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Les maires peuvent-ils dire « stop » aux publicitĂ©s incitant Ă  la surconsommation ?

Publié le 18/11/2022 • Par Léna Jabre • dans : Actu juridique, France

photo panneaux
AdobeStock - PUNTOSTUDIOFOTO Lda
A Mordelles, la municipalité a retiré les panneaux publicitaires de son espace public. Non pas, vu le contexte, pour des questions d'économies d'énergie, mais à cause du contenu même de ces publicités. Sous quelles conditions ce retrait peut-il avoir lieu ? Un maire peut-il réglementer le contenu des publicités ? Eléments de réponse.

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A Mordelles, en Bretagne, la municipalitĂ© a pris la dĂ©cision, Ă  la faveur de l’arrivĂ©e Ă  Ă©chĂ©ance du contrat qui la liait, de retirer les panneaux publicitaires implantĂ©s sur son espace public. L’objectif n’Ă©tait pas ici de faire des Ă©conomies d’Ă©nergie, mais bien de ne plus accepter certains messages dans ses rues. Le maire, Thierry Le Bihan, l’explique ainsi : « Quand on s’est demandĂ© si on allait renouveler ou pas ce contrat, la place de la publicitĂ© dans l’espace public nous a interrogĂ©s vis-Ă -vis de notre politique menĂ©e depuis plusieurs annĂ©es en faveur des transitions ». Et Mordelles ne souhaite pas s’arrĂŞter lĂ  : la municipalitĂ© a Ă©crit Ă  la mĂ©tropole pour que le contrat concernant la publicitĂ© sur les abribus ne soit pas renouvelĂ© non plus.

Pour Yvon Goutal, avocat spĂ©cialiste des collectivitĂ©s, une commune peut très bien dĂ©cider de ne plus abriter des publicitĂ©s sur les Ă©quipements dont elle est propriĂ©taire, qu’il s’agisse de mobilier urbain, ou des murs des bâtiments publics. « Evidemment, dans ces cas-lĂ , elle doit respecter les contrats qu’elle a prĂ©alablement conclus : elle ne peut le faire qu’aux termes du contrat avec l’afficheur, car elle doit respecter les contrats encore en cours, au risque de devoir payer des indemnitĂ©s correspondant au manque Ă  gagner ». La seule difficultĂ© consiste Ă  vĂ©rifier Ă  qui revient la charge du retrait des panneaux.

Pas si simple

« Est-ce aux collectivitĂ©s locales d’autoriser sur les espaces publics, des messages publicitaires, qui, la plupart du temps, mettent en avant la surconsommation, en visant les jeunes publics, qu’il s’agisse d’alcools, de restauration rapide, de jeux… ? Pour nous, ce n’est plus possible. On a donc dĂ©cidĂ© d’enlever ces trente affichages », poursuit le maire. « Ces messages sont transmis Ă  la radio ou Ă  la tĂ©lĂ©vision, mais dans ce cas, c’est un choix du citoyen de les Ă©couter ou de les regarder. Dans l’espace public, ces discours s’imposent, or nous pensons que les habitants doivent pouvoir vivre dans leur commune sans sur sollicitation de ce genre ».

Aujourd’hui, les règlements locaux de publicitĂ©, renforcĂ©s rĂ©cemment par la loi « Climat et RĂ©silience » du 22 aoĂ»t 2021, permettent au maire de rĂ©glementer les publicitĂ©s sur le domaine privĂ©. « Mais c’est incroyable de se dire que les Ă©lus oublient le domaine public, se dĂ©sole Thierry Le Bihan. On n’y mène aucune action car il y a un intĂ©rĂŞt pĂ©cuniaire derrière ».

Yvon Goutal distingue en effet bien deux situations. Sur les panneaux qui n’appartiennent pas Ă  la collectivitĂ©, celle-ci n’a pas d’autre pouvoir que celui que lui confère le règlement local de publicitĂ©, qui encadre seulement la libertĂ© qui est laissĂ©e aux propriĂ©taires d’afficher de la publicitĂ© sur leurs biens. Cela signifie que la municipalitĂ© ne pourra pas interdire toute la publicitĂ© dans toute la commune. Mais le fait qu’elle soit soumise Ă  un règlement local de publicitĂ©, mĂŞme intercommunal, n’empĂŞche pas une commune de procĂ©der au retrait des panneaux qui lui appartiennent.

Sans aller jusqu’Ă  retirer purement et simplement ses panneaux, une commune peut donc encadrer le type des publicitĂ©s qui y sont affichĂ©es. Pour l’avocat, c’est possible mais pas si simple : « on peut le prĂ©voir dans le contrat, mais dans la pratique, c’est compliquĂ©, parce que le mode de gestion de ces panneaux, pour les sociĂ©tĂ©s d’affichage, n’est pas diffĂ©renciĂ© en fonction d’un territoire, mais d’un type de panneaux ». La difficultĂ© ne s’arrĂŞte pas lĂ , car la rĂ©daction mĂŞme de ces règles spĂ©cifiques s’avère compliquĂ©e aussi : « C’est un travail très fin de dĂ©terminer quelles sont les limites qu’on fixe Ă  l’affichage, pour que ce ne soit pas complètement discrĂ©tionnaire ». Faire vivre de telles règles serait une autre difficultĂ©, pour l’avocat, car il n’est pas Ă©vident de dĂ©finir des modalitĂ©s de contrĂ´le, avec par exemple un examen en amont de ce que propose l’afficheur, et une rĂ©ponse dans un dĂ©lai de 48heures.

« Valeurs de transition »

Cette affaire amène Ă  se demander si c’est aux élus locaux de jouer un rĂ´le actif dans le ralentissement de la surconsommation. Pour Thierry Le Bihan, cela ne fait aucun doute. « Pour moi, les Ă©lus se sont laissĂ©s entrainer dans des logiques de contreparties par les sociĂ©tĂ©s privĂ©es concernĂ©es, mais le prix des addictions, notamment des jeunes, et qui se rĂ©percutent dans nos politiques sociales, et de la surconsommation ne devrait pas faire l’objet de ces arrangements financiers. En tout cas, cela va Ă  l’encontre de nos valeurs de transitions mises en place de longue date sur la commune ».

En parlant de contrepartie, il se trouve qu’Ă  Mordelles, une partie de l’espace de ces panneaux Ă©tait rĂ©servĂ©e Ă  la communication municipale et Ă  celle des associations locales. Cela reprĂ©sentait Ă  peu près neuf panneaux sur trente. Le retrait de ces panneaux a donc obligĂ© la commune Ă  compenser cette absence : elle a donc commandĂ© le mĂŞme nombre de panneaux, qui seront gĂ©rĂ©s directement par la municipalitĂ©, pour afficher uniquement des informations communales ou associatives. « Nous nous sommes engagĂ©s dans une dĂ©marche vertueuse, avec des panneaux en bois local, qui s’insèrent dans l’environnement ». D’après le contrat arrivĂ© Ă  Ă©chĂ©ance, c’Ă©tait Ă  la sociĂ©tĂ© de supporter le coĂ»t du retrait des anciens panneaux et de remettre en Ă©tat la chaussĂ©e. « Pour garder de l’espace d’information, nous avons Ă©videmment dĂ» financer nos nouveaux panneaux, estimĂ©e dans notre budget 2023 Ă  environ 60 000 euros. C’est le prix de notre indĂ©pendance et de notre opposition face Ă  la surconsommation ».

Pour le maire, ce nouvel investissement, en cette pĂ©riode d’inflation, peut refroidir d’autres communes qui voudraient aussi ne pas reconduire leur contrat. Mais l’Ă©dile mise plutĂ´t sur l’action des habitants : « Qu’ils aillent convaincre leurs dĂ©cideurs publics de ne plus cautionner ces messages de surconsommation qui saturent l’espace public. Nous avons eu beaucoup de retours, venus de l’ensemble de la France, de gens qui espèrent que leur collectivitĂ© prendra la mĂŞme dĂ©cision. »

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