Pour le constructeur ferroviaire Alstom, cette commande représente la création de 4000 emplois directs et indirects sur les territoires, en particulier sur les six sites qui vont participer au projet : Reichshoffen, Ornans, Le Creusot, Tarbes, Villeurbanne et Saint-Ouen. Le cahier des charges élaboré par la SNCF prévoyait d’adapter le matériel actuel à des trajets de longue distance, en proposant un haut niveau de service aux usagers. Le saut qualitatif sera de taille : selon le ministre, « les trains d’équilibre du territoire (ou trains Intercités) avaient entre 35 et 40 ans de moyenne d’âge. Parfois, la SNCF n’était plus en mesure d’assurer le plan de transport des trains Corail. »
Nouvelles dessertes – Les nouvelles rames arriveront lors du dernier trimestre 2015. Les deux annĂ©es qui viennent vont permettre Ă l’Etat de rĂ©flĂ©chir aussi Ă de nouvelles dessertes. « En 2011, la mise en place de la convention d’exploitation entre l’Etat et la SNCF (NDLR : 2011-2013) a repris des dessertes qui mĂ©ritaient d’être revisitĂ©es, afin d’offrir aux usagers une offre mieux adaptĂ©e. Nous souhaitons que d’ici 2025, l’ensemble des Trains d’Equilibre du Territoire soit renouvelĂ©, dans un esprit de complĂ©mentaritĂ© entre les diffĂ©rentes offres. Nous venons d’engager une rĂ©flexion avec l’Association des RĂ©gions de France, pour identifier les TET qui remplissent une fonction TER, et rĂ©ciproquement. »
Renouvellement complet d’ici 2025 – Pour l’heure, cet effort financier va porter sur cinq lignes de province Ă province,- parmi lesquelles Bordeaux-Nantes, Nantes -Lyon, Bourges- Montluçon – , le coĂ»t du renouvellement global Ă l’horizon 2025 s’élevant Ă quelque 1,5 milliard d’euros. Guillaume PĂ©py a rappelĂ© de son cĂ´tĂ© que le rĂ©seau IntercitĂ©s Ă©tait « indispensable au maillage des liaisons ferroviaires », toutes catĂ©gories confondues. Les nouveaux trains seront homologuĂ©s pour rouler Ă une vitesse de 160 km/heure, sur les cinq lignes.
ExpĂ©rimentation en vue – Reste que selon FrĂ©dĂ©ric Cuvillier, « Il n’y aura pas de sĂ©curitĂ© ferroviaire si la SNCF et RĂ©seau ferrĂ© de France n’ont pas de rĂ©elle stratĂ©gie. » En ligne de mire, la rĂ©gĂ©nĂ©ration du rĂ©seau ferrĂ©, et peut-ĂŞtre aussi la volontĂ© des rĂ©gions d’expĂ©rimenter de nouvelles formes de gouvernance. La rĂ©gion Picardie serait ainsi en pĂ´le position pour expĂ©rimenter avec l’Etat de nouvelles dessertes TET-TER qui mènent jusqu’à Paris. « L’expĂ©rimentation n’aura lieu que si les rĂ©gions sont partantes » a rassurĂ© le ministre FrĂ©dĂ©ric Cuvillier. Autre inconnue, le futur financement de l’AFITF, qui apparaĂ®t en pointillĂ© suite au report de l’entrĂ©e en vigueur de l’écotaxe. En annĂ©e pleine, celle-ci devait rapporter Ă l’agence 530 millions d’euros. Et la mise en place par l’AssemblĂ©e nationale le mĂŞme jour (4 dĂ©cembre) de la Commission d’information sur l’écotaxe ne donne pas encore d’indication sur les Ă©ventuels subsides Ă en attendre.
Concurrence – De son cĂ´tĂ©, la FNAUT (FĂ©dĂ©ration Nationale des Associations d’Usagers des Transports) veille au grain : elle vient de demander Ă l’Etat la rĂ©vision de la convention de gestion des services IntercitĂ©s signĂ©e avec la SNCF, et rĂ©clame leur ouverture Ă la concurrence. Son prĂ©sident Jean Sivardière demande « un moratoire sur toutes les suppressions de dessertes envisagĂ©es, et un avenant Ă la convention pour prĂ©parer au plus tĂ´t l’ouverture Ă la concurrence sous forme de dĂ©lĂ©gation de service public, ainsi que la rĂ©vision par l’Etat des modalitĂ©s de financements. » Un tel avenant permettrait d’expĂ©rimenter au plus tard, en 2016, l’ouverture des dessertes Ă la concurrence.
Selon la FNAUT, «outre la diminution des coûts, les nouveaux entrants pourraient apporter des démarches innovantes en matière d’organisation du transport, et de services. » Enfin, cette fédération demande à l’Etat de revoir la répartition des financements de la subvention d’équilibre aux TET : « La taxe d’aménagement du territoire versée par les sociétés autoroutières doit être augmentée et non abaissée de 35 Millions d’euros à 16 millions d’euros, et la contribution de la SNCF doit être allégée, car l’extension des autoroutes sans modernisation du réseau ferré est une des causes de la fragilisation des Intercités. » Une équation complexe pour l’Etat, à un moment où le ministre des transports veut se prémunir pour l’instant contre tout dumping social dans le secteur routier, et planche sur la directive « Détachement ». Le 9 décembre prochain devrait avoir lieu le sommet européen des ministres des affaires sociales sur ce thème.








