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Emploi

Baisse inquiĂ©tante de l’apprentissage en 2013

PubliĂ© le 10/02/2015 ‱ Par MichĂšle Foin ‱ dans : France

Deux Ă©tudes sortent simultanĂ©ment dĂ©but fĂ©vrier pour dĂ©crypter la perte de vitesse de l’apprentissage en 2013. En cause une diminution de l’engouement des collĂ©giens pour cette voie, mais aussi la frilositĂ© des entreprises dans les secteurs touchĂ©s de plein fouet par la crise.

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L’apprentissage a subi une baisse trĂšs inquiĂ©tante en 2013. C’est ce que viennent confirmer deux Ă©tudes sorties dĂ©but fĂ©vrier qui Ă©clairent cette situation critique : l’une, Ă©ditĂ©e par les services statistiques du ministĂšre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Dares), analyse le nombre de nouveaux contrats d’apprentissage conclus dans les secteurs public et privĂ© en 2013. L’autre, Ă©mane des services statistiques du ministĂšre de l’Education nationale (Depp), et comptabilise les apprentis inscrits dans un centre de formation d’apprentis (CFA) au 31 dĂ©cembre 2013.

Moins 8%

En 2013, 273 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s dans le secteur privĂ©, soit une baisse de 8% par rapport Ă  2012, aprĂšs deux annĂ©es de lĂ©gĂšre hausse, indique la Dares, tandis que le nombre de contrats d’apprentissage dans le secteur public non industriel et commercial diminuait de 3% seulement. Le nombre d’apprentis, au 31 dĂ©cembre 2013, a quant Ă  lui flĂ©chi de 3,1% par rapport Ă  2012. Ceci est dĂ» Ă  une baisse brutale des entrĂ©es en apprentissage (-14 700) en 2013, soit 6,5% de moins qu’en 2012.

Une tendance qui ne semble pas s’enrayer en ce dĂ©but d’annĂ©e, d’aprĂšs Isabelle Gaudron, vice prĂ©sidente de la rĂ©gion Centre, et animatrice d’un groupe de travail sur l’apprentissage au sein de l’Association des rĂ©gions de France (ARF) : « Les rĂ©gions nous remontent une baisse globale du nombre d’apprentis de 6% en fĂ©vrier 2015, mais qui peut atteindre 8 Ă  9% pour les diplĂŽmes de niveau 5 ! »

étude Dares apprentissage

L’enseignement supĂ©rieur Ă©pargnĂ©

Car la baisse des effectifs touche majoritairement l’enseignement secondaire (- 5,4%), tandis qu’elle ne fait que ralentir dans l’enseignement supĂ©rieur (2% contre plus de 10% les deux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes). La baisse brutale des entrĂ©es en apprentissage touche en effet particuliĂšrement les CAP (-8%), les bac pro (-15%) et curieusement, les BTS (-11%).

En revanche, le nombre d’apprentis en niveaux I et II continue de croĂźtre : +2,8% pour le niveau II et +7,5% pour le niveau I. Ainsi, un tiers des bĂ©nĂ©ficiaires des nouveaux contrats d’apprentissage s’engage dans les filiĂšres de l’enseignement supĂ©rieur en 2013 contre 25% en 2010. « Face Ă  cet engouement des entreprises pour les contrats d’apprentissage de l’enseignement supĂ©rieur, les rĂ©gions ont augmentĂ© le nombre de places en niveau I et II », tĂ©moigne Isabelle Gaudron. Une Ă©lĂ©vation du niveau de qualification qu’elle juge globalement positive pour l’image de l’apprentissage.

Impact de la crise

Pourtant, une grande partie de la baisse des entrĂ©es en apprentissage est imputable aux Ă©lĂšves sortant de troisiĂšme qui s’orientent de moins en moins vers cette voie, au profit des filiĂšres gĂ©nĂ©rales et technologiques, souligne la Dares. En 2013, ils sont ainsi 16 800 Ă©lĂšves de plus par rapport Ă  2012 Ă  s’orienter vers une seconde gĂ©nĂ©rale et technologique, et 8 500 Ă©lĂšves de moins Ă  choisir l’apprentissage. Les deux Ă©tudes suggĂšrent une dĂ©saffection accrue des jeunes et de leurs familles pour l’apprentissage.

Pour Isabelle Gaudron, le problĂšme vient plutĂŽt des employeurs qui n’offrent pas suffisamment de places en apprentissage : « Les jeunes ne trouvent pas de contrat, particuliĂšrement dans le BTP, trĂšs pourvoyeur de CAP. Ce secteur, trĂšs impactĂ© par la crise, a reportĂ© ses recrutements d’apprentis. Or pour ces jeunes, le niveau V est une porte d’accĂšs Ă  la poursuite d’études. On ne leur donne pas la chance de pouvoir entamer une qualification. »

« RĂ©glementation contraignante »

Un Ă©lĂ©ment de blocage semble devoir se lever rapidement et qui concerne directement le secteur du BTP, traditionnellement pourvoyeur d’apprentis.  Comme l’a annoncĂ© François Rebsamen, ministre du Travail, le 5 fĂ©vrier au SĂ©nat, les employeurs pourront Ă  compter du 1er mai, se passer d’une demande d’autorisation prĂ©alable auprĂšs de l’Inspection du travail pour confier des travaux dangereux Ă  leurs apprentis mineurs, et se contenter d’une simple dĂ©claration. « Je me rĂ©jouis de cette mesure annoncĂ©e par le ministre. Beaucoup d’entreprises que nous avons consultĂ©es pour comprendre les freins Ă  l’apprentissage ont incriminĂ© la rĂ©glementation contraignante concernant les mineurs. C’est un signe que l’on envoie aux entreprises, et qui touche aussi bien les apprentis que les jeunes en stage dans les lycĂ©es professionnels », rĂ©agit Isabelle Gaudron.

Le secteur public mis Ă  contribution

Le secteur public, qui ne totalise que 9400 entrĂ©es en apprentissage en 2013, pourrait soutenir la dynamisation de l’apprentissage. Suite Ă  la grande confĂ©rence sociale, le gouvernement s’était engagĂ© Ă  accueillir des apprentis dans les administrations d’Etat : 4 000 en 2015, puis 10 000 en 2016. « Nous travaillons Ă  une convention cadre entre l’ARF et l’Etat qui devrait ĂȘtre signĂ©e prochainement. Les rĂ©gions s’engageront Ă  accompagner la formation des apprentis accueillis dans les services dĂ©concentrĂ©s de l’Etat en rĂ©gion. Des organismes comme l’ONF, ou l’Inra ont beaucoup Ă  apporter aux jeunes. Des moyens seront dĂ©gagĂ©s pour rĂ©munĂ©rer et former ces apprentis. Dans chaque rĂ©gion, nous examinerons les postes Ă  pourvoir et les qualifications nĂ©cessaires. Les rĂ©gions pourront ĂȘtre amenĂ©es Ă  crĂ©er des sections ad hoc si le besoin s’en fait sentir », se rĂ©jouit Isabelle Gautron, qui souligne le rĂŽle important que pourra jouer le secteur public Ă  l’égard de la discrimination : « Le secteur public est plus attentif Ă  la demande de certains jeunes issus des quartiers prioritaires, qui n’ont pas la bonne adresse ou le bon nom et se voient refuser un contrat de travail », espĂšre-t-elle.

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Commentaires

Baisse inquiĂ©tante de l’apprentissage en 2013

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Vive l'apprentissage

11/02/2015 08h54

L’apprentissage est une chose excellente. Rien ne vaut cette transmission de savoir, et cet enrichissement mutuel de l’apprenti et du maĂźtre d’apprentissage.
Le nombre limitĂ© de postes peut tenir au fait qu’aujourd’ui, accueillir un jeune en CAP coĂ»te aussi cher que de recruter un ouvrier dans le public. Il n’y a pas d’exonĂ©ration et le jeune travaille Ă  mi temps pour un salaire qui s’approche d’un demi poste.
Les jeunes en revanche peuvent effectuer des missions variĂ©es qui Ă©taient limitĂ©es dans le privĂ©. Enlever la demande d’autorisation prĂ©alable pour les mineurs leur permettra de les former de suite Ă  leur mĂ©tier. Pour notre commune, il a fallu recueillir l’avis du CHS et oser leur confier des missions qualifiĂ©es de dangereuses. Quel soulagement pour l’an prochain…

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