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[Opinion] Projet de loi de finances pour 2026

« Ne sacrifions pas les territoires industriels au nom de calculs comptables »

Publié le 16/01/2026 • Par Auteur associé • dans : Billets finances, France, Opinions

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Bruno Levy
Alors que l’instabilité politique est à son paroxysme avec la suspension des débats budgétaires à l’Assemblée nationale, une vingtaine de présidents d’intercommunalités alertent sur les risques du projet de loi de finances pour 2026 pour les territoires industriels, menacés de devenir la variable d’ajustement des comptes publics.

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Par une vingtaine de présidents d'intercommunalité.

Par une vingtaine de présidents d'intercommunalité.

(la liste à lire en bas de la tribune)

Alors que les territoires sont en première ligne face aux turbulences économiques, les choix budgétaires envisagés par le Budget 2026 fragilisent fortement les moyens d’intervention des collectivités en faveur de l’industrie. Les collectivités, et en particulier les intercommunalités, investies dans la réindustrialisation du pays, ne cessent d’alerter le Gouvernement et les parlementaires depuis des mois : les collectivités ne doivent pas être la variable d’ajustement du projet de loi de finances.

Les territoires, piliers de la réindustrialisation

Tel qu’il a été pensé, le projet de Budget 2026 représente une menace pour nos territoires industriels, alors qu’il devrait être une opportunité pour renforcer notre souveraineté économique. Le dynamisme économique et la croissance ne sont pas une qu’une affaire de grandes villes, l’industrie irrigue l’ensemble du territoire. Ainsi, deux tiers de l’emploi industriel se situe hors des grandes agglomérations, et c’est sans compter l’effet d’entraînement vertueux des emplois industriels vers les autres secteurs au sein d’un même bassin de vie : l’emploi industriel a un effet d’entraînement près de deux fois plus fort que l’emploi dans les services (1,3 contre 0,7) selon une récente étude de la Fabrique de l’Industrie.

Or, face à un contexte national incertain, ce sont les collectivités locales qui sont aux avant-postes de la réindustrialisation. Les intercommunalités consacrent en moyenne autour de 2,5 milliards par an en faveur développement économique, selon la direction générale des entreprises. Elles aménagent et optimisent les sites, déploient des solutions en matière de foncier, d’attractivité et d’emploi, et accompagnent, avec les Régions, la modernisation et la décarbonation des usines. Autant de réponses concrètes pour préserver l’industrie historique de notre pays et structurer celle de demain, des projets portés par les TPE-PME ancrées dans les territoires jusqu’aux grands projets stratégiques nationaux et européens, à Dunkerque, Saint-Nazaire, ou Lacq.

En période de crise, les élus sont en première ligne, aux côtés des salariés et de l’État, pour élaborer des solutions de maintien ou de reprise de l’activité. Plusieurs mobilisations récentes en témoignent : celle de la métropole d’Orléans dans le dossier Duralex, de la métropole de Grenoble pour tenter de sauver Vencorex, ou celle de l’agglomération Territoires Vendômois pour le site Brandt.

Un projet de Budget qui fragilise d’abord les territoires industriels

Le projet de Budget, tel qu’adopté au Sénat, prévoit 3,4 milliards d’euros de ponctions supplémentaires sur les collectivités. Alors qu’elles représentent moins de 20 % des dépenses publiques locales, les intercommunalités supportent 52 % de l’effort national dans la version issue du Sénat, c’est inadmissible.

Cette répartition déséquilibrée aura des effets très concrets : d’après Intercommunalités de France, près d’un quart des intercommunalités verront leurs recettes amputées de plus de 2 %, et une cinquantaine d’entre elles subiront une ponction supérieure à 4 %, souvent dans des territoires industriels déjà fragilisés.

L’État a supprimé au fil des ans de nombreux leviers fiscaux dans les mains des élus locaux, et a choisi de compenser directement les intercommunalités pour ces baisses de ressources (CFE, TFPB, DCRTP…). Or, en amputant ces compensations, le projet de loi de finances prépare un reniement de la parole de l’État et une fragilisation des territoires industriels qui ont justement besoin d’être accompagnés.

Sans parler du programme Territoires d’industrie, véritable levier innovant de soutien às la réindustrialisation dans nos territoires, qui serait aussi mis en péril. Depuis 2018, ce programme copiloté par l’État, les Régions et les intercommunalités a permis l’émergence de 2 812 projets issus des besoins des entreprises et des territoires. Son efficacité repose sur une ingénierie modeste mais décisive, portée par 140 chefs de projet. Une baisse de ces crédits affecterait directement cette capacité d’action.

Les parlementaires doivent désormais rectifier le tir

Le mouvement intercommunal, en rapprochant les élus, en mutualisant les moyens, a favorisé une réindustrialisation à partir des territoires, fondée sur les besoins réels des entreprises et des bassins d’emploi. Fragiliser aujourd’hui cet édifice, c’est fragiliser les fondations même de l’activité productive de la France et les conditions concrètes de la réindustrialisation.

Le projet de loi de finances pour 2026 ne peut pas réduire ces leviers à de simples variables d’ajustement. Il doit, au contraire, garantir et sécuriser les moyens des intercommunalités – condition essentielle pour atteindre notre objectif collectif de réindustrialisation. Les parlementaires ont une mission claire : entendre l’appel des territoires et retirer ces dispositifs du prochain Budget. Faillir à cette exigence, c’est prendre le risque de fragiliser, voire de condamner, des entreprises locales qui sont aujourd’hui les fers de lance de l’industrie française.

Signataires

  1. Sébastien Miossec, président de Quimperlé Communauté, maire de Riec-sur-Bélon (Finistère)
  2. Virginie Lutrot, présidente de Caux Seine Agglo, maire de Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime)
  3. Laurent Trogrlic, président du Bassin de Pompey, maire de Pompey (Meurthe-et-Moselle)
  4. Patrice Vergriete, président de la communauté urbaine de Dunkerque, maire de Dunkerque (Nord)
  5. Antoine Chereau, président de la communauté d’agglomération de Terres de Montaigu (Vendée)
  6. Irène Felix, présidente de la communauté d’agglomération Bourges Plus (Cher)
  7. Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole, maire de Pont-de-Claix (Isère)
  8. Fabian Jordan, président de Mulhouse Alsace Agglomération, maire de Berrwiller (Haut-Rhin)
  9. Didier Huchon, président de Mauges Communauté, maire de Sèvremoine (Maine-et-Loire)
  10. Henri Baile, président de la communauté de communes Le Grésivaudan, maire de Saint-Ismier (Isère)
  11. Jacques Chabal, président de la communauté de communes Val’Eyrieux, maire du Cheylar (Ardèche)
  12. Camille Galtier, président de Durance Luberon Verdon Agglomération, maire Manosque (Alpes-de-Haute-Provence)
  13. Patricia Granet-Brunello, présidente de Provence Alpes Agglomération, maire de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)
  14. Vincent Labarthe, président du Grand Figeac (Lot)
  15. Patrice Laurent, président de la communauté de communes Lacq-Orthez, maire de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques)
  16. Michel Leprêtre, président du Grand Orly Seine Bièvre (Île-de-France)
  17. Véronique Pouzadoux, présidente de la communauté de communes Saint-Pourçain Sioule Limagne, maire de Gannat (Allier)
  18. David Samzun, président de Saint-Nazaire Agglo, maire de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique)
  19. Emmanuel Séraphin, président du Territoire de l’Ouest (La Réunion)
  20. Jérôme Sourisseau, président du Grand Cognac, maire de Bourg-Charente (Charente)
  21. Fabien Verdier, président du Grand Châteaudun, maire de Châteaudun (Eure-et-Loir)
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