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Protection de l'enfance

Protection de l’enfance : face aux accusations de M6, les dĂ©partements se dĂ©fendent

Publié le 20/01/2020 • Par Mariette Kammerer • dans : A la une, Actu prévention sécurité, France

protection-enfant-enfance
geralt / Pixabay PublicDomain
Viol, prostitution, éducateurs sans aucun diplôme... C'est un documentaire à charge qu'a diffusé, dimanche 19 janvier, M6 dans son émission Zone interdite. Les départements, en charge de la protection de l'enfance, rejettent l'idée d'une omerta et dénoncent le manque de moyens.

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Encore un documentaire Ă  charge sur l’aide sociale Ă  l’enfance. Le reportage diffusĂ© par M6 le 19 janvier a Ă©tĂ© tournĂ© en partie en camĂ©ra cachĂ©e par des journalistes infiltrĂ©s dans des foyers de l’Aide sociale Ă  l’enfance (ASE). Que montre-t-il ? Des jeunes « livrĂ©s Ă  eux-mĂŞmes », des conditions d’hygiène indignes, des scènes de violence et nĂ©gligences quotidiennes, et des personnels Ă©ducatifs « qui ont baissĂ© les bras ». Les journalistes de M6 s’y sont faites embaucher sans diplĂ´me.

Dans un foyer de CĂ´te d’Or, des filles de 12 ans fuguent et se prostituent sans dĂ©clencher de signalement au conseil dĂ©partemental ni Ă  la justice. Dans le Vaucluse, ce système de prostitution serait mĂŞme « organisĂ© », sans rĂ©action du conseil dĂ©partemental. Les personnels Ă©ducatifs, en sous-effectifs et pas toujours qualifiĂ©s, sont dĂ©sarmĂ©s face aux troubles du comportement d’enfants relevant d’une prise en charge psychiatrique. Dans un foyer de la Somme, un enfant « prĂ©dateur sexuel » aurait sĂ©vi pendant des annĂ©es, alors que ses agissements Ă©taient connus. Le seul « bon Ă©lève » du reportage est un foyer du Bas-Rhin, filmĂ© Ă  visage dĂ©couvert, qui met en place du soin et de la mĂ©diation animale, mais est nĂ©anmoins obligĂ© de faire du « sur-booking » pour boucler son budget, faute de financements suffisant.

La Seine-Saint-Denis pas concernée

Mise en cause dans le documentaire, la Seine-Saint-Denis rĂ©cuse les accusations et affirme qu’aucune structure ASE du 93 n’est concernĂ©e par le reportage.

Pas d’omerta

Au lendemain de la diffusion, les dĂ©partements incriminĂ©s ont rĂ©pondu. Le prĂ©sident de CĂ´te d’Or, François Sauvadet, interviewĂ© dans le reportage, admet dans un communiquĂ© que « les règles de signalement d’incidents graves n’ont pas Ă©tĂ© respectĂ©es », mais explique avoir, suite Ă  l’interview,  engagĂ© plusieurs missions d’inspection dans ce foyer, rappelĂ© Ă  l’ordre les dirigeants de l’association gestionnaire et demandĂ© des sanctions. Il a par ailleurs demandĂ© « une enquĂŞte sur les faits prĂ©sumĂ©s de prostitution et prĂ©sence de stupĂ©fiants » et portĂ© plainte. Dans la Somme, le CD et la PrĂ©fecture expliquent que la MECS de Valloires, mise en cause dans le reportage, a fait l’objet en juin 2019 d’une « inspection » et d’une « mise sous administration provisoire ». Et qu’une instruction judiciaire est en cours concernant le cas de l’enfant mentionnĂ©.

L’ADF se dit « fortement choquĂ©e » par ces tĂ©moignages, mais « rĂ©cuse les mĂ©thodes de M6, la prĂ©tendue omerta des dĂ©partements, et la mise en cause très violente des personnels Ă©ducatifs ». Elle rappelle que les dĂ©partements sont « seuls pour prendre en charge les mineurs placĂ©s », dont le nombre ne cesse d’augmenter, entraĂ®nant « une saturation des structures ». L’association d’Ă©lus demande « un contrat tripartite entre l’Etat, les dĂ©partements et le secteur associatif ». Par ailleurs, afin de mieux prendre en charge les enfants souffrant de troubles psychiques, « soit un quart des enfants placĂ©s », l’ADF rĂ©clame « la mise en place d’un programme d’Etat pour la pĂ©dopsychiatrie ».

Des contrĂ´les effectuĂ©s par l’Etat ?

Du cĂ´tĂ© du secrĂ©tariat d’Etat en charge de la protection de l’enfance, aussi, le documentaire a fait rĂ©agir. Le secrĂ©taire d’Etat Adrien Taquet s’est entretenu avec le prĂ©sident d’ADF et les six prĂ©sidents concernĂ©s pour faire « toute la lumière » sur les faits mentionnĂ©s : « Les prĂ©sidents de CD seront sollicitĂ©s dans les prochains jours pour faire part des contrĂ´les rĂ©alisĂ©s dans leurs Ă©tablissements », prĂ©cise-t-il dans le communiquĂ©. Les CD devront transmettre aux PrĂ©fets leur plan dĂ©partemental annuel de contrĂ´le des Ă©tablissements. « En cas de dĂ©faillance, l’Etat Ă©laborera ses propres contrĂ´les, complĂ©mentaires, qui seront menĂ©s par les PrĂ©fets et l’inspection gĂ©nĂ©rale des affaires sociales », a prĂ©cisĂ© Adrien Taquet dans une interview Ă  la Croix.

La revendication d’un « plan de contrĂ´le annuel », dont « l’Etat serait le garant », est partagĂ©e par le Gepso, qui reprĂ©sente les Ă©tablissements publics sociaux et mĂ©dicosociaux.

Fixation d’un taux d’encadrement

Adrien Taquet vĂ©rifiera en outre « que chaque conseil dĂ©partemental dispose bien d’une procĂ©dure de signalement » au PrĂ©fet de tout Ă©vĂ©nement grave survenu dans un Ă©tablissement. Par ailleurs, il souhaite fixer un taux d’encadrement dans ces lieux d’accueil, et ajouter cette norme Ă  la stratĂ©gie Protection de l’enfance. Concernant la faiblesse des rĂ©ponses psychiatriques, il indique que « 20 millions d’euros seront consacrĂ©s en 2020 aux prises en charge mĂ©dicosociales des enfants de l’ASE ».

Annonces insuffisantes selon Lyes Louffok, ancien enfant placĂ© et auteur du livre « Dans l’enfer des foyers », qui demande « la crĂ©ation d’une agence nationale indĂ©pendante de contrĂ´le, et d’un fichier de recensement des agrĂ©ments des familles d’accueil ». Un communiquĂ© signĂ© par six organisations de protection de l’enfance(1) plaide pour « une politique publique ambitieuse en faveur de l’enfance avec de rĂ©els moyens d’action ».

Thèmes abordés

Notes

Note 01 Apprentis d’Auteuil, CNAPE, GEPSo, Nexem, Uniopss, SOS Villages d’Enfants Retour au texte

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Commentaires

Protection de l’enfance : face aux accusations de M6, les dĂ©partements se dĂ©fendent

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Caro

22/01/2020 02h16

Waouh ça fait froid dans le dos
Les enfants sont précieux et il faudrait beaucoup plus de sérieux dans les foyers qui les accueillent
L état devrait réagir et permettre à ses enfants sans famille à être bien entourés et surtout que l on leur donne de bonne base pour leur future vie et pour les enfants plus difficile des spécialistes devraient être là
C est quoi ce système français ou l on maltraitre des enfants qui sont déjà en souffrance au lieu de foutre de l argent par les fenêtres l état devrait faire tout ce qu il faut pour ses jeunes

Et surtout pour les foyers qui ne suivent pas les règles de bien être pour ses jeunes en taules direct
ArrĂŞtons de jouer avec la vie des enfants
Pensons Ă  leur avenir un enfants n est pas un objet avec lequel on joue et que l on profite
Un enfant C est un être humain un futur adulte les foyers devraient être là pour leur épanouissement et non pour les détruire
Une maman écoeurée de ce système

Izzie

04/10/2020 08h15

Pour une fois que L’ASE est mise en cause, il faut bien qu’elle se dĂ©douane.
L’ASE, supposĂ©e venir en aide aux enfants mais qui est invertie d’une seule mission : celle de dĂ©truite la vie de milliers d’enfants et de familles par des rapports mensongers.
Un enfant placĂ© rapporte Ă  L’ASE par mois environ 6000 euros. On comprend mieux leur intĂ©rĂŞt de les garder sous leur coupe jusqu’Ă  la majoritĂ© puis elle met Ă  la rue ses pauvres enfants qui ont tellement souffert de la sĂ©paration de leur famille, des maltraitances, agressions sexuelles ou viols au sein mĂŞme des foyers ou des familles d’accueil. Pour peu que la jeune fille violĂ©e tombe enceinte, l’ASE ne dit rien aux familles, de peur d’ĂŞtre inquiĂ©tĂ©e par la justice pour defaillance ou complicitĂ©.
L’ASE est Ă  la fois, procureur de la rĂ©publique, juge d’instruction, juge des enfants. Comment voulez vous qu’une famille qui a Ă©tĂ© acculĂ©e par des rapports Ă  charge, puisse un jour espĂ©rer retrouver sa progĂ©niture.
C’est un scandale d’Ă©tat et je ne comprends pas, qu’au 21 eme siècle, des enfants soient encore maltraitĂ©s au sein mĂŞme de l’ASE, sans que l’Ă©tat rĂ©agisse.

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