« La dĂ©mocratie passe d’abord par le mandat local. C’est pour cela qu’il doit ĂȘtre transparent et adapter aux rĂ©alitĂ©s d’aujourd’hui ». La citation est signĂ©e JoĂ«l LabbĂ©, sĂ©nateur du Morbihan (EELV) Ă l’origine de deux propositions de loi avec Henri Cabanel, sĂ©nateur de l’HĂ©rault (PS).
L’augmentation des maires des grandes villes ne passe pas
Premier point soulevĂ© par les deux textes de ces parlementaires : la question des indemnitĂ©s des maires. Alors que les maires des grandes villes ont vu augmenter leur indemnitĂ© de 40% lors de l’examen du budget 2018, la pilule assez mal parmi les Ă©lus locaux.
Et pour cause, leur mandat plafonne Ă 658 euros pour les maires des communes de moins de 500 habitants. JoĂ«l LabbĂ© (EELV) explique que la proposition de loi vise Ă « permettre une augmentation des indemnitĂ©s perçues par les maires et adjoints de communes de moins de 3 500 habitants dont les fonctions sont aujourd’hui insuffisamment reconnues ».
Philippe Pascot, journaliste indĂ©pendant et auteur notamment de « DĂ©lits d’Ă©lus », venu en renfort pour appuyer les deux propositions de loi juge que « cette augmentation d’indemnitĂ© est insupportable dans la conjoncture actuelle. C’est donc ceux qu’on ne voit que six mois avant les Ă©lections municipales qui voient leur revenus monter tandis que les maires du quotidien touchent une indemnitĂ© presque ridicule ».
Des maires au casier judiciaire vierge
Autre sujet chaud que mettent sur la table les sĂ©nateurs : la moralisation de la vie publique. Alors que les lois pour la confiance dans la vie politique ont Ă©tĂ© promulguĂ©es le 15 septembre dernier, les deux sĂ©nateurs jugent qu’elles ne vont pas assez loin. Et proposent d’instaurer une limite d’Ăąge de 70 ans pour les candidats aux municipales dans les communes de plus de 3 500 habitants, la reconnaissance du vote blanc ou encore l’obligation d’avoir un casier judiciaire vierge.
« Il est incomprĂ©hensible qu’on demande Ă plus de 360 professions d’avoir un casier vide et qu’un Ă©lu condamnĂ© puisse faire encore de la politique » juge ainsi le sĂ©nateur de l’HĂ©rault, Henri Cabanel (PS). « Mais il faut reconnaĂźtre que les parlementaires sont trĂšs gĂȘnĂ©s d’aller sur ce terrain » explique l’Ă©lu, en faisant rĂ©fĂ©rence Ă la promesse d’Emmanuel Macron pendant la campagne qui n’a pas encore vu le jour malgrĂ© les lois pour la confiance de la vie politique.
Mieux former les élus ruraux
Enfin, autre Ă©lĂ©ment important des deux propositions de loi qu’ont dĂ©posĂ© les sĂ©nateurs : la formation des Ă©lus. Les sĂ©nateurs aimeraient qu’elle « soit Ă©tendue aux maires et Ă©largie aux autres Ă©lus Ă leur demande » alors qu’elle est aujourd’hui rĂ©servĂ© aux Ă©lus titulaires de dĂ©lĂ©gation.
Une prioritĂ© juge Vanik Berberian, le prĂ©sident de l’association des maires ruraux de France pour qui « ce sont les âpetitsâ maires qui ont le plus besoin de la formation. Ils n’ont pas souvent pas de service technique pour les aider. »
Une plateforme numérique pour enrichir la loi
Enfin et parce que ces propositions de loi sont conçus comme un « outil pour relancer le dialogue entre Ă©lus et citoyens » juge Henri Cabanel, la sociĂ©tĂ© civile aura son mot Ă dire. Cyril Lage, prĂ©sident fondateur de l’association Parlement & Citoyens dĂ©taille la procĂ©dure. « Nous allons utiliser l’outil numĂ©rique pour permettre Ă tous de participer Ă la fabrique de la loi. Finalement les Ă©lus ne sont que des citoyens avec des mandats. La consultation qui commence aujourd’hui va donc permettre Ă tous les Français de se prononcer sur les propositions de lois » dĂ©posĂ©s par les sĂ©nateurs LabbĂ© et Cabanel.
Les citoyens pourront ainsi s’exprimer sur chaque volet du texte, donner leur avis et pourront Ă©galement enrichir le texte avec leurs propositions. « A la fin de la consultation au mois de mars, nous ferons une synthĂšse et les sĂ©nateurs reprendront les propositions qui ont eu le plus de succĂšs ».
En guise de conclusion, Vanik Berberian espĂšre que l’Ă©volution du statut de l’Ă©lu « donnera le goĂ»t de l’engagement public aux gĂ©nĂ©rations suivantes. Les prochaines municipales ont lieu en 2020. C’est maintenant qu’il faut agir si on veut ĂȘtre certain qu’il y aura une rĂ©lĂšve dĂ©mocratique » insiste le maire de Gargillesse-Dampierre (Indre).
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