RĂ©ponse du ministère de l’IntĂ©rieur : La dĂ©fense extĂ©rieure contre l’incendie est placĂ©e sous l’autoritĂ© du maire ou du prĂ©sident de l’Ă©tablissement public de coopĂ©ration intercommunale Ă fiscalitĂ© propre. Elle a pour objet de mettre Ă la disposition des services d’incendie et de secours les ressources en eau destinĂ©es Ă la lutte contre les feux. Elle est proportionnĂ©e aux risques prĂ©sents sur chaque territoire.
Les règles relatives au volume ou au dĂ©bit d’eau nĂ©cessaire ainsi qu’Ă l’espacement entre les points d’eau relèvent d’un règlement dĂ©partemental de dĂ©fense extĂ©rieure contre l’incendie (RDDECI). C’est Ă l’issue d’une concertation rĂ©unissant Ă©lus et acteurs de la sĂ©curitĂ© que ce règlement est arrĂŞtĂ© par le prĂ©fet de dĂ©partement après avis du conseil d’administration du service d’incendie et de secours.
Les règles de dĂ©fense extĂ©rieure contre l’incendie ne font plus l’objet d’une norme uniforme sur l’ensemble du territoire national depuis la rĂ©forme intervenue en la matière en 2015.
Le ministère de l’IntĂ©rieur et des Outre-mer est attachĂ© Ă ce dispositif dĂ©centralisĂ© qui permet seul une complète adaptation de la dĂ©fense extĂ©rieure contre l’incendie aux rĂ©alitĂ©s des territoires Ă protĂ©ger.
Elle doit s’inscrire dans des objectifs de maintien ou d’amĂ©lioration de la sĂ©curitĂ© de nos concitoyens et de celle des sapeurs-pompiers devant bĂ©nĂ©ficier des capacitĂ©s d’extinction suffisantes lors des opĂ©rations de lutte contre l’incendie.
En outre, elle doit s’insĂ©rer dans le cadre d’un financement maĂ®trisĂ© et proportionnĂ© aux besoins, mĂŞme si la mise en place des règlements dĂ©partementaux a mis en exergue, pour certaines communes, une absence notable d’investissements en matière de dĂ©fense extĂ©rieure contre l’incendie durant plusieurs dĂ©cennies.
La rĂ©forme de la DECI engagĂ©e en 2015 a profondĂ©ment rĂ©formĂ© un système reposant sur une base rĂ©glementaire fragile, d’une grande rigiditĂ© du fait de son caractère national et globalement peu respectĂ©e compte tenu de l’absence de prise en compte des spĂ©cificitĂ©s des territoires.
Sa mise en Ĺ“uvre a cependant eu pour effet, dans certains dĂ©partements, de rĂ©vĂ©ler l’Ă©tat de vĂ©tustĂ© des Ă©quipements de dĂ©fense incendie. La rĂ©glementation relative Ă l’urbanisme et celle relative Ă la dĂ©fense extĂ©rieure contre l’incendie sont distinctes, comme l’a relevĂ© la jurisprudence administrative. Les interactions entre ces deux rĂ©glementations sont complexes et nĂ©cessitent des clarifications au profit des Ă©lus et des services instructeurs.
Ă€ cet effet, le ministère de l’IntĂ©rieur et des Outre-mer conduit des travaux communs avec le ministère chargĂ© de l’urbanisme pour diffuser des recommandations visant Ă clarifier cette matière.
S’agissant de la responsabilitĂ© pĂ©nale des maires en matière de dĂ©fense extĂ©rieure contre l’incendie, l’analyse de la jurisprudence ne permet pas d’Ă©tablir que celle-ci ait dĂ©jĂ Ă©tĂ© engagĂ©e du seul fait de l’exercice de ce pouvoir de police spĂ©ciale.
La responsabilitĂ© du maire n’est susceptible d’ĂŞtre engagĂ©e, conformĂ©ment aux dispositions de l’article L. 2123-34 du Code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales, qu’Ă la condition qu’il n’ait pas accompli les diligences normales compte tenu de ses compĂ©tences, du pouvoir et des moyens dont il disposait ainsi que des difficultĂ©s propres aux missions que la loi lui confie. La rĂ©glementation actuelle permet dĂ©jĂ de satisfaire les demandes d’assouplissement des règles exprimĂ©es par les sĂ©nateurs.
Toutefois, cela requiert une concertation large Ă l’Ă©chelon dĂ©partemental.
Face aux difficultĂ©s de mise en Ĺ“uvre rencontrĂ©es notamment en zone rurale, le Gouvernement entend inviter les prĂ©fets Ă rĂ©viser les RDDECI lorsque cela est nĂ©cessaire en associant largement les acteurs locaux, au travers d’une instance dĂ©diĂ©e Ă cette problĂ©matique, pour parvenir Ă une application de la règle de dĂ©fense contre l’incendie proportionnĂ©e aux risques et Ă la diversitĂ© des territoires.
Références
Domaines juridiques








