Jean-Marc Ayrault l’a indiquĂ© lors de son discours, le jeudi 6 mars 2013, sur le « nouveau Grand Paris ». Le projet de loi portant dĂ©centralisation et rĂ©forme de l’action publique sera prĂ©sentĂ© le 10 avril en Conseil des ministres. La première lecture dĂ©butera fin mai au SĂ©nat. Gros plan sur les ultimes arbitrages gouvernementaux, Ă©noncĂ©s dans une note qu’a pu se procurer La Gazette.
MĂ©tropoles imposĂ©es par la loi – Exit, la mĂ©tropole « facultative » de la loi du 16 dĂ©cembre 2010. L’équipe « Ayrault » conserve le label, mais va plus loin dans son avant-projet de loi.
« Les EPCI à fiscalité propre qui formeront un ensemble de plus de 400 000 habitants dans une aire urbaine de plus de 500 000 habitants seront transformés en métropoles par décret », affirme la note gouvernementale.
« La métropole d’Aix-Marseille Provence », fruit de la fusion des six principaux EPCI de l’aire urbaine phocéenne, a, elle, vocation à être imposée par la loi à partir du 1er janvier 2015. Mais elle suscite déjà une opposition féroce, à droite comme à gauche, dans la cité Phocéenne.
A la même date, la plus consensuelle métropole de Lyon, née de la fusion des compétences intercommunales et départementales sur le territoire du Grand Lyon, prend, elle, le rang de « collectivité à statut particulier ».
Selon une source gouvernementale, son assemblée délibérante pourrait n’être élue au suffrage universel direct sans fléchage qu’en 2020.
Enfin, l’avant-projet de loi instaure, au 1er janvier 2016, une métropole de Paris composée uniquement de Paris et des EPCI à fiscalité propre de l’aire urbaine de Paris.
Pour l’heure, ni la région, ni les départements, y compris ceux de la petite couronne, ne font partie de l’établissement public doté, dans le respect des prérogatives des autres échelons, de pouvoirs en matière de logement, de transition énergétique et d’urgence sociale.
RĂ©gionalisme en trompe-l’œil – Entre, d’une part, le retour de la clause de compĂ©tence gĂ©nĂ©rale des dĂ©partements et des rĂ©gions et d’autre part, le principe constitutionnel de non-tutelle d’une collectivitĂ© sur une autre, la voie Ă©tait Ă©troite.
Le gouvernement fait appel, au grĂ© de son vade-mecum, aux concepts d’« Ă©chelon de rĂ©fĂ©rence », de « chef de file » ou de « responsable ».
Les rĂ©gions occupent une place centrale. Tout du moins en apparence… Elles se voient confier un rĂ´le de « chef de file » dans le domaine de la formation, des transports et du dĂ©veloppement Ă©conomique. Un leadership qui ne vaut pas pour le secteur-clef de l’innovation.
Selon une source proche du gouvernement, la future métropole de Lyon aura le dernier mot en ce domaine.
ElĂ©ment nouveau, les mĂ©tropoles apparaissent, au cĂ´tĂ© de l’Etat et des rĂ©gions, dans la gouvernance des pĂ´les de compĂ©titivitĂ©. Les pĂ´les de compĂ©titivitĂ© rĂ©gionaux, dans lesquels les rĂ©gions avaient vocation Ă jouer un rĂ´le dĂ©terminant, disparaissent.
Les dĂ©partements deviennent chefs de file du tourisme et de la « solidaritĂ© entre les territoires ». Leur sont aussi transfĂ©rĂ©s, les Ă©tablissements et services d’aide par le travail (ESAT), ouverts aux personnes handicapĂ©es. Une rĂ©forme qui n’a pas les faveurs des professionnels concernĂ©s.
Les communes obtiennent, elles, un statut de chef de file dans le domaine de « la qualitĂ© de l’air et de l’organisation de la transition Ă©cologique en matière de mobilitĂ© durable ».
Les règles applicables aux financements croisĂ©s sont restreintes pour les collectivitĂ©s ou les EPCI qui refuseront de se soumettre au pacte de gouvernance territoriale Ă©laborĂ© au sein de chaque confĂ©rence territoriale de l’action publique.
La participation minimale, en tant que maitre d’ouvrage, des « rebelles » sera relevĂ©e de 20 Ă 30 % du budget total du projet concernĂ©.
Nouvelles compĂ©tences obligatoires des « intercos » – « Lorsqu’un EPCI Ă fiscalitĂ© propre est compĂ©tent en matière de voirie », est prĂ©vu un transfert automatique de la « police spĂ©ciale de la circulation sur les voies communales et intercommunales Ă l’extĂ©rieur des agglomĂ©rations » ainsi que de la « police spĂ©ciale de la dĂ©livrance des autorisations de stationnement aux exploitants de taxi ».
Les communautĂ©s de communes et les communautĂ©s d’agglomĂ©ration hĂ©ritent, notamment, de l’assainissement collectif et non collectif, de la gestion des milieux aquatiques et de la gestion des aires d’accueil des gens du voyage.
La mutualisation des services entre les communes et leur intercommunalitĂ© est encouragĂ©e par le biais d’une modulation du coefficient d’intĂ©gration fiscale. Mais pas de n’importe quelle façon.
Le texte interdit la mutualisation ascendante, c’est Ă dire la mise Ă disposition des services d’une commune au profit de son intercommunalitĂ©. Une mesure qui suscite dĂ©jĂ la colère de directeurs gĂ©nĂ©raux de collectivitĂ©s, qui plaident pour davantage de souplesse.
Avant-Projet de Loi Lebranchu (7 Mars 2013) by lagazettefr
Le texte du projet de loi publié sur le site du Courrier des maires
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