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Démocratie participative

Grenoble lance un droit d’interpellation « qui donne du pouvoir d’agir »

Publié le 25/01/2016 • Par Séverine Cattiaux • dans : Régions

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Sabine Klein - Fotolia
Ce samedi 23 janvier, lors des Assises citoyennes (acte 2), l’équipe municipale de Grenoble, conduite par le maire EELV Eric Piolle, a lancé l’une des mesures phares de son mandat : un droit d’interpellation.

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Le nouveau « droit d’interpellation » grenoblois, imaginé par la Ville de Grenoble, a été baptisé « dispositif d’interpellation et de votation d’initiatives ». Il devrait être voté lors du conseil municipal du 29 février prochain. Ses modalités sont particulièrement audacieuses. « Le système a été pensé pour être engageant, afin qu’il donne du pouvoir d’agir » expliquait Pascal Clouaire, adjoint à la démocratie locale, samedi 23 janvier, lors des Assises Citoyennes (acte 2). « Il y a deux chiffres clés à retenir : 2000 et 20 000 » poursuit-il. Pour qu’une pétition soit prise en compte, son auteur devra réunir seulement 2000 signatures. L’objet de la pétition (qui devra relever des compétences de la Ville) est ensuite débattu au conseil municipal. A partir de là, « deux possibilités seulement, pas d’échappatoire» : soit le conseil accepte la mesure et propose une délibération dans les trois mois, soit le conseil municipal ne veut pas s’engager et soumet cette question aux Grenoblois par une votation citoyenne. Pour que le projet soit adopté, les porteurs de l’objet de la votation devront récolter 20 000 voix majoritaires. « La spécificité et la force de notre droit d’interpellation est de lier un système de pétition à un système de votation », insiste l’adjoint.

Mobilisation imprévisible

« C’est une mesure extrĂŞmement ouverte et qui fait sens », commente LoĂŻc Blondiaux, professeur de sciences politiques et expert de la dĂ©mocratie participative. Le chiffre des 20 000 voix n’a en effet pas Ă©tĂ© choisi au hasard. Il correspond au nombre de voix obtenues par l’équipe municipale, au deuxième tour des dernières Ă©lections. Ce chiffre sera encore plus facilement atteignable par les porteurs d’initiatives, car tout habitant Ă  Grenoble, de plus de 16 ans pourra voter. Ne cachant pas son a priori positif devant l’innovation grenobloise, LoĂŻc Blondiaux Ă©met toutefois deux rĂ©serves : « A-t-elle Ă©tĂ© parfaitement verrouillĂ© juridiquement ? ». Il semblerait que oui, mais la mise en Ĺ“uvre le confirmera. Sa seconde crainte porte sur la mobilisation : «Dans un contexte d’absentĂ©isme fort, le risque serait qu’au final, il n’y ait qu’une trop faible participation et que les 20 000 voix ne soient pas atteints. Il faudra veiller Ă  organiser le dĂ©bat ! ». Pour Pascal Clouaire, rien est Ă©crit Ă  l’avance : « Mais les gens ont plutĂ´t tendance Ă  s’informer et Ă  se mobiliser, quand ils voient que cela sert Ă  quelque chose ! ». Par ailleurs, une seule journĂ©e par an sera consacrĂ©e au vote de tous les sujets de votation de l’annĂ©e, ainsi qu’au choix des projets du budget participatif – de sorte Ă  concentrer la mobilisation citoyenne.

« On va recueillir des propositions et aussi des problèmes ! »

Il n’est pas non plus à exclure que des mesures validées par le suffrage populaire, soient en contradiction avec le projet écologique plutôt tourné vers la sobriété de l’actuelle majorité grenobloise. Le comble étant que ces propositions entérinées par la votation, pèseront dans les finances, par ailleurs en piteux état de la Ville… La municipalité a anticipé l’épineuse question du financement des initiatives qui vont lui être soumises. « Si par exemple l’objet de la pétition ayant recueilli 2000 signatures est de “mettre partout des caméras de vidéosurveillance”. Cela aurait un coût ! Et ce n’est évidemment pas une mesure que soutient notre majorité ! Le financement de cette opération serait mis au débat durant la période précédant la votation. Notre majorité se prononcerait aussi sur la manière dont pourrait être financée cette mesure. Les Grenoblois voteront ainsi en connaissance de cause…». L’équipe d’Eric Piolle préfère miser sur « l’intelligence collective ». « Seule la démocratie peut défaire ce que la démocratie a faite », lance sentencieusement Pascal Clouaire. Si nous voulons donner du pouvoir d’agir aux habitants, il faut que nous sortions de notre zone de confort. Donc on va recueillir des propositions et aussi des problèmes. »

Les règles du jeu pourront évoluer…

Cyril Lage, créateur de Parlement & Citoyens et co-fondateur de Démocratie Ouverte se dit naturellement partisan de ce type de dispositif. Ce qui ne l’empêche pas d’en percevoir déjà les travers : « Les groupes d’intérêts extrêmement bien structurés vont instrumentaliser ce droit. Cela peut être la porte ouverte à faire passer tout ce qu’on veut. » Rompu aux systèmes de démocratie participative, il détecte une autre faille plus problématique pour la cohésion sociale : « Etant donné que l’objet de la pétition, de fait, n’évoluera pas jusqu’à la votation, on ne sera pas dans la co-construction, mais plutôt dans le clivage. Les gens feront bloc contre bloc …» Aucun outil de démocratie participative n’est parfait. « L’équipe municipale ne s’interdira pas de faire évoluer les règles du jeu, si cela s’avérait nécessaire », lâchait Pascal Clouaire, lors de la conférence de presse.

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Commentaires

Grenoble lance un droit d’interpellation « qui donne du pouvoir d’agir »

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mudo 13

26/01/2016 12h10

Belle proposition , trés démocratique, Grenoble rassemble les citoyens autour de projets
et ne leur offre pas des impasses…

AUBERT

29/01/2016 07h19

Démarche intéressante, démocratique ou chaque citoyen aura un rôle à jouer et pourra participer activement à la vie de sa commune et porter en avant des projets validés par la population.
Certes des dĂ©marches existent concernant la participation de la population Ă  la vie citoyenne, mais ont- elles Ă©tĂ© efficaces, je ne crois pas Ă  la vue du dĂ©sintĂ©ressement de la politique (faible taux de participation aux Ă©lections, confiance diminuĂ©e en aux politique,…). Cette dĂ©marche est basĂ© sur la politique locale, pour les citoyens locaux, et par des citoyens locaux. Allons aux rĂ©sultats pour en juger l’efficacitĂ©.

Marc 34

03/02/2016 09h28

Très belle idĂ©e et très belle initiative. Une fois de plus Grenoble innove. Qu’en pense le maire de Montpellier, grand dĂ©fenseur de l’initiative citoyenne?
Chiche!

BACHAUD

06/02/2016 12h22

Yvan Bachaud
Yvan Bachaud le vĂ©ritable clivage c’est ceux qui veulent rĂ©ellement mettre fin Ă  l’impuissance politique des citoyens, et pour cela il n’y a que deux moyens: RĂ©fĂ©rendum d’initiative citoyenne en toutes matières dans l’art. 3 Constituante TAS intĂ©gral sur les listes Ă©lectorales ET il faudra le prouver dans la rue et ĂŞtre des millions… Le CLIC va bientĂ´t collecter des promesses de manifestations pour voir si le dĂ©part peut -ĂŞtre lancĂ©… Les 82 Ă  88% de citoyens pro RIC devront ĂŞtre informĂ©s de cet appel et y rĂ©pondre..

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