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Simplification

Les associations d’Ă©lus alertent sur la nĂ©cessitĂ© d’amĂ©liorer la qualitĂ© du droit

Publié le 06/07/2017 • Par Gabriel Zignani • dans : Actu juridique, France

Le 6 juillet, les membres du Conseil national d’évaluation des normes (CNEN) se sont réunis afin d'élire leur nouveau président. Les associations nationales d'élus ont profité de l'occasion pour alerter le gouvernement sur l'urgence d'améliorer la qualité du droit.

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Alain LambertAlain Lambert a Ă©tĂ© réélu, le 6 juillet, prĂ©sident du Conseil national d’évaluation des normes (CNEN). L’ancien ministre du Budget, et actuel premier vice-prĂ©sident (UDI) du conseil dĂ©partemental de l’Orne, est Ă  la tĂŞte de cette institution chargĂ©e d’Ă©valuer les normes applicables aux collectivitĂ©s territoriales depuis sa crĂ©ation le 17 octobre 2013. Il sera accompagnĂ© de deux vice-prĂ©sidents, eux aussi Ă©lus le 6 juillet : Philippe Laurent (maire de Sceaux) et Antoine HomĂ© (maire de Wittenheim).

L’AMF, l’ADF et l’ARF ont profitĂ© de la journĂ©e d’installation du nouveau CNEN pour faire une dĂ©claration commune. Le but ? Alerter le gouvernement et le parlement sur l’impĂ©ratif « national urgent et majeur » que reprĂ©sente la politique de simplification des normes. « La nouvelle mandature du CNEN doit impĂ©rativement stopper la prolifĂ©ration et l’instabilitĂ© normatives. »

L’amélioration de la qualité des normes

Les différents signataires du texte attaquent surtout et avant tout la qualité des textes normatifs : « La qualité des textes législatifs et réglementaires doit s’améliorer, en fixant des objectifs partagés et négociés, et en donnant plus de liberté, de capacité d’initiative et de souplesse aux acteurs locaux. »

Pour cela, il faut Ă©valuer. Il y a bien Ă©videmment l’Ă©valuation en amont, lorsque le texte est encore Ă  l’Ă©tat de projet. Les associations d’Ă©lus demandent d’ailleurs la production d’études d’impact sĂ©rieuses pour tous les textes soumis au CNEN (c’est-Ă -dire tous les textes qui concernent les collectivitĂ©s). Elles exigent notamment que l’impact financier des textes soit mesurĂ© avant leur Ă©dition. Mais il y a aussi l’Ă©valuation a posteriori, sur les effets produits par la norme.

Concernant le combat Ă  mener contre le stock des normes, les associations rĂ©clament « la mise Ă  disposition des corps d’inspection des diffĂ©rents ministères pour permettre de conduire avec les associations nationales d’élus locaux une Ă©valuation conjointe du stock de normes existantes ». Ceci cadre parfaitement avec les dĂ©clarations que faisait Alain Lambert Ă  La Gazette des communes fin juin. Il expliquait alors que la nouvelle prioritĂ© du CNEN devait ĂŞtre de s’attaquer au stock de normes. Il Ă©voquait la mise en place de rencontres, semestrielles ou annuelles, avec les ministres ou les directeurs des affaires juridiques de chacun des ministères, afin d’anticiper les rĂ©formes et d’éclairer leurs services sur les difficultĂ©s pratiques qui pourraient rĂ©sulter de l’application des textes en projet au niveau local. « Car, il faut le dire, les administrations centrales n’arrivent pas Ă  comprendre la diversitĂ© des territoires français. »

Toujours pour s’attaquer au stock, les association d’Ă©lus souhaitent « l’engagement d’une dĂ©marche ambitieuse pour favoriser l’identification des normes Ă  supprimer ou simplifier. » LĂ  aussi, le prĂ©sident du CNEN est d’accord. Il souhaite notamment mettre en Ĺ“uvre un programme de dĂ©classement des textes dans la hiĂ©rarchie des normes.

Le parlement est lui aussi interpellé. Les associations soulignent que « beaucoup des textes qui posent difficulté lors de leur évaluation par le CNEN proviennent de dispositions législatives dont l’impact des conséquences pour les collectivités ont été insuffisamment mesurés ». Là aussi, la solution semble être une meilleure évaluation de la norme, et notamment des études d’impact plus systématiques et plus sérieuses. D’ailleurs, le CNEN souhaite renforcer sa coopération avec les deux chambres du parlement afin notamment de « promouvoir l’application d’un droit souple pour réduire la rigidité normative et favoriser les initiatives locales. »

Quelle volontĂ© de la part de l’exĂ©cutif ?

Des problématiques bien appréhendées par Emmanuel Macron. Le président de la République a déclaré, le 3 juillet dernier, dans son discours devant le parlement en Congrès, qu’afin de retrouver de l’efficacité et de rendre la priorité aux résultats, il souhaite s’attaquer à la fabrique de la loi et à l’inflation normative. Il envisage également d’évaluer des normes anciennes, « afin de pouvoir abroger celles qui seraient devenues inutiles ». Sera-t-il plus efficace que François Hollande et son choc de simplification ?

Ces déclarations vont en tout cas dans le sens de ce que demandent le CNEN et les associations d’élus. Ce qui a inspiré Alain Lambert sur son blog : « Le Président de la République veut mettre un terme à la prolifération législative. Il peut, dès demain, stopper la prolifération réglementaire. »

La conférence nationale des territoires, à laquelle participera le président du CNEN, devrait permettre d’en savoir plus sur la volonté du gouvernement en la matière.

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