01 – L’agent public peut-il utiliser sa messagerie professionnelle Ă des fins privĂ©es ?
L’utilisation d’internet et de la messagerie Ă©lectronique par les agents dans le cadre de leurs fonctions est devenue incontournable, mais ne doit pas donner lieu Ă des abus. La messagerie Ă©lectronique mise Ă la disposition des agents par leur collectivitĂ© territoriale est destinĂ©e Ă un usage uniquement professionnel. Son utilisation Ă des fins privĂ©es peut ĂŞtre interdite par l’administration.
Toutefois, l’utilisation raisonnable de la messagerie électronique professionnelle à des fins personnelles est tolérée, y compris depuis la mise en place du règlement général de protection des données (RGPD).
02 – Les courriers Ă©lectroniques de l’agent sont-ils protĂ©gĂ©s par le secret de la correspondance ?
Les courriers électroniques d’un salarié présents sur son poste de travail mais relevant de sa correspondance privée sont protégés par le principe du secret des correspondances (1) Ces messages identifiés comme « personnels » ne peuvent pas être consultés par l’employeur ; celui-ci ne peut pas en principe les utiliser à l’encontre du salarié (lire la question n°4). On notera que la Cour européenne des droits de l’homme a une position encore plus protectrice des salariés (2).
En outre, l’agent qui accède à la messagerie de l’un de ses collègues viole le principe du secret des correspondances, même si la messagerie en cause n’est pas protégée par un dispositif permettant de la rendre confidentielle, notamment par la mise en place d’un mot de passe (3).
03 – Comment distinguer les courriers Ă©lectroniques privĂ©s et professionnels ?
Les courriers prĂ©sents dans la boĂ®te professionnelle de l’agent sont prĂ©sumĂ©s avoir un caractère professionnel, sauf si la mention « personnel » ou « privĂ© » figure sur le message ou le dossier oĂą ils sont enregistrĂ©s (4).
Si l’employeur peut toujours consulter les fichiers qui n’ont pas été identifiés comme personnels par le salarié, il ne peut les utiliser pour le sanctionner, s’ils s’avèrent relever de sa vie privée (5).
Plus récemment, la jurisprudence a indiqué que les messages envoyés par un salarié depuis une messagerie privée (en l’occurrence MSN messenger) installée sur son ordinateur professionnel relevait de la correspondance privée (6).
- TolĂ©rance – Le poste informatique mis Ă la disposition des agents territoriaux ainsi que la connexion internet sont en principe rĂ©servĂ© Ă un usage professionnel. Une tolĂ©rance est toutefois admise.
- Messages personnels – Selon la jurisprudence française, les messages Ă©mis depuis la messagerie professionnelle de l’agent sont prĂ©sumĂ©s professionnels, sauf s’ils portent la mention « personnel » ou « privĂ© ».
- ContrĂ´le – Les collectivitĂ©s territoriales peuvent notamment rĂ©gir l’usage d’internet et de la messagerie professionnelle par la mise en place de chartes ou de protocoles.
04 – Quelles sont les limites au principe du secret des correspondances ?
Les messages issus de la messagerie professionnelle et les fichiers identifiĂ©s comme « personnels »Â sont en principe protĂ©gĂ©s par le secret de la correspondance. Mais cette règle connaĂ®t des limites, dĂ©finies par la jurisprudence. Ainsi, l’employeur peut contrĂ´ler la messagerie professionnelle d’un salariĂ© et utiliser Ă son encontre ses messages, sans violer le secret de la correspondance, dès lors qu’il existe un « risque ou Ă©vĂ©nement particulier » ou bien si le salariĂ© est prĂ©sent ou s’il a Ă©tĂ© «dĂ»ment appelé» (7).
05 – Une collectivitĂ© territoriale peut-elle interdire l’usage de la messagerie professionnelle Ă des fins politiques ?
Les collectivités territoriales peuvent interdire à leurs agents l’usage de leur messagerie professionnelle à des fins politiques, par exemple par une note de service ou dans des chartes relatives à l’usage d’internet ...
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- Le site web de la Cnil, notamment, la fiche « outils informatiques au travail » (2018) Â
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