À l’heure où l’Europe s’attelle à bâtir un « bouclier démocratique » pour protéger la sincérité des scrutins, l’intégrité de l’information s’impose comme le nouveau pilier de notre sécurité collective.
L’accès à une information de qualité est le socle de notre libre arbitre et de la démocratie. Mais à l’aube des municipales de 2026, ce socle se fissure. L’Europe légifère, certes, mais la bataille contre la désinformation et les ingérences étrangères se jouera concrètement dans nos territoires, au plus près des citoyens. Le communicant public doit y jouer un rôle prépondérant.
Le local, nouveau front des ingérences
Une des forces de nos territoires, est le capital confiance de ses habitants dans ses médias de proximité, nettement supérieur à la confiance accordée à la presse nationale. Paradoxalement, ce capital confiance est devenu notre talon d’Achille. En créant plus de 140 faux médias locaux imitant nos journaux régionaux, des opérations lancées depuis l’étranger, diffusent des récits toxiques pour notre démocratie. Leur but ? Saturer le débat, fracturer la société et, in fine, dégoûter les citoyens de la vie publique.`Un agenda boosté par l’irruption de l’IA générative, qui permet une production massive et automatisée de contenus trompeurs à faible coût.
En conséquence, il faut dépasser le constat pour agir collectivement. La réponse ne peut se limiter à démentir les fausses informations, une démarche souvent inaudible. L’urgence est à la prévention : il faut armer l’esprit critique des citoyens avant qu’ils ne soient exposés aux manipulations. Les territoires doivent devenir les garants de cette « sûreté démocratique », en la traitant comme une priorité publique aussi vitale que la sécurité physique ou la transition écologique.
Bâtir une communication publique de résilience
Face à ce chaos organisé, la passivité n’est plus une option. Pour le communicant public, la stratégie doit reposer sur trois piliers :
- Une veille stratégique et une hygiène numérique : il est crucial de surveiller l’environnement numérique pour détecter les signaux faibles – raids numériques ou usurpations d’identité – avant qu’ils ne deviennent viraux. Cette étape passe par un effort conséquent de formation et de sensibilisation pour les décideurs locaux.
- Privilégier les tiers de confiance locaux : plutôt que de saturer les plateformes privatives dont les algorithmes favorisent les bulles informationnelles, la communication publique doit notamment prioriser la presse quotidienne régionale (PQR). Avec 72 % de lecteurs réguliers, elle reste le vecteur privilégié pour porter une information factuelle et restaurer un dialogue de proximité. Les plateformes numériques plus saines telles que Bluesky ou Mastodon doivent également être privilégiées.
- Soutenir la société civile locale : La résilience démocratique passe par un soutien actif aux acteurs de terrain (associations, collectifs citoyens, …). Cela passe par des financements pérennes mais aussi une aide logistique – mise à disposition de locaux ou de ressources techniques – pour outiller ces acteurs face aux manipulations numériques.
Défendre l’intégrité de l’information en 2026, c’est garantir la souveraineté numérique de nos territoires et protéger le droit des citoyens à se forger une opinion libre. La résilience de notre démocratie commence à l’échelon local.
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