« Une association permet de réunir des acteurs économiques, politiques et associatifs, explique David Lesvenan, président de Point BZH et élu à la mairie de Quimper (PS). L’association est indépendante même si le conseil régional a sa place dans la gouvernance. C’est une manière de fédérer autour d’un projet à visée non lucrative ». Ce sont aussi des associations qui gèrent le .fr (l’Afnic depuis 25 ans), le .cat (en Catalogne) ou le .org.
Devenir l’instance d’attribution des noms de domaine – En fĂ©vrier 2012, l’association Point BZH a modifiĂ© ses statuts pour devenir, Ă terme, la structure d’exploitation des noms de domaines. « C’est une continuitĂ© logique du projet, poursuit D. Lesvenan. Le .bzh porte sur un marchĂ© de niche et peut devenir rapidement rentable. Comme en Catalogne, les bĂ©nĂ©fices dĂ©gagĂ©s seront rĂ©-investis dans la communautĂ©, permettront de baisser les tarifs et de valoriser des projets autour de la langue et de la culture ».
L’association, tout comme les collectivités qui la soutiennent financièrement, espèrent des effets positifs pour leur territoire dans plusieurs domaines :
- visibilité sur la toile ;
- complémentarité avec les politiques de marque territoriale ;
- développement de nouveaux usages auprès des particuliers et des entreprises ;
- rendre accessible aux acteurs économiques régionaux des noms de domaines stratégiques en .bzh (comme tourisme.bzh ou credit.bzh).
Difficiles projections Ă©conomiques – Bien qu’on recense actuellement 14 000 noms de domaines faisant explicitement rĂ©fĂ©rence Ă la Bretagne, l’association .bzh convient qu’il est difficile de chiffrer les retombĂ©es Ă©conomiques d’une nouvelle extension. « Les arguments Ă©conomiques sont d’abord de portĂ©e gĂ©nĂ©rale (image de marque, notoriĂ©tĂ©) et collective plus que sur des perspectives dĂ©montrables d’effets levier et de retour Ă©conomique liĂ©s au projet », annonçait, en 2008, une Ă©tude du conseil rĂ©gional. C’est pourquoi l’association .bzh se fie aux approches qualitatives observĂ©es en Europe. La mĂŞme Ă©tude relève que « .cym [Pays de Galles] rĂ©pond aux besoins stratĂ©giques d’un certain nombre de secteurs industriels spĂ©cialisĂ©s pour lesquels .co.uk ou .com sont considĂ©rĂ©s comme trop gĂ©nĂ©riques et ne rĂ©pondent pas Ă tous les arguments de vente de leurs produits. Cela concerne en particulier le tourisme, les TIC, l’agroalimentaire, les industries culturelles et les mĂ©dias ».
Du côté de la Catalogne, où le .cat fonctionne depuis le 13 février 2006, la fondation Punt cat misait sur 10 000 attributions à ses débuts et en a attribué presque 54 000 à ce jour. « Beaucoup d’entreprises étrangères sont intéressées par notre extension .cat car elle leur permet de se rapprocher de leurs clients, précise Irene Cabrera, chargée de communication à la fondation Punt cat. En marketing, on parle de segmentation de marché. »
Une candidature coĂ»teuse – La candidature Ă l’Internet corporation for assigned names andnumbers (ICANN) est coĂ»teuse. « Il faut verser 185 000 dollars (soit environ 138 000 euros, ndlr), prĂ©cise M. Lesvenan. C’est un système Ă l’amĂ©ricaine qui fait porter les frais de dossier sur les candidats ; c’est la mĂŞme chose pour les labellisations Afnor, par exemple. Mais si on parle d’argent, tout est relatif. Combien coĂ»te un spot tĂ©lĂ©visĂ© de 30 secondes pour la finale de l’Euro de football ? C’est Ă peu près le mĂŞme montant, pour un impact dans le temps beaucoup plus court. » En outre, l’association a engagĂ© des dĂ©penses auprès de prestataires comme l’Association française pour le nommage internet en coopĂ©ration (Afnic)(1). Pour se financer, elle a reçu, depuis 2009 :
- 230 000 euros de la région Bretagne
- 14 000 euros de Quimper Communauté
- 10 000 euros du conseil général de Loire-Atlantique
- une subvention de l’Etat.
Le calendrier et les modalités d’examen de dossier seront rendus publics par l’ICANN à la mi-juillet. Avec 1 930 dossiers en cours, les risques de retard sont patents.
Les territoires européens portant des candidatures non marchandes (réunis dans la structure ECLID) poursuivent donc leur travail de lobby auprès de cette instance américaine pour bénéficier d’un traitement accéléré.
Références
Synthèse de l’étude de Bretagne Prospective pour la région Bretagne (juillet 2008)
Thèmes abordés
Régions
Notes
Note 01 L'Afnic a accompagné 16 dossiers de l’ICANN parmi lesquels ceux de la mairie de Paris, .bzh, Canal+ Groupe, la gestion des extensions bancaires et Bostik. Retour au texte









