L’agroalimentaire français décroche. Et ce décrochage historique menace directement l’emploi, l’activité économique et la vitalité des territoires.
En un an, l’excédent agroalimentaire français, longtemps locomotive de notre commerce extérieur, a chuté de 5 milliards d’euros. Il ne reste plus que 200 millions d’euros d’excédent. Autrement dit, la France est désormais à la limite du déficit.
Un décrochage alarmant mais pas définitif
Dans le même temps, l’Union européenne affiche un excédent agricole supérieur à 50 milliards d’euros et plusieurs de nos voisins comme l’Italie, l’Espagne et la Pologne, accélèrent leur montée en puissance, au point de pouvoir dépasser la France d’ici 2030.
Ce décrochage n’est pas une fatalité. Mais il impose un choix collectif rapide. Vous le savez mieux que quiconque : lorsqu’une exploitation disparaît faute de repreneur, elle ne rouvre pas. Lorsqu’un site agroalimentaire ferme ou se délocalise, ce sont des emplois, un savoir-faire et une partie de la vie des communes qui s’éteignent durablement.
Dans ce contexte fragilisé, les 2 100 coopératives agricoles françaises continuent d’être le poumon économique des territoires. Entreprises par nature non délocalisables, elles représentent, 50% de ce que les français consomment chaque jour, 3 agriculteurs sur 4 et le premier employeur privé des zones rurales avec plus de 200 000 emplois.
Partout en France, elles maintiennent la collecte, reprennent des entreprises en difficulté, investissent dans les outils industriels et préservent l’emploi local. Au total, les coopératives prévoient 10 milliards d’euros d’investissements sur 3 ans pour moderniser, décarboner et renforcer la compétitivité des filières, faisant d’elles le premier investisseur privé des territoires.
Les collectivités au cœur de la reconquête alimentaire
Mais pour amplifier cette dynamique, elles ont besoin d’un environnement local favorable. Les communes et intercommunalités disposent de leviers concrets pour soutenir la souveraineté agricole et alimentaire :
Premier levier : la commande publique alimentaire. Le Premier ministre s’y est engagé en janvier dernier, en annonçant la mobilisation du milliard d’euros annuel de la commande alimentaire de l’État en faveur de produits agricoles et alimentaires issus de l’Union européenne. Les collectivités peuvent, elles aussi, activer ce levier. Chaque repas de restauration collective intégrant des produits français issus de filières coopératives locales soutient directement l’économie du territoire.
Deuxième levier : accélérer les transitions et les innovations. Décarbonation, adaptation au changement climatique, énergies renouvelables : ces projets prennent racine dans les fermes et les coopératives, mais leur déploiement dépend très concrètement des choix d’aménagement, d’accompagnement, d’autorisation portés par les communes et les intercommunalités.
Troisième levier : l’engagement politique territorial. La Charte de l’élu municipal pour la souveraineté agricole et alimentaire portée par La Coopération Agricole, vise à renouer le lien entre les citoyens et le monde agricole qui se distend toujours un peu plus. Vous pouvez favoriser le dialogue dans les arènes de démocratie locale et valoriser l’agriculture et l’alimentation.
Le temps n’est plus aux diagnostics. La reconquête de la souveraineté alimentaire doit produire des effets visibles dans les cinq prochaines années si nous voulons préserver notre tissu productif.
Les prochaines élections municipales constitueront, à cet égard, un moment clé pour débattre et renforcer le lien entre agriculture, alimentation, emploi et projets de territoire.
Les Français sont de plus en plus attentifs à l’origine de leur alimentation. Aux collectivités de créer les conditions pour que la réponse soit claire : une alimentation produite, transformée et valorisée chez nous.
A l’échelle d’un mandat, il est possible d’inverser la tendance alors faisons-le ensemble !
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