RĂ©ponse du ministère chargĂ© de l’Industrie et de l’Ă©nergie : Les règles rĂ©gissant l’implantation des antennes-relais de radiotĂ©lĂ©phonie mobile sont dĂ©finies par plusieurs textes, notamment le code des postes et des communications Ă©lectroniques, le code de l’urbanisme, et le code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales.
ConformĂ©ment aux articles L. 45-9 et suivants du code des postes et des communications Ă©lectroniques, les autoritĂ©s gestionnaires du domaine public peuvent autoriser l’occupation de ce domaine par les exploitants de rĂ©seaux ou d’infrastructures de communications Ă©lectroniques.
Ă€ cet Ă©gard, le maire a la compĂ©tence de conclure une convention d’occupation temporaire avec un opĂ©rateur en vue d’autoriser l’implantation d’une antenne-relais sur une dĂ©pendance de son domaine public.
Par ailleurs, l’article R. 421-9 du code de l’urbanisme soumet l’installation d’une antenne-relais et de ses systèmes d’accroche Ă une dĂ©claration prĂ©alable auprès du maire, qui Ă©value l’impact visuel sur les sites, les paysages naturels, et les monuments historiques. Les projets d’antennes-relais doivent respecter les prescriptions du code de l’urbanisme, du code de l’environnement, et du code des postes et des tĂ©lĂ©communications Ă©lectroniques.
Cependant, le Conseil d’État estime que le maire ne peut refuser une dĂ©claration prĂ©alable sans disposer d’Ă©lĂ©ments scientifiques dĂ©montrant des risques, comme Ă©noncĂ© dans l’arrĂŞt CE, 30 janvier 2012, SociĂ©tĂ© Orange France, n° 344992. De plus, le maire ne peut adopter une rĂ©glementation visant Ă protĂ©ger le public contre les effets des ondes Ă©mises par ces antennes, selon la dĂ©cision CE, Ass., 26 octobre 2011, commune de Saint Denis, n° 326492.
Les donnĂ©es de localisation des stations existantes sont accessibles dans la base Cartoradio de l’Agence nationale des frĂ©quences (ANFR), en open data, permettant Ă tous les habitants d’y accĂ©der. En vertu de l’article L.34-9-1 du code des postes et des communications Ă©lectroniques, les opĂ©rateurs sont tenus de transmettre aux maires, sur demande, un dossier Ă©tablissant l’Ă©tat des lieux des installations prĂ©vues sur leur territoire.
Ainsi, la mairie peut informer le public sur tout projet ou installation existante Ă proximitĂ© des habitations. Les opĂ©rateurs mobiles tiennent Ă©galement informĂ©s les responsables des collectivitĂ©s locales des projets d’installation d’antennes-relais dans le cadre du « Guide des relations entre opĂ©rateurs et communes » (GROC), Ă©laborĂ© conjointement par l’association des maires de France (AMF) et l’association française des opĂ©rateurs mobiles (AFOM) en dĂ©cembre 2007. Conscient de l’exaspĂ©ration potentielle liĂ©e Ă la multiplication d’antennes dans certaines zones, des mesures ont Ă©tĂ© prises pour encourager la mutualisation. Dans le cadre du new deal mobile et du dispositif de couverture ciblĂ©e, les opĂ©rateurs ont l’obligation de mutualiser leurs pylĂ´nes et installations actives lorsqu’ils sont au moins quatre sur une zone, portant uniquement sur les pylĂ´nes en deçà de ce nombre.
D’autres obligations lĂ©gales, telles que celles en zone de montagne ou dans le cadre du dĂ©ploiement 5G en zones peu denses, sont dĂ©jĂ en vigueur.
La loi du sĂ©nateur Patrick Chaize, visant Ă rĂ©duire l’empreinte environnementale du numĂ©rique en France, oblige les opĂ©rateurs Ă justifier auprès du maire leur choix de ne pas recourir Ă une solution de partage de site ou de pylĂ´ne. La mutualisation fait Ă©galement l’objet d’un suivi de l’AutoritĂ© de rĂ©gulation des communications Ă©lectroniques et des postes, qui a recensĂ© 25 377 supports mutualisĂ©s en France mĂ©tropolitaine, soit 46,8% du total des supports, dont 30,5% sont mutualisĂ©s Ă quatre opĂ©rateurs.
Chaque opĂ©rateur possède une couverture rĂ©seau propre, parfois non alignĂ©e avec celle de ses concurrents. La concurrence par les infrastructures permet aux opĂ©rateurs de se distinguer en termes de qualitĂ© de couverture, dans l’intĂ©rĂŞt des citoyens.
Certains Ă©lĂ©ments techniques peuvent rendre la mutualisation impossible, en raison par exemple de travaux importants sur une installation existante pour renforcer la hauteur du pylĂ´ne, entraĂ®nant des dĂ©fis d’intĂ©gration dans le paysage et de conformitĂ© aux règles d’urbanisme.
Il demeure essentiel que le dĂ©ploiement de ces infrastructures, sources de connectivitĂ© pour les concitoyens, s’effectue dans le respect de la lĂ©gislation, dans la transparence et par un dialogue constant avec les Ă©lus.
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