La FĂ©dĂ©ration française des tĂ©lĂ©coms (FFT) a annoncĂ© le 25 janvier l’Ă©tat d’avancement de la couverture mobile dans les territoires. Depuis le 31 dĂ©cembre 2016, 2 624 communes relevant du programme « zones blanches-centres-bourgs » (dont 848 en montagne) bĂ©nĂ©ficient de l’Internet mobile, grâce Ă la mutualisation des pylĂ´nes par au moins trois opĂ©rateurs.
En 2016, ce sont ainsi 1 064 communes supplĂ©mentaires qui ont Ă©tĂ© couvertes. La FFT prĂ©cise que 958 autres communes devraient bĂ©nĂ©ficier de l’Internet mobile dans les mĂŞmes conditions d’ici juillet, « sous rĂ©serve qu’elles mettent l’infrastructure Ă disposition ».
Les opérateurs ont tardé à faire progresser la couverture
MĂŞme si elles reconnaissent les efforts des opĂ©rateurs, les associations d’Ă©lus ne s’arrĂŞtent pas Ă ce qu’elles qualifient d’opĂ©ration de communication de la FFT. « Ce grand nombre de communes couvertes en 2016 s’explique parce qu’il s’agissait de rattraper ce qui n’a pas Ă©tĂ© fait en temps et en heure, explique Patrick Vuitton, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de l’Avicca. Il aura fallu que la lĂ©gislation rende les accords signĂ©s depuis de nombreuses annĂ©es opposables, c’est-Ă -dire sanctionnables en cas de non-respect — et que l’Arcep sanctionne effectivement les retards — pour que les opĂ©rateurs les respectent ».
En effet, la « loi Macron » du 6 aoĂ»t 2015 impose aux opĂ©rateurs des obligations qui Ă©taient, Ă l’origine, de simples engagements. Aux termes de son article 129, les centres-bourgs de 238 communes toujours dĂ©pourvues de rĂ©seau tĂ©lĂ©phonique mobile 2G devaient bĂ©nĂ©ficier d’un service voix/SMS fin 2016 et du haut dĂ©bit avant le 30 juin 2017.
Une couverture qui se concentre dans les centre-bourgs au détriment des zones les plus rurales
Pour CĂ©dric Szabo, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), le problème est pourtant loin d’ĂŞtre rĂ©glĂ©. « La France n’est pas faite de centres-bourgs, mais de communes et de villages ». Or, dĂ©clarer couvert un centre-bourg parce que l’on peut capter dans un rayon de 500 mètres du point central de la commune (gĂ©nĂ©ralement la mairie) relève de la thĂ©orie.
Toutefois, le programme initial de 2003 est compliquĂ© Ă mettre en Ĺ“uvre plaide-t-on Ă la FFT. Ă€ chaque campagne d’identification (2004, 2008 et 2015), le nombre de zones blanches Ă couvrir a augmentĂ©, pour arriver Ă un total de 3 600 sites, souvent constituĂ©s de plusieurs communes.
Sur le terrain, il faut ensuite que les communes et les opĂ©rateurs mobiles s’accordent sur les modalitĂ©s de couverture des sites identifiĂ©s.
Les sites sans aucune couverture reprĂ©sentent moins de 1% de la population – mais près de 7% du territoire, l’Ă©quivalent de la Belgique. De toutes petites communes, car les opĂ©rateurs se sont concentrĂ©s sur les territoires rentables, constate l’Avicca. Des mesures, en cours depuis 2015, montrent que sur 1 500 derniers centres-bourgs qui demeuraient sans tĂ©lĂ©phonie mobile (dont 188 dĂ©jĂ dĂ©clarĂ©s non couverts par les opĂ©rateurs), 830 sont aujourd’hui considĂ©rĂ©s comme couverts.
Le déploiement de la 3G au programme
La « loi Macron » demande aussi aux opĂ©rateurs d’apporter, avant mi-2017, l’Internet mobile 3G aux 2 200 communes qui n’y ont pas accès, ainsi qu’Ă 800 sites d’intĂ©rĂŞt Ă©conomique et touristique (portĂ©s depuis Ă 1 300).
Le recensement des sites a Ă©tĂ© Ă©largi : les exĂ©cutifs locaux peuvent faire remonter leurs problèmes de couverture mobile sur la plateforme France mobile, Ă laquelle l’AMRF incitera prochainement ses adhĂ©rents Ă participer. Les prĂ©fets de rĂ©gion dĂ©finiront les prioritĂ©s, en concertation avec les collectivitĂ©s.
Les chiffres de couverture, fournis Ă la FFT par les opĂ©rateurs, ont Ă©tĂ© transmis Ă l’Arcep pour alimenter son observatoire trimestriel de la tĂ©lĂ©phonie mobile. L’autoritĂ© de rĂ©gulation des tĂ©lĂ©coms y ajoute ensuite les zones denses, dans lesquelles les opĂ©rateurs mobiles doivent remplir des obligations individuelles relatives Ă la 4G.
La FFT publiera l’avancĂ©e de la couverture chaque mois jusqu’en juillet, date Ă laquelle elle estime qu’elle sera achevĂ©e. Mais les opĂ©rateurs seront tributaires des collectivitĂ©s qui doivent mettre Ă disposition leurs points hauts pour y installer les antennes.








