Câest peut-ĂȘtre un bonne nouvelle pour les couteaux Laguiole, savons de Marseille et autre porcelaine de Limoge : la Commission europĂ©enne confirme sa volontĂ© de continuer Ă travailler sur la protection des indications gĂ©ographiques pour les produits non agricoles. Un chantier europĂ©en vieux dâil y a quelques annĂ©es dĂ©jĂ et que dâaucuns estiment quâil pourrait aboutir en 2016.
Dans une communication publiĂ©e le 28 octobre sur le renforcement du marchĂ© unique europĂ©en, la Commission prend en tout cas lâengagement de faire avancer les choses. Un engagement qui suit une rĂ©solution du Parlement europĂ©en, adoptĂ©e dĂ©but octobre, qui demande un systĂšme europĂ©en de protection comme il en existe aujourdâhui pour les produits agricoles et les denrĂ©es alimentaires avec les labels AOP (Appellation d’origine protĂ©gĂ©e) et IGP (Indication gĂ©ographique protĂ©gĂ©e).
« Câest un point dont la France a fortement plaidĂ© la cause auprĂšs de la Commission, parce quâil permet aux collectivitĂ©s de prĂ©server et mettre en valeur les traditions et savoir-faire populaires et quâil permet de renforcer lâattractivitĂ© touristique », explique un expert français. « Le fait quâil soit mentionnĂ© dans la communication est pour nous trĂšs positif. Parce que cela montre que la Commission sâengage Ă poursuivre sur cette voie. »
Protection uniforme
Câest aussi lâavis de lâeurodĂ©putĂ©e française Virginie RoziĂšre (Parti radical de gauche), qui Ă©tait rapporteure sur le dossier au Parlement europĂ©en, et pour qui « les avantages dâune protection uniforme au niveau de lâUnion sont immenses ». « LâutilitĂ© et lâefficacitĂ© des indications gĂ©ographiques pour protĂ©ger les productions locales et relancer lâemploi ne sont plus Ă prouver », a-t-elle dĂ©clarĂ© dans la foulĂ©e de lâannonce de la Commission. « Je souhaite dĂ©sormais quâune rĂ©glementation europĂ©enne des indications gĂ©ographiques pour les produits manufacturĂ©s soit proposĂ©e par la Commission dĂšs lâan prochain. »
Pour lâheure, les producteurs de produits non agricoles qui souhaitent protĂ©ger une indication gĂ©ographique (IG) dans lâUE « doivent en faire la demande dans chaque Etat membre oĂč cette protection est prĂ©vue (une quinzaine dâEtats actuellement, ndlr) ou doivent recourir aux tribunaux en cas dâabus », avait expliquĂ© la Commission lâannĂ©e derniĂšre en lançant une consultation sur lâĂ©ventualitĂ© dâĂ©tendre la protection des IG aux produits non agricoles. Elle soulignait alors lâinsuffisance des instruments juridiques dont disposent les producteurs au niveau europĂ©en.
Faciliter lâouverture des magasins
Entre des annonces concernant lâamĂ©lioration des cadres nationaux sur la passation des marchĂ©s publics ou la traque aux discriminations pour certains tarifs des services dâutilitĂ© publique, la Commission sâintĂ©resse aussi aux restrictions nationales/rĂ©gionales/locales Ă lâĂ©tablissement des commerces de dĂ©tail.
DâaprĂšs lâexĂ©cutif europĂ©en, un examen des pratiques existantes a montrĂ© que lâouverture dâun magasin « est soumise Ă des conditions et Ă des procĂ©dures excessives et inadĂ©quates ». « Pour respecter le principe de la liberteÌ fondamentale dâeÌtablissement inscrit dans le traiteÌ, la rĂ©glementation doit eÌtre justifieÌe par des objectifs de politique publique, tels que la protection de lâenvironnement, la planification urbaine ou l’amĂ©nagement du territoire, ou encore la protection des consommateurs », rappelle-t-il.
Des justifications qui, Ă son goĂ»t, ont tendance Ă ĂȘtre interprĂ©tĂ©es trĂšs largement. Bref, si les autoritĂ©s disposent dâune marge dâapprĂ©ciation pour rĂ©glementer le secteur, elles ne peuvent indĂ»ment restreindre les libertĂ©s sous-tendant le marchĂ© unique europĂ©en. A ce stade, la Commission envisage de dĂ©finir des « bonnes pratiques » en matiĂšre de restrictions Ă lâouverture et au fonctionnement des commerces de dĂ©tail. Elles serviront, dit-elle, « dâorientations pour les rĂ©formes dans les Etats membres ».
Encadrer lâĂ©conomie collaborative
Autre prĂ©occupation : lâĂ©conomie collaborative. Lâon sait les collectivitĂ©s dĂ©sorientĂ©es par le flou encadrant les rĂšgles qui sâappliquent Ă des activitĂ©s comme la location de logements entre particuliers, type Airbnb, un des grands secteurs de lâĂ©conomie collaborative. « Face aÌ ces difficulteÌs et incertitudes, il convient dâagir », dit la Commission, en pointant encore une fois « toute entrave rĂ©glementaire inutile ».
Lire :Â Airbnb : un modĂšle qui bouscule les communes
Son intention est de diffuser des lignes directrices sur la maniĂšre dont le droit de lâUE doit sâappliquer, qui lui serviront aussi Ă scruter les lĂ©gislations nationales de façon Ă sâassurer quâelles « nâentravent pas de façon injustifieÌe lâessor de lâeÌconomie collaborative ». La Commission « eÌlaborera un cadre de surveillance pour suivre lâeÌvolution de lâeÌconomie collaborative aÌ lâeÌchelon local, national et sectoriel », indique Ă©galement la communication.
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