RĂ©ponse du ministère de la Culture : La protection au titre des abords de monuments historiques est dĂ©finie Ă l’article L. 621-30 du code du patrimoine. Cette protection concerne les immeubles, bâtis ou non bâtis, situĂ©s en « covisibilitĂ© » avec le monument historique, c’est-Ă -dire visible depuis le monument historique ou visible en mĂŞme temps que lui, Ă moins de 500 mètres de celui-ci.
La protection au titre des abords peut Ă©galement s’appliquer au sein d’un pĂ©rimètre dĂ©limitĂ© des abords, c’est-Ă -dire un pĂ©rimètre adaptĂ© Ă la rĂ©alitĂ© et aux enjeux du terrain, créé sur proposition de l’architecte des Bâtiments de France (ABF) ou de la collectivitĂ© territoriale. La commune d’Assenoncourt ne se situe toutefois pas dans ce dernier cas.
L’apprĂ©ciation de la covisibilitĂ© relève de l’ABF qui est compĂ©tent pour dĂ©terminer si ce lien visuel est Ă©tabli. De nombreuses dĂ©cisions du Conseil d’État ont confirmĂ© que dès lors que les travaux objets de la demande d’autorisation se situent Ă moins de 500 mètres d’un monument historique, il appartient Ă l’ABF d’apprĂ©cier la covisibilitĂ© et, le cas Ă©chĂ©ant, d’Ă©mettre un avis dit « conforme » sur le projet (CE, 12 mars 2007, n° 275287).
Le demandeur peut, en amont du dĂ©pĂ´t du dossier de demande d’autorisation de travaux, prendre l’attache de l’unitĂ© dĂ©partementale de l’architecture et du patrimoine afin de dĂ©terminer les servitudes d’utilitĂ© publique, dont la protection au titre des abords, susceptibles de s’appliquer Ă son projet.
L’installation de panneaux photovoltaĂŻques, sur un immeuble situĂ© Ă moins de 500 mètres de la ferme des Custine, immeuble inscrit au titre des monuments historiques Ă Assenoncourt, a fait l’objet d’une expertise de l’ABF, qui a confirmĂ© la covisibilitĂ© dans le cadre de l’instruction de la dĂ©claration prĂ©alable dĂ©posĂ©e.
En effet, l’immeuble, objet des travaux, est situĂ© Ă moins de 500 mètres de la ferme des Custine, et est visible en mĂŞme temps qu’elle depuis l’espace public.
Dès lors que la protection au titre des abords s’applique, l’ABF est fondĂ© Ă Ă©mettre un avis conforme sur le projet. Au vu de l’impact des travaux sur les abords du monument historique, l’ABF a Ă©mis un accord assorti de prescriptions, en termes de localisation et d’inclinaison des panneaux photovoltaĂŻques, afin de garantir une intĂ©gration et une rĂ©alisation qualitative du projet au regard de son environnement bâti et paysager, sans pour autant le remettre en cause.
Dans l’hypothèse oĂą le demandeur souhaiterait contester l’avis rendu par l’ABF dans le cadre d’une autorisation d’urbanisme, il est en mesure de former un recours gracieux auprès de l’autoritĂ© compĂ©tente pour dĂ©livrer les autorisations de travaux, ou un recours auprès du prĂ©fet de rĂ©gion, dans les conditions prĂ©vues aux articles L. 632-2 du code du patrimoine et R. 424-14 du code de l’urbanisme.
Enfin, pour une meilleure intĂ©gration des panneaux photovoltaĂŻques sur le bâti, les demandeurs peuvent s’appuyer sur l’importante documentation rĂ©digĂ©e, depuis de nombreuses annĂ©es, par les services patrimoniaux des directions rĂ©gionales des affaires culturelles, en lien notamment avec les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement, et disponible en ligne.
En particulier, un guide mĂ©thodologique interministĂ©riel sur l’adaptation de l’insertion du photovoltaĂŻque dans le contexte de sites protĂ©gĂ©s pour leur intĂ©rĂŞt patrimonial ou paysager a Ă©tĂ© publiĂ© dĂ©but dĂ©cembre 2023.
Il vise Ă ce que, sur le territoire national, dans le cadre du dialogue avec les porteurs de projets pour l’obtention de l’accord de l’ABF, ces derniers explorent toutes les solutions susceptibles de favoriser l’implantation des Ă©quipements photovoltaĂŻques dans le respect du patrimoine et du paysage.
Le gouvernement est en effet soucieux d’une bonne conciliation du dĂ©veloppement des Ă©nergies renouvelables et de la conservation et de la mise en valeur du patrimoine culturel, qui constituent deux aspects essentiels des politiques publiques.
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