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Transports

« Nous abandonnons le tout TGV, pas la grande vitesse », explique FrĂ©dĂ©ric Cuvillier

Publié le 10/07/2013 • Par avec l'AFP • dans : France

Au lendemain des grands investissements de transports annoncés mardi 9 juillet 2013 par Jean-Marc Ayrault, le ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier essuie les critiques des élus régionaux et défend sa politique qui revient à "abandonner le tout TGV, mais pas la grande vitesse".

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Le gouvernement est accusĂ© d’abandonner la grande vitesse. Fallait-il vraiment freiner le TGV?

« Seul le +tout TGV+ est abandonnĂ©, c’est-Ă -dire les annonces de chantiers pharaoniques au mĂ©pris des besoins des autres territoires. Une lecture a Ă©tĂ© faite par un certain nombre, qui consiste Ă  dire: nous sommes dans la France qui dit +stop+ aux TGV et Ă  la grande vitesse. Ce n’est pas la formulation du rapport Duron et ce n’est pas la politique retenue. Ce sur quoi nous revenons, c’est sur une forme d’accĂ©lĂ©ration au cours des dernières annĂ©es, oĂą quatre lignes Ă  grande vitesse (LGV) ont Ă©tĂ© engagĂ©es en mĂŞme temps, Ă  crĂ©dit. Le rythme avant le dernier quinquennat, c’Ă©tait une ligne Ă  grande vitesse tous les six ans. Mais pendant que nous nous lancions dans une course Ă  la grande vitesse, nous ne rĂ©pondions pas au dĂ©senclavement du territoire. Par ailleurs, aucune Ă©tude n’est arrĂŞtĂ©e sur les projets qui sont pertinents. »

Certains Ă©lus du Sud-Ouest menacent de ne pas financer la ligne Ă  grande vitesse Tours-Bordeaux, prĂ©vue en 2017, s’ils n’obtiennent pas le tronçon Bordeaux-Hendaye avant 2030? L’État peut-il faire face Ă  ce chantage?

« Ce n’est pas un chantage. Quand on lance quatre LGV, il faut bien trouver des financements. Il a donc fallu essayer de trouver des montages plus ou moins heureux : 57 collectivitĂ©s ont Ă©tĂ© appelĂ©es au financement de Tours-Bordeaux. On en arrive Ă  cette situation assez rocambolesque d’avoir contraint des collectivitĂ©s Ă  aller financer des barreaux qui ne les concernent pas directement. Pour le moment, c’est vrai que Toulouse paie pour Tours-Bordeaux. Effectivement, il y a cet engagement de la parole de l’Etat. Les Ă©lus, lĂ©gitimement, disent : +Nous avons Ă©tĂ© engagĂ©s pour un projet global+. C’est pour cela qu’il faut Ă  l’avenir Ă©viter ce genre de montages sophistiquĂ©s. Cela revient Ă  vendre, si ce n’est du rĂŞve, en tout cas des promesses Ă  crĂ©dit. Mais la question (du chantage) ne se pose pas. Je suis en train de recevoir toutes les rĂ©gions et elles voient que notre dĂ©marche est construite et cohĂ©rente, et permet aux rĂ©gions et aux dĂ©partements d’avoir une poursuite raisonnable et cohĂ©rente des projets. »

Comment réagissez-vous aux vives critiques des élus alsaciens sur le report de la dernière phase de la LGV Rhin-Rhône?

« Je trouve qu’il ne faudrait pas qu’on aille jusqu’Ă  l’indĂ©cence. L’amĂ©nagement du territoire ne peut pas ĂŞtre une action de lobbying. En dix ans, neuf milliards ont Ă©tĂ© investis sur les deux branches de LGV vers l’Est. Ces Ă©lus exigent, alors mĂŞme que l’effort de la nation leur a amenĂ© deux LGV, des investissements d’un milliard supplĂ©mentaire, alors que d’autres territoires n’ont pas la chance d’avoir ne serait-ce que des Trains d’Ă©quilibre du territoire (TET ou IntercitĂ©s, ndlr) ou de la rĂ©gularitĂ© dans les dessertes. J’assume une approche responsable et Ă©quitable envers les diffĂ©rents territoires, notamment ceux du Centre ou du Sud. Nous devons avoir une vision d’ensemble et il ne doit pas y avoir de sous-rĂ©gions ou de rĂ©gions dĂ©gradĂ©es. Le maillage territorial doit assurer, en fonction des situations, une Ă©galitĂ© de chance des territoires face aux transports. Et ce transport n’est pas nĂ©cessairement de la grande vitesse. »

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