Alors que le droit de l’urbanisme se complexifie – tous les professionnels rĂ©clament rĂ©gulièrement une pause dans les rĂ©formes – l’Etat n’assure plus l’ingĂ©nierie de proximitĂ©.
Sous l’influence du droit communautaire et de la rĂ©vision gĂ©nĂ©rale des politiques publiques, l’intervention de l’Etat se rĂ©duit Ă la portion congrue. Seule demeure pour l’instant l’assistance technique de l’Etat pour des raisons de solidaritĂ© et d’amĂ©nagement du territoire, dont les professionnels craignent la disparition.
Or l’intégration des enjeux de développement durable aux différents documents d’urbanisme, les obligations nouvelles d’évaluation posées par les lois Grenelle 1 et 2, vont nécessité une ingénierie d’urbanisme renouvelée, un défi devant lequel les petites communes risquent d’être particulièrement démunies.
Deux niveaux d’intervention – Pierre Jarlier distingue deux niveaux d’intervention. Le premier est stratĂ©gique et se dĂ©cline Ă une Ă©chelle nationale et rĂ©gionale.
Cela nécessite d’avoir un outil d’ingénierie national qui serve d’interlocuteur entre l’Etat et les collectivités locales.
La solution passe par un renforcement du rĂ´le du Centre d’Ă©tudes sur les rĂ©seaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques (Certu) via la crĂ©ation d’émanations rĂ©gionales, voire interrĂ©gionales, qui puissent travailler un lien avec l’Ademe, les dĂ©lĂ©gations rĂ©gionales de la Datar, etc.
Le second niveau, l’ingénierie opérationnelle, reposerait sur le niveau local. Pour les sénateurs, l’échelle intercommunale serait la plus adaptée pour l’exercice du droit des sols et la planification, tandis que l’échelle du département ou des grands bassins de vie traitera de la question de l’appui à la planification.
L’action des conseils gĂ©nĂ©raux pourrait consister dans la mobilisation des organismes satellites qu’ils soutiennent financièrement – comme les conseils en architecture, urbanisme, environnement (CAUE), les agences d’urbanisme – ou la crĂ©ation d’organismes dĂ©diĂ©s comme des agences techniques dĂ©partementales ou des sociĂ©tĂ©s publiques locales.
Plus globalement, le rapport appelle à une véritable décentralisation de l’instruction du droit des sols et au transfert aux collectivités de personnels exerçant les fonctions liées.
Parachever la décentralisation de l’urbanisme, voilà qui pourrait être l’un des défis de l’acte III de la décentralisation à venir.
Références
Pour une nouvelle architecture territoriale de l'ingénierie en matière d'urbanisme - Juillet 2012
Domaines juridiques








