RĂ©ponse du ministère de la CohĂ©sion des territoires et des relations avec les collectivitĂ©s territoriales : La couverture numĂ©rique du territoire par les rĂ©seaux de communications Ă©lectroniques est une prioritĂ© du Gouvernement qui a engagĂ©, depuis l’Ă©tĂ© 2017, un important travail de nĂ©gociation tant avec les opĂ©rateurs qu’avec les reprĂ©sentants des collectivitĂ©s territoriales pour atteindre les objectifs fixĂ©s par le PrĂ©sident de la RĂ©publique d’une couverture en très haut dĂ©bit d’ici 2022 et parvenir Ă un territoire fibrĂ© pour tous les Français en 2025.
Il s’agit de la continuation et de l’intensification du plan « France Très Haut DĂ©bit », lancĂ© en 2013. Ce plan prĂ©voit un investissement de 20 milliards d’euros en 10 ans partagĂ©s entre les collectivitĂ©s territoriales, l’État et les opĂ©rateurs privĂ©s pour le dĂ©ploiement des divers rĂ©seaux.
L’implantation des antennes-relais de radiotĂ©lĂ©phonie mobile est rĂ©gie par la combinaison de dispositions relevant notamment du code des postes et des communications Ă©lectroniques, du code de l’urbanisme ainsi que du code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales.
Aux termes des articles L. 45-9 et suivants du code des postes et des communications Ă©lectroniques, les autoritĂ©s concessionnaires ou gestionnaires du domaine public peuvent autoriser les exploitants de rĂ©seaux ou d’infrastructures de communications Ă©lectroniques Ă occuper ce domaine.
Ă€ ce titre, le maire est compĂ©tent pour conclure une convention d’occupation temporaire du domaine public avec un opĂ©rateur de communications Ă©lectroniques en vue d’autoriser l’implantation d’une antenne-relais sur une dĂ©pendance de son domaine public (CAA de Nantes, 8 octobre 2018, n° 17NT01212).
En outre, en application des dispositions de l’article R. 421-9 du code de l’urbanisme, l’installation d’une antenne-relais de radiotĂ©lĂ©phonie mobile et leurs systèmes d’accroche entrent dans le champ des constructions nouvelles soumises Ă dĂ©claration prĂ©alable auprès du maire de la commune. Il est notamment rappelĂ© que le maire instruit la dĂ©claration prĂ©alable de travaux en apprĂ©ciant l’impact visuel de l’antenne-relais sur les sites, les paysages naturels et les monuments historiques.
De manière gĂ©nĂ©rale, les projets d’installation d’antennes-relais doivent respecter un certain nombre de prescriptions relevant du code de l’urbanisme, du code de l’environnement et du code des postes et des tĂ©lĂ©communications Ă©lectroniques notamment.
Pour autant, le Conseil d’État considère que le maire ne peut opposer un refus de dĂ©claration prĂ©alable Ă une demande d’implantation des antennes de tĂ©lĂ©phonie mobile Ă proximitĂ© de certains bâtiments sans disposer d’Ă©lĂ©ments scientifiques faisant apparaĂ®tre des risques (CE, 30 janvier 2012, SociĂ©tĂ© Orange France, n° 344992).
Par ailleurs, le maire ne peut, ni au titre de ses pouvoirs de police gĂ©nĂ©rale, ni en se fondant sur le principe de prĂ©caution, adopter une rĂ©glementation portant sur l’implantation des antennes relais de tĂ©lĂ©phonie mobile et destinĂ©e Ă protĂ©ger le public contre les effets des ondes Ă©mises par ces antennes (CE., Ass., 26 octobre 2011, commune de Saint Denis, n° 326492).
En effet, la règlementation en matière sanitaire demeure Ă©tablie par la police spĂ©ciale des communications Ă©lectroniques confiĂ©e exclusivement Ă l’Etat. Le Conseil d’Etat a notamment prĂ©cisĂ© dans le cadre de l’arrĂŞt d’assemblĂ©e prĂ©citĂ© que « le lĂ©gislateur a confiĂ© aux seules autoritĂ©s qu’il a dĂ©signĂ©es, c’est-Ă -dire au ministre chargĂ© des communications Ă©lectroniques, Ă l’ARCEP et Ă l’ANFR, le soin de dĂ©terminer, de manière complète, les modalitĂ©s d’implantation des stations radioĂ©lectriques sur l’ensemble du territoire ainsi que les mesures de protection du public contre les effets des ondes qu’elles Ă©mettent ».
Il importe Ă©galement de prendre en compte le besoin de couverture du territoire national en vue d’amĂ©liorer la disponibilitĂ© du rĂ©seau et la qualitĂ© de service, et de rĂ©sorber les zones blanches.
En ce sens, la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, portant Ă©volution du logement, de l’amĂ©nagement et du numĂ©rique, a rĂ©cemment apportĂ© divers assouplissements du droit applicable. Il n’est pas prĂ©vu de nouvelles mesures permettant au maire de peser davantage dans le choix des sites d’implantation de ces Ă©quipements, le droit en vigueur permettant de concilier les prescriptions urbanistiques et environnementales et la libertĂ© d’entreprendre en la matière.
Références
Question Ă©crite de JoĂ«l Aviragnet, n°36453, JO de l'AssemblĂ©e nationale du 6 avril.Â
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