Claudy Lebreton, le président de l’ADF, a rappelé la situation alarmante des finances départementales, confrontées à l’effet ciseau suscité par l’envolée des dépenses sociales, le gel des dotations financières de l’Etat et la réduction des recettes fiscales des conseils généraux : « Le mal est connu, nos collectivités reflètent la situation d’une société qui va mal. Les dépenses liées aux trois allocations de solidarité ne cessent de progresser (plus 800 millions d’euros en 2011 et plus de 1 milliard en 2012). »
DifficultĂ©s structurelles – Le reste Ă charge pour les dĂ©partements est estimĂ© Ă 6 milliards d’euros pour 2011. Un surcoĂ»t qui appelle des rĂ©ponses structurelles, a soulignĂ© la prĂ©sidente du groupe de gauche de l’ADF, Marie-Françoise Perol-Dumont : « La progression – inĂ©gale selon les dĂ©partements des recettes liĂ©es aux droits de mutations et les fonds d’urgence et de pĂ©rĂ©quation mis en place par le gouvernement ont permis aux dĂ©partements les plus en difficultĂ© de boucler leur budget 2011. Mais ces « pansements » conjoncturels ne règlent en rien les difficultĂ©s structurelles rencontrĂ©es par les conseils gĂ©nĂ©raux, essentiellement le dĂ©sengagement de l’Etat vis-Ă -vis des allocations de solidaritĂ©. »
« Faut-il renationaliser ces allocations », a feint de s’interroger le prĂ©sident de l’ADF ? « Ou imaginer des financements pĂ©rennes : dotations de l’Etat, journĂ©e fĂ©riĂ©e de solidaritĂ© supplĂ©mentaire ou pourquoi pas une part de CSG (contribution sociale gĂ©nĂ©ralisĂ©e) ? » Claudy Lebreton s’est Ă©galement dit favorable – Ă titre personnel car la question fait dĂ©bat au sein de l’ADF – Ă une pĂ©rĂ©quation verticale (entre l’Etat et les dĂ©partements) plutĂ´t qu’horizontale (entre les dĂ©partements).
Compensation du RSA – Face Ă ces demandes pressantes, le ministre des collectivitĂ©s territoriales Philippe Richert a annoncĂ© devant le congrès que le projet de loi de finances 2012 allouait 100 millions d’euros supplĂ©mentaires Ă la compensation du RSA. « Un pourboire », a protestĂ© une voix dans la salle. Le ministre, qui souhaite proposer la constitution de rĂ©serves au sein du fonds de pĂ©rĂ©quation des DMTO (droits de mutation), en prĂ©visions des annĂ©es les moins favorables, a Ă©galement annoncĂ© la reconduction du Fonds de mobilisation dĂ©partementale pour l’insertion Ă hauteur de 500 millions d’euros.
Suite au démantèlement de la banque Dexia, « le premier ministre a demandé à la caisse des dépôts et consignations l’ouverture d’une enveloppe de 3 milliards d’euros de prêts aux collectivités », pour la fin de l’exercice 2011, avant la création en 2012 d’une banque de financement des collectivités, a-t-il ajouté avant d’appeler à intensifier le dialogue entre le gouvernement et les collectivités, sur les questions de financement et la clarification des compétences. « Les nouveaux découpages liés à l’installation des conseillers territoriaux interviendront au deuxième semestre 2012 », a conclu Philippe Richert en guise de gage gouvernemental.
RĂ©daction d’un manifeste – Peu probable que ces dĂ©clarations suffisent Ă apaiser l’inquiĂ©tude des Ă©lus prĂ©sents au Congrès, qui dĂ©plorent Ă©galement l’amputation, dans le projet de loi de finances 2012 de 200 millions d’euros du budget consacrĂ© aux collectivitĂ©s territoriales. Le prĂ©sident de l’ADF compte proposer Ă ses collègues, avant la fin du congrès, la rĂ©daction d’un manifeste pour l’acte III de la dĂ©centralisation. Il les a d’ores et dĂ©jĂ invitĂ©s, jeudi 20 octobre au matin, Ă s’inscrire dans la dĂ©marche d’états gĂ©nĂ©raux des Ă©lus locaux que le nouveau prĂ©sident du SĂ©nat Jean-Pierre Bel devait venir prĂ©senter au congrès vendredi 21 octobre.
Budget : 200 millions d’euros demandĂ©s aux collectivitĂ©s
Le ministre des CollectivitĂ©s, Philippe Richert, a confirmĂ©, lors du congrès de l’ADF, que les collectivitĂ©s contribueraient Ă hauteur de 200 millions d’euros au milliard d’Ă©conomies supplĂ©mentaires prĂ©vu pour 2012. Les dotations aux collectivitĂ©s seront « sollicitĂ©es Ă hauteur de 200 millions d’euros, soit 20% du milliard, tout simplement parce que les concours financiers de l’Etat aux collectivitĂ©s territoriales reprĂ©sentent 20% de ses dĂ©penses », a soulignĂ© M. Richert.
Ce milliard supplĂ©mentaire est jugĂ© nĂ©cessaire « pour tenir les objectifs affichĂ©s malgrĂ© les prĂ©visions de conjoncture, et ramener le dĂ©ficit budgĂ©taire de l’Etat Ă 4,5% du PIB en 2012 », a ajoutĂ© le ministre. « Pour respecter ses engagements concernant les concours aux collectivitĂ©s territoriales, l’Etat est obligĂ© de s’endetter », a relevĂ© M. Richert. « Toute garantie de maintien ou d’augmentation des versements aux collectivitĂ©s territoriales augmente d’autant l’obligation d’emprunt de l’Etat ».
Mais, a-t-il assurĂ©, « dans un esprit de responsabilitĂ©, le gouvernement a choisi de procĂ©der Ă un certain nombre d’ajustements sur les dotations aux collectivitĂ©s territoriales ». « Ainsi, la dotation gĂ©nĂ©rale de fonctionnement des dĂ©partements sera maintenue, en montant global, Ă son niveau de l’an dernier, comme celle des communes et des rĂ©gions. De mĂŞme, le prĂ©lèvement sur recettes qui alimente les fonds dĂ©partementaux de pĂ©rĂ©quation de la taxe professionnelle sera reconduit Ă son niveau de l’an dernier », a-t-il promis.
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