Fermer

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Menu

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement

Agriculture

Crise de l’élevage : comment stopper l’hémorragie

Publié le 25/02/2026 • Par Isabelle Verbaere • dans : A la une, France

porc_cochon_elevageAdobeStock_135702295
Adobestock
La souveraineté alimentaire de la France est menacée. Le nombre d’élevages recule de 3,5 % par an. La moitié des exploitants présents en 2020 aura pris sa retraite en 2030. Lorsque deux éleveurs s’installent aujourd’hui, trois d’entre eux partent à la retraite. Comment résoudre cette crise ?

Ma Gazette

Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée

Aucune vache n’est donc présente au Salon international de l’agriculture (SIA), qui a ouvert ses portes le 21 février et les fermera le 1er mars, en raison de la crise sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse. Une première depuis la création de cet événement, il y a plus de soixante ans. Cette maladie virale n’affecte pas l’homme, mais a un impact important sur les exploitations : baisse de la production laitière, de la fertilité, mortalité des ­animaux, freins aux exportations.

Ce n’est pas la première crise qui frappe le secteur de l’élevage en France : depuis 2015, des millions de volailles ont été abattues pour limiter la propagation du virus de la grippe aviaire. Quant aux éleveurs de porcs, ils sont régulièrement percutés par la baisse des cours. Plus de 10 % de baisse, en 2025. Résultat : les cheptels diminuent.

Notre pays a perdu 1 million de vaches en huit ans, selon l’Institut de l’élevage. « On ne sera plus autosuffisants en produits laitiers et en viande dès 2030 », alerte Jean-Louis Peyraud, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), qui préside l’Animal Task Force, groupe européen de réflexion sur la place de l’élevage dans l’agriculture de demain.

La chute de la rémunération des éleveurs est le principal problème. Le solde disponible pour l’­exploitant et les investissements, après le remboursement des emprunts et le paiement des cotisations sociales, s’est effondré de 45 % en Bretagne entre 2022 et 2023. Les exploitations ont un solde négatif de 20 %. Cette ­activité est aussi pointée du doigt, à juste titre, pour ses émissions de gaz à effet de serre, les pollutions de l’eau, de l’air et des sols, les atteintes au bien-être animal.

L’autre modèle agricole

Ces nuisances sont surtout la conséquence de l’inten­sification de l’élevage. « Le nombre d’éleveurs a baissé, mais pas le cheptel, car les exploitations se sont agrandies, expose ­Véronique Martin-Morvan élue (LR) chargée du plan « bocage » du département de la Manche. Dans les années 70, le nombre moyen des cheptels s’élevait à 30 bovins. Aujourd’hui, on compte 150 vaches laitières dans une ferme. »

Toutefois, il subsiste, en France, un autre modèle agricole, celui de la polyculture-élevage, qui ­combine cultures végétales et production animale sur une même exploitation, et dont les performances envi­ron­nementales sont élevées, en ­particulier pour l’élevage herbager et pâturant.

Ces exploitations à taille humaine favorisent le maintien des prairies, des haies et des zones humides : autant d’écosystèmes qui stockent du carbone, accueillent la biodiversité, préviennent inondations et coulées de boue, protègent les captages d’eau des pollutions chimiques…

Elles font également vivre les territoires ruraux, en y mobilisant beaucoup plus d’emplois que les grandes cultures. « Ce modèle agricole revalorise l’image de l’élevage. C’est important pour que des jeunes prennent la relève », analyse Franck Hufschmitt, directeur « gestion durable » des bassins versants du ­syndicat des eaux et de l’assainissement Alsace-Moselle (744 communes, 1,08 million d’hab.).

Des rémunérations incitatives recherchées

Malheureusement, le nombre de ces fermes fond au rythme de 3,3 % par an parce qu’elles sont de moins en moins rentables. « Le rôle des collectivités territoriales s’avère dès lors crucial pour réfléchir à des rémunérations incitatives versées aux éleveurs “pour services environnementaux” et soutenir les petits exploitants », insiste Jean-Louis Peyraud.

Les régions, qui assurent la gestion du Fonds ­européen agricole pour le développement rural (­Feader) et qui cofinancent les mesures y étant adossées, comme les aides à l’installation et à l’investis­sement des nouveaux éleveurs, sont en première ligne. « L’élevage est à appréhender comme une ­solution et non comme un problème », estimait Patricia Maussion, élue (Union centriste) à la commission « agriculture » du conseil régional des pays de la Loire à l’occasion des rencontres régionales Grand-Ouest, organisées par Terres en villes, le 6 juin dernier.

« Nous conditionnons ces aides à l’adaptation au changement climatique et aux performances envi­ronnementales », détaille Loïg Chesnais-Girard, ­président (ex-PS) de la région Bretagne. « Par ailleurs, les bâtiments doivent répondre à différentes règles pour améliorer le ­bien-être animal, ce qui représente un coût. Il y a un équilibre à trouver pour que l’exploitant puisse vivre de son travail. » En clair : les consommateurs doivent comprendre que le prix de la viande entre dans l’équation.

Aujourd’hui, les planètes semblent s’aligner. « Les ­éleveurs sont mieux rémunérés qu’il y a trois ans, car les importations de viande venue des pays de l’Est sont moins importantes, observe Franck Hufschmitt. Ce qui nous aide à ­engager des actions en faveur de la protection de la ressource en eau. »

Plus de bergers dans les campagnes

« La Besace de la commune pastorale » est un guide pratique élaboré par Alès agglo dans le cadre de son projet alimentaire territorial (PAT). Le but : faciliter l’installation d’un berger ou le passage de troupeaux sur les communes. « Ce guide, décliné en ateliers de formation en 2024, répond aux questions que se posent les élus sur le pastoralisme », développe Cécile Braud, responsable du service « ruralité ».

« Quatorze communes y ont parti­cipé et une vingtaine d’élus. C’est encourageant, car ce sujet n’est pas prioritaire pour eux. » La commune de Cendras (1 600 hab.) a ainsi décidé de défricher une parcelle dont elle est propriétaire, afin qu’un éleveur voisin y fasse pâturer ses brebis. Des travaux subventionnés à 50 % dans le cadre d’un fonds de concours du PAT. « Euzet-les-Bains [510 hab.] a aussi souhaité bénéficier d’un diagnostic pastoral afin de savoir quels animaux et combien de têtes étaient susceptibles de se nourrir sur ses terres en friches, ajoute Cécile Braud. Financé à 100 % par l’agglo, ce diagnostic sera mené par la responsable “pastoralisme” de la chambre d’agriculture du Gard, avec laquelle nous avons conventionné. »

Contact : Cécile Braud, responsable du service « ruralité ; cecile.braud@alesagglo.fr

Réagir à cet article
shadow
marche online

Aujourd'hui sur les clubs experts gazette

Nos services

Prépa concours

CAP

Évènements

Gazette

Formations

Gazette

Commentaires

Crise de l’élevage : comment stopper l’hémorragie

Votre e-mail ne sera pas publié

Les informations à caractère personnel recueillies font l’objet d’un traitement par La Gazette des Communes du Groupe Moniteur S.A.S, RCS Créteil 403 080 823. Elles sont uniquement nécessaires à la gestion de votre commentaire à cet article et sont enregistrées dans nos fichiers. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Déjà inscrit(e) ?

Mot de passe oublié ?

Identifiant et/ou mot de passe non valides

Nous n’avons pas reconnu votre email, veuillez indiquer un email valide, utilisé lors de la création de votre compte.

Un message avec vos codes d'accès vous a été envoyé par mail.

Pas encore inscrit(e) ?

Inscrivez-vous pour accéder aux services de LaGazette.fr et à la gestion de vos Newsletters et Alertes.

M'inscrire gratuitement