Cet amendement, acceptĂ© en commission mais qui devra ĂŞtre tout de mĂŞme votĂ© dans l’hĂ©micycle lors du dĂ©bat public, laisserait ainsi la porte ouverte Ă des fusions de rĂ©gions qui ne seraient pas rĂ©alisĂ©es dans la nouvelle carte soumise aux dĂ©putĂ©s, faute de consensus Ă ce stade.
CensĂ© dĂ©marrer mardi soir, l’examen du projet de loi en sĂ©ance ne devrait dĂ©buter finalement que mercredi en fin d’après-midi. Plus de huit heures de discussion gĂ©nĂ©rale initiale Ă©tant prĂ©vues, le dĂ©bat sur les amendements et la nouvelle carte des rĂ©gions ne devrait pas avoir lieu avant jeudi après-midi.
Dans la nouvelle carte dessinĂ©e et approuvĂ©e par les seuls dĂ©putĂ©s socialistes mardi, trois rĂ©gions, Bretagne, Pays-de-la-Loire et Centre, restent seules, faute de consensus sur une fusion Bretagne-Pays-de-la-Loire ou une fusion Pays-de-la-Loire-Centre dès aujourd’hui. « Il faut que la logique puisse aller Ă son terme si le dĂ©bat parlementaire ne le permettait pas », a rĂ©sumĂ© M. Da Silva.
La fusion serait validĂ©e par le lĂ©gislateur après une dĂ©libĂ©ration concordante des deux conseils rĂ©gionaux concernĂ©s et l’avis des conseils gĂ©nĂ©raux. Comme pour le droit d’option pour les dĂ©partements (celui de quitter une rĂ©gion pour une autre), cette possibilitĂ© serait ouverte entre 2016 et 2019, c’est-Ă -dire après les Ă©lections rĂ©gionales reportĂ©es par le projet de loi de mars Ă dĂ©cembre 2015 et avant les suivantes prĂ©vues en mars 2020.
Le rapporteur a dĂ©posĂ© un autre amendement pour supprimer le plafond des 150 Ă©lus prĂ©vus dans les nouvelles rĂ©gions pour Ă©viter que certaines grandes rĂ©gions comme l’Ile-de-France (209 Ă©lus aujourd’hui) ou la future Auvergne-RhĂ´ne-Alpes (204 Ă©lus) perdent des Ă©lus.
« A partir du moment oĂą on fait des grandes rĂ©gions, oĂą on leur donne plus de compĂ©tences et oĂą on veut supprimer les conseils gĂ©nĂ©raux, cela n’a pas de sens de rĂ©duire le nombre d’Ă©lus rĂ©gionaux », a indiquĂ© M. Da Silva. Un moyen, aussi, de ne pas froisser davantage les dĂ©putĂ©s disposant Ă©galement d’un mandat rĂ©gional ainsi que ceux se considĂ©rant davantage comme reprĂ©sentants de leurs terre d’Ă©lection qu’Ă©lus de la nation.
La carte des régions du PS fait réagir dans tous les camps politiques
La nouvelle carte des rĂ©gions proposĂ©e par les dĂ©putĂ©s socialistes continue de faire des remous… au PS. Alors que la grogne s’est Ă©teinte dans le sud-ouest, avec le rattachement du Poitou-Charentes au Limousin et Ă l’Aquitaine, elle vient maintenant des Ă©lus PS du Nord qui, sous la houlette de la maire de Lille Martine Aubry, pointent « l’aberration Ă©conomique et sociale » de la fusion du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, en lieu et place de la fusion Picardie-Champagne-Ardenne, aussi peu populaire.
A moins que cela ne soit le risque de basculement de cette future région – soutenue tant bien que mal par les députés PS de Picardie, une majorité de ceux du Pas-de-Calais, ainsi que des élus UMP des deux régions, tout comme leurs habitants selon des sondages – aux mains du Front national lors des prochaines régionales qui les inquiète.
La fusion post-2016 pour les calmer – Les dĂ©putĂ©s PS du Centre, laissĂ© seul faute de partenaire, se montrent Ă©galement déçus. D’oĂą la porte ouverte par l’amendement de Carlos Da Silva Ă des rapprochement Ă l’avenir, après l’entrĂ©e en vigueur de la carte.
Au final, « il y a moins de mĂ©contents aujourd’hui qu’il n’y en avait hier, c’est la bonne carte qui suscite la plus grande adhĂ©sion, au sein du groupe majoritaire et au-delĂ », estime l’orateur du groupe PS, SĂ©bastien Denaja.
A l’UMP, si certains dĂ©putĂ©s satisfaits des modifications indiquaient qu’ils pourraient s’abstenir, voire voter pour la rĂ©forme le 23 juillet prochain, le mot d’ordre restait Ă la critique de « l’improvisation » de la rĂ©forme. « Il est aberrant que nous soyons ballotĂ©s au grĂ© des ciseaux des dĂ©putĂ©s PS », a ainsi dĂ©noncĂ© l’ancien ministre HervĂ© Novelli, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Association des Élus RĂ©gionaux de France (AERF) qui regroupe les Ă©lus locaux UMP.
Petits calculs Ă©lectoraux sans logiques – « Ce que je regrette une fois de plus, c’est l’improvisation. La discussion est en cours au parlement et la carte change Ă la suite d’une rĂ©union dans un parti politique qui est le parti majoritaire actuellement. Mais le dĂ©coupage administratif de notre pays ne peut pas rĂ©sulter de petits calculs Ă©lectoraux ou politiciens mais d’une rĂ©flexion suffisamment longue et approfondie, avec une logique gĂ©ographique, socio-Ă©conomique qui soit confrontĂ©e aux rĂ©alitĂ©s de notre temps. Ce n’est pas du tout le cas, hĂ©las! », a pour sa part dĂ©clarĂ© M. Accoyer, ancien prĂ©sident UMP de l’AssemblĂ©e Nationale, sur RFI.
Plus que l’improvisation, c’est la soumission du gouvernement qu’a soulignĂ© Florian Philippot et le Front national. « Je suis contre cette landĂ©risation. Je suis contre parce que d’abord, je sais de qui ça vient et ils devraient avoir l’honnĂŞtetĂ© de le dire: ça vient de Bruxelles. demande Ă ce que la France se landĂ©rise, Ă ce qu’il y ait de grosses rĂ©gions, de grosses baronnies ».
Une rĂ©forme contre le modèle rĂ©publicain ? – Or « la France n’est pas un Etat fĂ©dĂ©ral, c’est une RĂ©publique une et indivisible et c’est un Etat qui a besoin d’unitĂ© nationale. » « Nous considĂ©rons que le modèle rĂ©publicain doit s’appliquer, c’est-Ă -dire le triptyque commune-dĂ©partement-Etat. Aux dĂ©partements et aux communes la proximitĂ©, Ă l’Etat le stratĂ©gique », a estimĂ© le dĂ©putĂ© europĂ©en.
Or avec la rĂ©forme actuellement en examen, « on aura des super rĂ©gions qui seront super coĂ»teuses », « plus loin des citoyens » et ce sera « très mauvais pour la ruralitĂ© française et les villes moyennes car elles seront encore plus loin des centres de dĂ©cision » a poursuivi le vice-prĂ©sident du FN.
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