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Réforme territoriale

Congrès de l’ADF : l’exercice de calinothĂ©rapie de Manuel Valls

Publié le 06/11/2014 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : A la une, France

Lors du congrès de l’Assemblée des départements de France, le 6 novembre à Pau, Manuel Valls a assuré que le conseil général pourrait « être conforté » dans ses compétences de « solidarité humaine et territoriale ». Le Premier ministre n’a, en revanche, soufflé mot du transfert des collèges, des transports scolaires et des routes aux régions.

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Rendre visite Ă  François Bayrou a visiblement inspirĂ© Manuel Valls. Tout juste sorti de l’hĂ´tel de ville de Pau dirigĂ© par le chef du MODEM, le Premier ministre s’est rĂ©fĂ©rĂ© Ă  Henri IV. Une figure locale illustre dont François Bayrou a rĂ©digĂ© la biographie. « Un souverain qui a su pacifier et construire une belle unité », a dit Manuel Valls, devant l’AssemblĂ©e des dĂ©partements de France rĂ©unie en congrès dans la citĂ© paloise.

Une ligne de conduite dont il fait désormais son credo en matière de réforme territoriale. Loin des déclarations présidentielles du printemps sur le conseil général qui « a vécu », le Premier ministre adresse un « message de confiance » aux élus départementaux.
Dans la France des intercommunalités en devenir et des grandes régions en gestation, les conseils départementaux auront toute leur place, promet-il en substance. Manuel Valls considère que cette collectivité « pourrait être confortée sur ses compétences » de « solidarité humaine et territoriale » à l’occasion du débat parlementaire sur le projet de loi NOTRe (1). Une discussion qui débutera le 16 décembre devant le Sénat.

L’occasion manquĂ©e de 2012 – EnvolĂ©s, le discours de politique gĂ©nĂ©rale du 8 avril et  son appel Ă  la suppression du conseil gĂ©nĂ©ral en 2020. « En Ă©coutant, on change, non pas sur l’idĂ©e d’une rĂ©forme, mais sur son contenu et ses modalitĂ©s », explique Manuel Valls. 

Lire : Manuel Valls veut rayer le département de la carte

Quand le président de l’ADF, Claudy Lebreton (PS) cite en exemple les premières lois de décentralisation approuvées au pas de course dans la foulée du scrutin présidentiel de 1981, le chef du Gouvernement opine du chef.
« La grande étape de clarification et de décentralisation aurait dû être menée dès 2012. Pourquoi ne l’a-t-on pas faite ? Parce que la formation majoritaire gouvernait pratiquement toutes les régions, deux tiers des départements et la plupart des grandes métropoles », déplore-t-il.

Haro sur l’axe Gouvernement-rĂ©gions – Le Premier ministre se veut, malgrĂ© tout, constructif : « Je souhaite que nous arrivions sur la loi NOTRe Ă  un accord entre le SĂ©nat, l’AssemblĂ©e et le Gouvernement. » Sur quelles bases ? Manuel Valls Ă©vite soigneusement les sujets qui fâchent.

Il ne souffle mot des transferts massifs de compétence des départements vers les régions. Un mouvement représentant 14 milliards d’euros. Principalement visés : les collèges, les transports scolaires, les transports inter-urbains et les routes. Autant de transferts contre lesquels se bat toujours l’ADF.

De manière générale, les élus départementaux contestent la philosophie régionaliste de l’exécutif. Parmi eux, Bruno Sido (UMP), président du groupe du Centre, de la droite et des indépendants de l’ADF, est particulièrement en pointe. Il s’inquiète, notamment, des réunions régulières entre le Gouvernement et les présidents de région. Des rencontres promises par Manuel Valls, le 10 octobre dernier, lors du congrès de l’Association des régions de France à Toulouse. « Est-ce à dire qu’il existerait une relation privilégiée entre eux, à l’instar des rapports entre madame Merkel et les 16 présidents de land ? », grince Bruno Sido. Et le président du conseil général de la Haute-Marne de fustiger l’octroi d’un pouvoir réglementaire à l’échelon du dessus.

Claudy Lebreton, lui, s’interroge tout haut : « Les petites routes de la Creuse seront-elles mieux gérées depuis Bordeaux ? Les futures régions, parfois très vastes, pourront-elles s’occuper avec attention du tissu de PME et TPE qui irriguent nos territoires ? »

RequinquĂ©s, les conseils gĂ©nĂ©raux avancent l’idĂ©e d’un transfert Ă  leur profit de la gestion de la dotation d’équipement des territoires ruraux.

Vers l’alternance Ă  l’ADF – Ils rĂ©clament, par ailleurs, d’être fixĂ©s sur le mandat Ă  venir. Celui-ci dĂ©butera en 2015. Mais quand se terminera-t-il ? Le SĂ©nat souhaite que cela soit en 2021, le gouvernement, jusque-lĂ  s’en tenait Ă  2020. Manuel Valls parle dĂ©sormais de « 2020-2021 ». Il se garde, aussi, de trancher la question centrale, du maintien, après cette Ă©chĂ©ance, de la collectivitĂ© dĂ©partementale dans sa composition et ses compĂ©tences actuelles. « Avançons, menons des expĂ©rimentations. Nous avons cinq ans pour prĂ©parer sĂ©rieusement les Ă©volutions et adapter les organisations Ă  la diversitĂ© des territoires », glisse-t-il simplement.

Lire : Manuel Valls sur la réforme territoriale : encore beaucoup à clarifier

Un discours qui lui a valu un accueil poli Ă  Pau. Pour le dernier congrès avant le probable basculement des dĂ©partements et de l’ADF Ă  droite, le socialiste Claudy Lebreton a, en revanche, reçu une standing ovation.

Sur le plan financier, volontiers rassurant, le Premier ministre a annoncé sa volonté de « pérenniser l’intégralité des mesures » prises en 2014 pour soulager les finances des conseils généraux : fonds de solidarité et hausse du taux plafond des DMTO. Un groupe de travail sur le RSA sera également mis en place.

Le détail des annonces financières : Départements : Manuel Valls veut pérenniser le soutien financier créé en 2014

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Congrès de l’ADF : l’exercice de calinothĂ©rapie de Manuel Valls

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murakami

07/11/2014 09h01

Tout ça pour ça , un pas en avant, un pas en arrière.Mais quand pourra t’on dans ce pays engager une vraie rĂ©forme territoriale en ne gardant que trois niveaux.Au final , rien ne va changer et on va se retrouver avec un Ă©chelon supplĂ©mentaire.

Hugo

07/11/2014 01h54

Faute d’assise politique suffisante, le PM se voit contraint d’avaler une belle couleuvre. Et pendant ce temps-lĂ , le bateau coule. Gageons que l’Histoire jugera sĂ©vèrement le personnel politique de notre Ă©poque, en particulier ces PrĂ©sidents de CG, cumulards mĂ©langeant les casquettes d’exĂ©cutifs locaux et de lĂ©gislateurs.
Il reste au PM d’essayer de sauver sa rĂ©forme NOTRe.

Eric

20/11/2014 08h44

Supprimer les DĂ©partements ? Encore une fausse bonne idĂ©e. Et certains veulent croire que cela permettrait des Ă©conomies : encore une illusion. La rĂ©alitĂ©, c’est que la France a besoin de plus de solidaritĂ©, de plus de services publics et de plus de fonctionnaires. Tout le reste n’est que boniments technocratiques et antidĂ©mocratiques, faits dans le dos du peuple. Si ce n’Ă©tait pas le cas, un rĂ©fĂ©rendum serait organisĂ© sur ces affaires de rĂ©formes institutionnelles. Mais les technocrates prĂ©tendent savoir Ă  la place des citoyens ce qui est bon pour eux. Beurk…

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