Réponse du ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales : Les collectivités territoriales sont compétentes en matière d’eau potable. En conséquence, il n’appartient pas aux agences de l’eau de cibler elles-mêmes les investissements à mener en matière de renouvellement des réseaux.
La responsabilité de définir les priorités de travaux relève des collectivités compétentes en matière d’eau potable, qui disposent pour cela des données d’exploitation, des diagnostics techniques et des analyses de vulnérabilité propres à leur territoire.
S’agissant spécifiquement de l’agence Rhône-Méditerranée-Corse, celle-ci incite fortement les collectivités à se doter de schémas directeurs grâce à des taux d’aide attractifs, notamment 50 % ou 70 % dans les zones dites de solidarité. Elle finance également, aux mêmes taux, des études de structuration des compétences ainsi que le développement d’outils de pilotage prédictif des réseaux (« réseaux intelligents »), tels que les équipements de sectorisation, les outils de détection fine de fuites ou les réducteurs de pression.
L’agence Loire-Bretagne, pour sa part, accompagne les collectivités dans leurs démarches de diagnostic et de planification. Elle accompagne les collectivités en finançant la réalisation des schémas directeurs et des programmes pluriannuels d’investissement et outils de pilotage des réseaux (diagnostics, sectorisation, détection de fuites, SIG), offrant ainsi un cadre d’aide à la décision pour prioriser les travaux de rénovation. Cette méthodologie permet d’aller au-delà de travaux de simple opportunité (réalisés, par exemple, à l’occasion de chantiers de voirie) et d’engager des actions structurantes répondant à un objectif de performance.
Au moment de l’instruction des demandes d’aide, l’agence de l’eau s’assure ainsi de la cohérence entre les travaux proposés et les conclusions du schéma directeur, garantissant que les investissements financés contribuent effectivement à améliorer le rendement des réseaux.
Elle peut également financer les outils d’aide à la décision acquis par les collectivités, qu’ils reposent ou non sur des algorithmes d’intelligence artificielle, ainsi que les systèmes d’information géographique et les équipements de détection fine des fuites.
Le gouvernement est pleinement conscient des difficultés rencontrées par de nombreuses collectivités, notamment dans les zones rurales ou les territoires soumis aux effets du changement climatique, où les épisodes de sécheresse sont plus fréquents et plus intenses. Les investissements nécessaires pour entretenir, renouveler et sécuriser les réseaux d’eau représentent souvent plusieurs millions d’euros, ce qui rend essentiel l’accompagnement technique et financier des agences de l’eau.
C’est pourquoi les agences de l’eau mobilisent des aides importantes pour la rénovation des réseaux, la réduction des pertes, la sécurisation de l’alimentation en eau potable ou encore le renforcement de l’ingénierie locale.
Pour l’ensemble des bassins, le Plan eau présenté le 30 mars 2023 prévoit, dans sa mesure n° 14, une enveloppe supplémentaire de 180 M€ par an au bénéfice du petit cycle de l’eau, conditionnée à l’atteinte d’objectifs de performance. Ces moyens accrus visent en priorité les collectivités exposées à des tensions d’alimentation ou présentant des rendements particulièrement faibles.
Ainsi, le gouvernement et les agences de l’eau mettent en œuvre une politique d’accompagnement combinant soutien financier ciblé, incitations à la performance et maintien d’exigences réglementaires ambitieuses. Cette action coordonnée vise à permettre aux collectivités de moderniser leurs réseaux, d’améliorer durablement leur rendement et d’assurer à long terme une distribution sécurisée et responsable de l’eau potable.
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