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Décentralisation

François Hollande veut confier aux régions le pouvoir d’adapter les lois

Publié le 05/03/2012 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

Sans bousculer l’architecture territoriale, le candidat socialiste a souhaité, le samedi 3 mars 2012 à Dijon, que les régions puissent disposer de l’arme réglementaire et gérer directement les fonds structurels européens.

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La décentralisation divise les candidats

A l’occasion d’un discours-fleuve finalement consacré à l’ensemble des institutions, François Hollande en a dit un peu plus sur la « nouvelle étape de la décentralisation » chère au PS. Les régions apparaissent comme les principales bénéficiaires de la loi « Responsabilité et confiance » sur « les territoires de la République » qu’il entend voir discutée « avant la fin de l’année ».

Vers une rĂ©vision constitutionnelle ? – Dans leur arsenal : « un pouvoir règlementaire leur permettant d’adapter la loi nationale aux rĂ©alitĂ©s du territoire ». « Il reviendra au Parlement d’en dĂ©cider Ă  l’occasion de chaque loi », prend soin de prĂ©ciser le favori des sondages. La constitutionnalitĂ© de cette mini-rĂ©volution prĂ´nĂ©e par l’Association des rĂ©gions de France (ARF) demeure incertaine. Dans une dĂ©cision du 17 janvier 2002, le Conseil constitutionnel avait censurĂ© l’octroi du pouvoir d’adaptation lĂ©gislative Ă  la collectivitĂ© territoriale de Corse. Mais depuis la rĂ©vision du 28 mars 2003, l’organisation de la RĂ©publique est devenue « dĂ©centralisĂ©e ».

Beaucoup moins sujette à caution juridique : « la gestion des fonds structurels européens » par les régions préconisée par le challenger de Nicolas Sarkozy. A la faveur d’une décision du conseil des ministres du 31 juillet 2002, cette possibilité est expérimentée en Alsace, seule région métropolitaine arrimée à l’UMP. D’aucuns, au sein de l’ARF, dénoncent une « discrimination politique » qui entraverait les politiques régionales d’aménagement du territoire.

Les universitĂ©s, après les lycĂ©es – Le candidat entend allouer aux rĂ©gions des compĂ©tences « en matière d’enseignement supĂ©rieur et de recherche ». Cela signifie-t-il que la construction, l’entretien et le fonctionnement des universitĂ©s leur seraient transfĂ©rĂ©s, sur le mode de ce qui s’est passĂ© pour les lycĂ©es au moment des lois du 7 janvier et du 22 juillet 1983 ?
Pas sĂ»r. L’ARF, dans son appel Ă  un acte III de la dĂ©centralisation du 20 avril 2011, Ă©voque une simple expĂ©rimentation en ce domaine. Selon elle, les rĂ©gions doivent surtout se charger de la « maĂ®trise d’ouvrage de l’élaboration du schĂ©ma rĂ©gional de l’enseignement supĂ©rieur et de la recherche », de la « mise en rĂ©seau recherche-formation-entreprise » ainsi que « du logement Ă©tudiant et des conditions de vie Ă©tudiante (hors-bourse) ».

Maintien des 36 000 communes – Par ailleurs, François Hollande prĂ´ne le maintien des « 36 000 communes ». « Les conseils communautaires seront », certes, Ă©lus « au suffrage universel direct en mĂŞme temps que les conseils municipaux ». Mais les deux scrutins seraient-ils sĂ©parĂ©s ? Mystère.

De mĂŞme, le « statut mĂ©tropolitain simple et attractif » pour les « grandes agglomĂ©rations » signifie-t-il une mutation de ces intercommunalitĂ©s en collectivitĂ©s de plein exercice ? François Hollande n’indique rien de tel. Il ne reprend pas non plus la proposition de Claude Bartolone.

Dans Le Monde du 15 fĂ©vrier, le prĂ©sident (PS) du conseil gĂ©nĂ©ral de Seine-Saint-Denis a suggĂ©rĂ© de fusionner Paris et les trois dĂ©partements de la petite couronne (Hauts-De-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne). « Je fais confiance aux Ă©lus pour dĂ©finir ensemble les outils de la solidaritĂ© mĂ©tropolitaine et pour inventer la structure et l’administration » a bottĂ© en touche François Hollande le 3 mars.

Une cotisation pour le dĂ©partement – Le prĂ©sident du conseil gĂ©nĂ©ral de Corrèze Ă©carte la fusion dĂ©partement-rĂ©gion, prĂ´nĂ©e par le numĂ©ro 2 de l’UMP, HervĂ© Novelli. Selon lui, les dĂ©partements ont encore un rĂ´le Ă  jouer : « assurer et renforcer les solidaritĂ©s sociales et territoriales ». Pour absorber le choc du vieillissement de la population, ils recevront de nouveaux subsides, a promis François Hollande.
A l’occasion d’un Ă©change lors l’émission « Paroles de candidat » de TF1, le 27 fĂ©vrier avec un gestionnaire d’une maison de retraite de Dordogne, il a plaidĂ© pour « une cotisation spĂ©cifique ». Dans Le Monde datĂ© des 4 et 5 mars, Jean-Pierre Bel a Ă©voquĂ© l’attribution aux dĂ©partements d’ « une part de CSG ».

Le prĂ©sident (PS) du SĂ©nat assure que « chaque collectivitĂ© disposera d’un panier d’impĂ´ts, assis sur les ressources des mĂ©nages et des entreprises, avec la possibilitĂ©, pour les assemblĂ©es locales, d’en moduler les taux ». François Hollande Ă  Dijon a rappelĂ© les trois prioritĂ©s affichĂ©es dans la 54e de ses 60 propositions : le maintien du niveau des dotations de l’Etat, une plus forte autonomie fiscale et un renforcement de la pĂ©rĂ©quation.

Un haut conseil des territoires – Il a manifestĂ© son dĂ©sir de crĂ©er un « haut conseil des territoires » Etat-collectivitĂ©s. Une instance destinĂ©e Ă  remplacer avantageusement la ConfĂ©rence nationale des exĂ©cutifs (CNE) qui, malgrĂ© une promesse solennelle de relance le 25 fĂ©vrier 2011 en conseil des ministres, ne s’est plus rĂ©unie depuis le 10 avril 2010.

Déjà, dans un rapport remis le 13 mars 2007 à la candidate (PS) Ségolène Royal, Claudy Lebreton, patron de l’Assemblée des départements de France (ADF) et Jean-Pierre Bel, alors président du groupe PS du Sénat, prônaient un haut conseil des territoires regroupant « le comité des finances locales (CFL), le conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), la commission consultative d’évaluation des charges (CCEC) et toutes les grandes instances nationales où siègent des élus locaux ».

La fin des dĂ©putĂ©s-maires – Trente ans et un jour après la promulgation de la fameuse loi « Defferre » du 2 mars 1982 relative aux droits et libertĂ©s des communes, des dĂ©partements et des rĂ©gions, le prĂ©sident du conseil gĂ©nĂ©ral de Corrèze a en a profitĂ© pour rendre hommage aux adhĂ©rents de la FĂ©dĂ©ration nationale des Ă©lus socialistes rĂ©publicains (FNESR) prĂ©sents au ZĂ©nith de Dijon.
« Je n’oublie pas qu’avec les cinq lettres de maire, on Ă©crit le mot « aimer » s’est-il exclamĂ©. « Un dĂ©putĂ©, un sĂ©nateur ne reprĂ©sentent pas une circonscription, un dĂ©partement, une rĂ©gion. Ils reprĂ©sentent la Nation toute entière. C’est pourquoi je ferai voter dès le dĂ©but du prochain quinquennat, la fin du cumul d’un mandat parlementaire avec une fonction d’exĂ©cutif local », a confirmĂ© François Hollande. Et l’ancien premier secrĂ©taire du PS d’enfoncer le clou : « Dans le nouveau Parlement, et avec la dĂ©centralisation qui sera approfondie, chaque mandat se suffira Ă  lui-mĂŞme. »

La contre-attaque de Marine Le Pen – Le discours de Dijon a suscitĂ© peu de rĂ©actions. Seule ou presque, Marine Le Pen a publiĂ© le 3 mars un communiquĂ© rageur contre « le mouvement de dĂ©sengagement de l’Etat » et d’« inĂ©galitĂ©s entre les territoires » que « François Hollande propose d’accĂ©lĂ©rer ». « Il faut Ă  l’inverse redonner Ă  l’Etat une partie des compĂ©tences stratĂ©giques indĂ»ment transfĂ©rĂ©es aux collectivitĂ©s de grande taille et les contraindre Ă  une maĂ®trise très stricte de leurs finances » a-t-elle exhortĂ©.

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Commentaires

François Hollande veut confier aux régions le pouvoir d’adapter les lois

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marie

06/03/2012 03h26

Se pouvoir d’adapter les lois donnĂ© aux rĂ©gions est une très mauvaise idĂ©e, c’est la porte ouverte Ă  toutes les dĂ©rives communautaires.

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