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Aéroports de Paris

Pour Ă©viter la privatisation d’ADP, des dĂ©partements prĂȘts Ă  mettre 8 milliards d’euros

PubliĂ© le 12/03/2018 ‱ Par Pascale Tessier ‱ dans : RĂ©gions

Avion en vol
Phovoir
L'Etat possĂšde 50,6% du groupe ADP, autrefois nommĂ© AĂ©roports de Paris mais probablement plus longtemps. Alors que le gouvernement envisage sa privatisation, les DĂ©partements franciliens et la RĂ©gion se disent prĂȘts Ă  racheter ses parts, estimĂ©es Ă  8 milliards d'euros.

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Ils n’ont jamais rĂȘvĂ© d’ĂȘtre pilotes dans l’avion. Mais plutĂŽt que de voir l’État cĂ©der des pĂ©pites nationales, tous les dĂ©partements d’Ile-de-France avec la rĂ©gion-capitale sont prĂȘts Ă  prendre place dans le cockpit. Parlant d’une mĂȘme voix, les huit prĂ©sidents demandent ainsi Ă  “ĂȘtre partie prenante de tout processus pouvant conduire au dĂ©sengagement de l’État”. Ce dernier a en effet annoncĂ© la crĂ©ation d’un fonds de 10 Md€ constituĂ© des recettes tirĂ©es de privatisations pour financer l’innovation.

En clair : les collectivitĂ©s franciliennes sont candidates au rachat des 50,6 % de parts dĂ©tenues par l’État, afin d’éviter qu’ex-AĂ©roports de Paris ne tombe dans l’escarcelle du privĂ©, et donc, probablement, de Vinci (actionnaire Ă  hauteur de 8 %). Ce dernier, donnĂ© grand favori, pilote dĂ©jĂ  35 aĂ©roports en France et Ă  l’étranger.

Une telle mobilisation des dĂ©partements, au-delĂ  des clivages politiques, s’explique par la volontĂ© de  « conserver durablement une dimension publique importante au contrĂŽle de ces infrastructures essentielles pour le dĂ©veloppement du Grand Paris » explique un communiquĂ© commun.

Les incohĂ©rences de l’Etat

Plusieurs points du dossier sont difficiles Ă  avaler pour les collectivitĂ©s territoriales. A commencer par le fait que l’État agisse « sans concertation » mais surtout qu’il prive le Grand Paris « d’une rente aĂ©roportuaire importante et dynamique ».

« C’est une totale incohĂ©rence et une contradiction de la part de l’État », commente ainsi Yves Cabana, directeur gĂ©nĂ©ral des services (DGS) au conseil dĂ©partemental des Yvelines. « On ne peut pas vouloir dĂ©velopper le Grand Paris et balancer au privĂ© un outil unique et essentiel pour l’attractivitĂ© de l’Ile-de-France et du pays tout entier. Ou alors l’État n’a pas l’intention de faire du Grand Paris une mĂ©tropole puissante ? »Â  feint-il de s’interroger.

Un avis partagĂ© par Patrick Devedjan, prĂ©sident du conseil dĂ©partemental (LR) des Hauts-de-Seine « Il n’est pas question de recommencer l’affaire des autoroutes, transfĂ©rer des entreprises publiques profitables alors qu’elles jouent un rĂŽle important dans l’organisation de la MĂ©tropole », s’insurge-t-il. « Le groupe ADP est le chaĂźnon incontournable de la politique des transports et doit donc rester sous contrĂŽle public et collectivitĂ©s locales », insiste-t-il.

La mĂȘme inquiĂ©tude est exprimĂ©e par StĂ©phane Troussel (PS), prĂ©sident de la Seine-Saint-Denis : « Privatiser ADP c’est vendre le patrimoine national et se priver de recettes non nĂ©gligeables, Ă  l’heure oĂč l’État en a cruellement besoin (…) Sans parler des nombreux projets de transports inscrits au Contrat de plan État-RĂ©gion, mis Ă  l’arrĂȘt parce que l’Etat n’est vraisemblablement pas en capacitĂ© de tenir ses engagements. Les aĂ©roports sont la porte d’entrĂ©e sur la France et ont une importance stratĂ©gique qui ne peut uniquement dĂ©pendre de stratĂ©gies comptables » souligne le politique.

Les dĂ©partements se disent capables de mettre 8 milliards d’euros sur la table

Mais alors que les collectivitĂ©s affirment ĂȘtre Ă©tranglĂ©es par des budgets contraints, racheter les parts d’ADP, estimĂ©es Ă  8 milliards d’euros, n’est-il pas un trop gros investissement ? « Les 7 dĂ©partements et la RĂ©gion sont capables d’organiser un tour de table financier pour jouer leur rĂŽle dans la gouvernance de cet Ă©quipement fondamental de l’organisation mĂ©tropolitaine », assure le patron des Hauts-de-Seine.

« Aucun de nous n’a les moyens tout seul, mais Ă  8 on est capable de rĂ©unir le financement qu’il faut », complĂšte le DGS des Yvelines, d’autant que chaque collectivitĂ© devrait participer Ă  hauteur de ses possibilitĂ©s. Imaginant que l’État ne cĂ©dera pas la totalitĂ© de ses parts, il Ă©voque plusieurs solutions permettant de boucler le budget : « associer des capitaux privĂ©s contrĂŽlĂ©s par la puissance publique », voire « financer cet achat par la dette. »

Une façon donc de ne pas vendre un joyau de la couronne pour simplement « combler la dette de l’Etat » conclut le porte-voix des Yvelines.

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Pour Ă©viter la privatisation d’ADP, des dĂ©partements prĂȘts Ă  mettre 8 milliards d’euros

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polnord

13/03/2018 10h20

les dĂ©partements ont, Ă  juste titre, depuis la loi Notre, perdu leurs compĂ©tences Ă©conomiques et d’amĂ©nagement du territoire ; de plus, ils se plaignent quotidiennement de l’insuffisance de leurs moyens financiers pour faire face Ă  leurs obligations lĂ©gales, en matiĂšre sociale particuliĂšrement. Ils n’ont donc aucun motif valable pour devenir actionnaires d’une sociĂ©tĂ© aĂ©roportuaire, contrairement Ă  la rĂ©gion qui dispose des compĂ©tences correspondantes (transports, amĂ©nagement du territoire, Ă©conomie)

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