La dernière Ă©dition du baromètre de la communication intercommunale(1), rĂ©alisĂ© tous les deux ans depuis 2008 Ă l’initiative de l’AssemblĂ©e des communautĂ©s de France (AdCF) et diffusĂ© ce vendredi 10 avril, permet de constater que la fonction communication des interco est parvenue Ă une certaine maturitĂ© en termes de moyens. Aujourd’hui, 100 % des communautĂ©s de plus de 35 000 habitants disposent d’un service dĂ©diĂ© lĂ oĂą elles n’Ă©taient encore qu’une moitiĂ© en 2008. Egalement, les Ă©quipes se sont Ă©toffĂ©es passant, en moyenne, de 2,31 ETP en 2013 Ă 2,9 en 2015.
Disparités entre territoires urbains et ruraux
Mais cette dynamique cache de grandes disparitĂ©s selon que l’on observe, d’un cĂ´tĂ©, les communautĂ©s de communes, et, de l’autre, les agglos, communautĂ©s urbaines et mĂ©tropoles. Ainsi, pour les communautĂ©s de moins de 15 000, seules 44 % d’entre elles disposent d’un service de communication, parfois composĂ© d’un unique agent, avec mĂŞme dans certains cas un DG en charge de la communication, alors que pour le second groupe, le service peut compter jusqu’Ă 8 personnes. On retrouve ce mĂŞme grand Ă©cart quand on compare les budgets, allant de moins de 10 000 euros (pour 3 % des sondĂ©s) Ă plus de 500 000 euros (pour 13 % des sondĂ©s).
Régime minceur
Bien que disparates, ces Ă©quipes sont confrontĂ©es Ă la mĂŞme rĂ©alitĂ©, celle de la restriction budgĂ©taire. La majoritĂ© des responsables de service s’attendent Ă une stagnation ou Ă une rĂ©duction de leur budget dans les deux ans Ă venir, en particulier dans les communautĂ©s de grande taille. Les intercos ont dĂ©jĂ adoptĂ© des stratĂ©gies guidĂ©es par la contrainte, misant notamment sur la communication opĂ©rationnelle, rĂ©putĂ©e plus Ă©conomique, parfois aux dĂ©pends de la communication institutionnelle. « Nous sommes plutĂ´t sur une communication de proximitĂ© Ă travers des rĂ©unions publiques qui n’ont pas un coĂ»t consĂ©quent », tĂ©moigne Anne Blanc, prĂ©sidente de la communautĂ© de communes du Naucellois (Aveyron, 10 communes, 5 300 hab.). Pour Charles-Eric Lemaignen, prĂ©sident de la communautĂ© d’agglomĂ©ration OrlĂ©ans Val de Loire (22 communes, 275 100 hab.), ces contraintes « obligent Ă la crĂ©ativitĂ© ». La communautĂ© d’agglo n’a supprimĂ© aucun support mais a procĂ©dĂ© Ă des repositionnements, « avec une logique de territoire ». Son trimestriel est devenu un tirĂ© Ă part distribuĂ© avec le mensuel de la ville-centre, OrlĂ©ans.
Cibles mouvantes
A qui s’adresse la communication des intercos ? En 2015, encore et toujours en prioritĂ© aux habitants. Et l’objectif n’a pas non plus Ă©voluĂ©. Comme hier, il s’agit de rendre claire et lisible l’action de l’interco au regard des compĂ©tences qui ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©es alors mĂŞme que les habitants ne font pas toujours la diffĂ©rence entre les messages municipaux et communautaires. Les entreprises et les touristes sont Ă©galement visĂ©s par une stratĂ©gie de marketing territorial qui se met en place progressivement. Le principal changement de cible concerne les agents, qui ne sont plus classĂ©s qu’en 8ème position sur la liste des publics prioritaires, loin derrière les mĂ©dias ou les Ă©lus communautaires, quand ils Ă©taient en 4ème position en 2011. Sandrine Guirado, responsable de la communication de l’AssemblĂ©e des communautĂ©s de France, analyse cette Ă©volution : « en 2011, la carte intercommunale Ă©tait en plein chamboulement, avec de nombreuses fusions, ce qui engendrait un important devoir d’explication auprès des agents. Aujourd’hui, les Ă©lus se concentrent sur une communication de dĂ©but de mandat. »
Collaboration mais pas unification
Un peu plus engagĂ©e du cĂ´tĂ© des communautĂ©s de grande taille, la mutualisation des services de communication entre communes est encore, en moyenne, timide, tout en Ă©tant envisagĂ©e comme un projet Ă moyen terme. « Par contre, on observe des formes de collaboration entre les Ă©quipes de plusieurs communes. Les communicants vont partager des outils – avec une prĂ©fĂ©rence pour le partage d’un site Internet -, s’associer sur des actions Ă©vĂ©nementielles… », souligne Sandrine Guirado, qui ajoute : « on peut relever que pour d’autres types de service, comme les RH, les agents ont commencĂ© par travailler ensemble avant d’ĂŞtre rĂ©unis au sein d’une mĂŞme unitĂ©. » Mais qui dit partage d’outils ne veut pas forcĂ©ment dire unification de la communication entre communes, qui ne semblent par encore prĂŞtes Ă renoncer Ă leur identitĂ© propre et Ă parler d’une mĂŞme voix.
A travers ce baromètre, les communicants livrent leur feuille de route pour cette annĂ©e 2015 : soumis Ă la tourmente de la rĂ©forme, ils misent sur la pĂ©dagogie et une reprĂ©sentation de l’intercommunalitĂ© qui passe avant tout par les services.
Références
Thèmes abordés
Notes
Note 01 Le baromètre de la communication intercommunale est établi tous les deux ans depuis 2008 par l'AdCF et l'agence Epiceum en partenariat en 2015 avec l'institut d'études Occurrence et Cap'Com. Cette 4ème enquête a été réalisée en février 2015 auprès de 2 134 communautés. Retour au texte








