« Un appel aux 36 000 maires de France. » Alors que la colère des agriculteurs ne faiblit pas après l’adoption, le 9 juin, du traité UE-Mercosur par le Conseil de l’Union européenne, le député (LR) de l’Aisne, Julien Dive, tente de mobiliser les élus locaux. Dans une vidéo publiée sur X, il les incite à « montrer l’opposition des territoires », en « adoptant une délibération, un vœu ou encore une motion en conseil municipal, départemental et régional, afin d’appeler l’Etat français et les parlementaires européens à saisir la Cour de justice de l’Union européenne ».
Selon le député, plus de 150 maires auraient annoncé le suivre dans cette mobilisation « décisive ». « Par vos délibérations, vous avez le pouvoir d’amplifier la voix des territoires et de rappeler que notre souveraineté alimentaire et le respect des règles démocratiques européennes ne sont pas négociables », écrit-il.
Pour faciliter l’action des élus, un modèle de délibération est joint à son appel. Il est notamment précisé que « les difficultés croissantes du secteur agricole, confronté à une baisse structurelle des revenus et à une érosion continue du nombre d’exploitations, menacent la vitalité des zones rurales », que les exploitations agricoles constituent un pilier économique et social dans ces territoires et qu’il « relève de la compétence et du devoir du Conseil Municipal de défendre les intérêts économiques et sociaux de son territoire et d’exprimer les préoccupations légitimes de ses habitants ».
Cet appel intervient alors que les eurodéputés doivent se prononcer, mercredi 21 janvier, sur une résolution visant à saisir la Cour de justice afin qu’elle se prononce sur la compatibilité de l’accord avec les traités européens. Une étape importante qui pourrait retarder la ratification du traité par le Parlement européen, prévue au printemps avec une application directe.
Cantines et drapeaux
Depuis plusieurs semaines déjà, de nombreux élus se sont engagés sur le sujet. C’est le cas de François Sauvadet, président (UDI) du conseil départemental de la Côte-d’Or, qui a annoncé son souhait d’interdire l’utilisation des produits en provenance d’Amérique du Sud dans les cantines scolaires des collèges. Même position dans la Marne, la Seine-et-Marne ou encore le Loiret.
L’achat public dans le domaine de la restauration collective est en effet un levier qui peut permettre aux élus locaux de peser dans la balance, comme nous l’expliquons dans cet article.
Le sujet s’invite même dans la campagne des municipales. A Avion (Pas-de-Calais) par exemple, le maire (PCF) Jean Létoquart, candidat à sa réélection, s’engage à ce que le conseil municipal vote une motion pour interdire au prestataire de restauration scolaire les viandes qui viendraient d’Amérique du Sud. A Tours, le candidat (RN) Aleksandar Nikolic promet de son côté « 100% de viande française ».
Plus symbolique, plusieurs dizaines de mairies ont décidé de retirer le drapeau européen de leur fronton, notamment dans le Gard, le Vaucluse, la Dordogne, la Mayenne, les Côtes-d’Armor, la Somme.
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