Dès le prologue de l’acte III de la décentralisation, Alain Rousset avait exprimé ses doutes devant les conférences territoriales de l’action publique. Son scepticisme se transforme en défiance.
« C’est au législateur de répartir les compétences entre les collectivités », considère-t-il. Les conférences territoriales, à ses yeux, constituent un aveu d’échec. « Elles vont favoriser l’émiettement, la dispersion et le chevauchement des responsabilités, dans des secteurs, la transition énergétique par exemple, où on sait qui fait quoi. L’administration publique coûtera plus cher. L’Etat, qui sera invité dans ces débats, reprendra la main. C’est toute la perversité de ce texte », tranche le patron de l’Association des régions de France.
Le spectre des « petits sĂ©nats »… – Au contraire de ses collègues prĂ©sidents d’associations d’élus, Alain Rousset ne veut pas de « ces petits sĂ©nats ». « Les rĂ©gions sont très critiques. Ce texte est très inquiĂ©tant », rĂ©pète le prĂ©sident de l’Aquitaine.
Déjà , dans un courrier rendu public le 18 décembre, son collègue (PS) de Rhône-Alpes s’était montré sévère envers l’avant-projet de loi concocté par la ministre en charge de la Décentralisation, Marylise Lebranchu.
« Toute ambition politique a disparu au profit d’un empilement de dispositions techniques sans réelle cohérence d’ensemble », jugeait Jean-Jack Queyranne. A mesure que circulent les documents de travail, notes de synthèse, et versions de l’avant-projet de loi, ce mécontentement grandit.
… et de la compĂ©tition avec les mĂ©tropoles – Fait nouveau, le chapitre Ă©conomique du texte ne trouve plus grâce aux yeux de l’Association des rĂ©gions de France. Alain Rousset pointe, notamment, des ambiguĂŻtĂ©s sur le rĂ©gime des aides aux entreprises.
« Certaines grosses agglomérations veulent tout prendre. Cette volonté un peu impérialiste fait courir le risque d’une compétition entre les territoires », met-il en garde.
« Dans le même temps, Bercy veut que nous transférions toutes nos aides aux entreprises à la banque publique d’investissement. Ce serait un recul terrible », avertit-il. Le président de l’ARF en appelle, désormais, « au Premier ministre et au Président de la République ».
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