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Eau-Assainissement

« Les JO 2024 nous ont permis de gagner 10 ans pour la qualité de la Seine »

Publié le 17/07/2024 • Par Arnaud Garrigues • dans : Actu acteurs du sport, Régions

baignade-seine-jo2024-une
capture twitter France Info
C'est un véritable plan Marshall qui a été lancé pour permettre à plusieurs épreuves des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024 de se dérouler dans la Seine. Des efforts qui se concrétisent symboliquement, ce mercredi 17 juillet, avec la promesse enfin tenue de la baignade dans la Seine d'Anne Hidalgo, la maire de Paris. Et sans les JOP, il est fort à parier que ce chantier aurait été beaucoup plus long et difficile à faire advenir.

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Le pari est risquĂ©, car les normes sanitaires d’une qualitĂ© « eau de baignade » sont très strictes. « Cela implique le zĂ©ro dĂ©faut », nous explique un des experts de l’assainissement (un ingĂ©nieur territorial d’une des collectivitĂ©s impliquĂ©es) qui travaille sur ce sujet titanesque,  et qui prĂ©fère garder l’anonymat (1), seuls les Ă©lus semblant ĂŞtre habilitĂ©s Ă  s’exprimer. Il faut dire que le sujet est devenu très politique, car un Ă©chec – c’est-Ă -dire l’annulation de ces Ă©preuves – serait une claque cinglante pour la maire de Paris, l’État et tout le ComitĂ© d’organisation.

 

Lutter contre les mauvais branchements

C’est un vĂ©ritable plan Marshall qui a Ă©tĂ© lancĂ© en 2016 pour atteindre cet objectif, avec Ă  la clĂ© 1,4 milliard d’euros d’investissements. Quatre axes de travail ont Ă©tĂ© fixĂ©s pour Ă©liminer toute pollution de la Seine :

  • prioriser les rejets,
  • rĂ©duire les mauvais branchements,
  • amĂ©liorer la gestion des eaux pluviales,
  • lutter contre la pollution des bateaux et Ă©tablissement flottants.

Le plus gros du chantier concerne les rĂ©seaux d’assainissement. Le système actuel n’a pas Ă©tĂ© pensĂ© pour protĂ©ger la Seine, bien au contraire : « à l’origine, il fallait rendre les villes plus saines et propres, et Ă©loigner les eaux usĂ©es Ă  l’aval de Paris. Entre temps, les populations ont augmentĂ©, et les surfaces impermĂ©abilisĂ©es ont explosĂ©, augmentant plus encore le volume des eaux polluĂ©es Ă  gĂ©rer. Mais le rĂ©seau a ses limites », rappelle Franco Novelli, expert technique du cycle de l’eau Ă  la FNCCR.

La ville de Paris et celles de banlieue n’ont d’ailleurs pas le même historique. Dans la capitale, les égouts ont été construits pour récupérer les eaux usées ainsi que les eaux de pluie. Mais ce torrent d’eaux peut saturer le système d’assainissement, si bien qu’il faut utiliser des « déversoirs d’orages » qui envoient alors le mélange d’eaux polluées directement dans la Seine.

En banlieue, c’est au petit bonheur la chance : parfois le rĂ©seau est unitaire (tout est mĂ©langĂ©) comme Ă  Paris, parfois il est sĂ©paratif (eaux usĂ©es et eaux de pluies sont gĂ©rĂ©es par des tuyaux diffĂ©rents). Le problème, c’est que les branchements des habitations sur le rĂ©seau ont parfois Ă©tĂ© mal faits. On compte en effet des dizaines de milliers de mauvais raccordements, qui envoient les eaux usĂ©es dans le rĂ©seau d’eaux pluviales (qui part ensuite dans le milieu naturel), ou  l’inverse (les eaux de pluies viennent surcharger le rĂ©seau d’assainissement). Un vrai bazar.

Difficile de connaitre le nombre exact de ces mauvais raccordements, car ils sont sous terre et difficilement contrĂ´lables. Selon Pierre Rabadan, adjoint Ă  la maire de Paris en charge des sports, des JO, et de la Seine, il y en aurait 25 000 dans la mĂ©tropole. Un quart d’entre eux aurait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© refaits dans le cadre du « plan baignade ». « L’objectif est d’arriver Ă  en rĂ©soudre 50% d’ici un an, car les 50% restants ne dĂ©gradent pas de manière significative la qualitĂ© de l’eau », estime-t-il.

1000 UFC : la norme de qualité eau de baignade est défini par une concentration maximale en Escherichia coli (les micro-organismes indiquant la présence de contamination fécale). Elle doit être inférieur à  1 000 unités formant colonie (UFC) pour 100 ml d’eau.

JO 2024 : un « formidable accĂ©lĂ©rateur »

Le problème des mauvais branchements est connu depuis longtemps au Siaap. Mais les identifier et les rĂ©parer prends Ă©normĂ©ment de temps. Sauf que… « Avec les JO, tout a changĂ©. Ça a Ă©tĂ© un formidable accĂ©lĂ©rateur », s’enthousiasme notre expert anonyme, qui l’impute au portage politique.

Pour Sylvain Rotillon, expert de l’eau passĂ© par la Ville de Paris, l’Onema (devenu l’OFB) ou encore le ministère en charge de l’Écologie, « le monde de l’eau parisien et des services de l’État a vu dans les JO une opportunitĂ© d’amĂ©liorer la qualitĂ© de l’eau de la Seine et d’atteindre les objectifs de la DCE (la directive-cadre sur l’eau, qui demande d’atteindre un bon Ă©tat Ă©cologique des masses d’eau en 2027, Ndlr).  Pour une fois qu’on a de l’argent pour la politique de l’eau, se sont-ils dit … Le fait que l’objectif soit difficilement atteignable le Jour J ne les a donc pas gĂŞnĂ© ! ».

Rien n’est trop beau pour rĂ©sorber ce flĂ©au des mauvais raccordements. Certains maires ou prĂ©sidents d’Ă©tablissements publics territoriaux (EPT) l’ont bien compris, et se sont retroussĂ©s les manches…  parfois en Ă©change d’un coup de pouce du prĂ©fet pour faire avancer un autre dossier.

Cinq bassins de stockage

Au delĂ  de ce fastidieux travail sur les raccordements, il faut Ă©galement limiter les rejets par temps de pluie. Cinq rĂ©servoirs d’orage sont en cours de construction, dont le bassin d’Austerlitz (48 500 m3, 81 millions d’euros), l’idĂ©e Ă©tant de stocker ces eaux polluĂ©es et de diffĂ©rer leur renvoi vers les stations d’épuration, ou de les traiter avant de les rejeter (avec la construction de la station du Ru de la Lande, Ă  Champigny-sur-Marne). Un collecteur de 8,5 km (le « VL8 ») a aussi Ă©tĂ© construit pour rĂ©cupĂ©rer les eaux usĂ©es de certains rĂ©seaux d’assainissement de banlieue et Ă©viter leurs dĂ©versements par temps de pluie.

MalgrĂ© l’importance de tous ces travaux, il faut se rendre Ă  l’Ă©vidence : il sera impossible de faire face Ă  une (Ă©ventuelle) pluie importante.

Selon Pierre Rabadan, le système mis en place permettra de contrôler une « pluie à 6 mois » (2). Pour notre expert, « au delà d’une pluie à trois mois, on aura du mal à contenir la pollution ». Dans ce cas, « il n’y a pas de plan B pour l’organisation des épreuves », confirme l’élu parisien, ce qui impliquera de supprimer les épreuves (le triathlon devenant alors un duathlon).
« On a pris le parti de réduire le risque au maximum, de sortir des sites traditionnels, d’ouvrir les épreuves ou la cérémonie d’ouverture au plus grand nombre. Certes, il y a un risque, mais sans cela, on ne peut rien faire d’innovant ou d’exceptionnel », estime-t-il.

Désinfecter les rejets des stations d’épuration

Parmi les autres mesures de ce « plan baignade », il faut noter que le Siaap va désinfecter les eaux usées épurées (pour 13 M€) en sortie des deux énormes stations d’épurations situées en amont du site de baignade (qui est en plein cœur de Paris, au niveau du Pont d’Austerlitz). Les eaux usées de l’usine de Marne-Aval seront désinfectées par ultraviolets, et celles de Seine-Valenton par injection d’acide performique.

Une autre action concerne les bateaux et établissement flottants sur la Seine. Ils devront se raccorder au réseau d’assainissement dans les 7 ports parisiens, d’ici à 2024, et non plus rejeter leurs eaux usées directement. « Nous avons déjà fait 150 contrôles sur les 260 bateaux recensés, avec seulement 19 cas de non-conformité », indique Pierre Rabadan.

23 sites de baignades en 2025

Rappelons enfin que ces JO 2024 ont vocation à laisser un héritage pour ce territoire et ses habitants. Tous les efforts réalisés via le « plan baignade » doivent permettre de créer 23 sites de baignade en Île-de-France. « Le fait d’organiser les JO nous a permis de gagner 10 à 15 ans. Sans cette date butoir, les différentes collectivités et parties prenantes auraient reporté leurs investissements », estime Pierre Rabadan.

Un appel Ă  manifestation d’intĂ©rĂŞts a Ă©tĂ© lancĂ© en 2017 aux collectivitĂ©s franciliennes dĂ©sirant crĂ©er un site de baignade. Il faut pour cela que la Seine soit amĂ©nageable par rapport Ă  la navigation et au bain, ce qui a conduit Ă  Ă©liminer une partie des 40 sites initialement envisagĂ©s. L’objectif est que la baignade  soit possible en 2025.

sites baignade

Cliquer sur la carte pour découvrir les 23 sites de baignade franciliens. (Crédit Apur)

Au delà de la baignade des franciliens, l’objectif est également de retrouver un bon état des masses d’eau, comme le demande ardemment la directive cadre sur l’eau – ce qui évitera un nouveau contentieux européen à la France.

Les efforts des collectivités franciliennes devront continuer bien au-delà de 2024, car pour éviter les pollutions liées aux fortes pluie, il va falloir réaliser un autre travail de fourmi, en désimperméabilisant le tissu urbain. « On ne peut pas avoir l’ambition d’une qualité « eau de baignade » sur les cours d’eau et continuer à imperméabiliser et manipuler des volumes d’eau immenses. Si on prend cette direction, il faut travailler petit à petit à gérer autrement les eaux de pluie », conclut Franco Novelli.

Régions

Notes

Note 01 Il ne nous a d’ailleurs pas été possible d'interviewer des fonctionnaires territoriaux des collectivités impliquées, car pour chaque demande faite à la ville de Paris et au Siaap, nous avons été redirigé vers un élu. Retour au texte

Note 02 Pluie la plus importante sur une période de six mois Retour au texte

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