont bien au-delà de la barre minimale fixée par la loi « Notre » du 7 août 2015.
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