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Culture

Cinéma et audiovisuel : les collectivités confortent leur rôle financier

Publié le 07/05/2013 • Par Hélène Girard • dans : A la une, France

cinema
mr green - Fotolia.com
Alors que la plupart des activités culturelles enregistrent une diminution des crédits publics, la production cinématographique et audiovisuelle a bénéficié, en 2012, d’une hausse sensible du soutien financier apporté par les collectivités. C’est ce que montre l’enquête effectuée chaque année, au niveau national, par l’Agence régionale du Centre pour le livre, l’image et la culture numérique (Ciclic).

Comme tous les ans, le Guide des soutiens des rĂ©gions, dĂ©partements et villes Ă  la production cinĂ©matographie et audiovisuelle, publiĂ© par l’Agence rĂ©gionale du Centre pour le livre, l’image et la culture numĂ©rique (Ciclic), s’accompagne d’une photographie des « tendances globales Â».

Contre toute attente en pĂ©riode de crise, et après quelques annĂ©es de faible progression, puis de stabilisation, 2012 se solde par une hausse importante des crĂ©dits octroyĂ©s par les collectivitĂ©s aux activitĂ©s cinĂ©matographiques et audiovisuelles : rĂ©gions, dĂ©partements et villes ou agglomĂ©rations y ont investi 60,5 millions d’euros dans ces secteurs. Soit une progression de 8,4 % en un an.

Evolutions contrastĂ©es – Ces crĂ©dits reprĂ©sentent 1 622 aides diffĂ©rentes, chiffre Ă©galement en hausse, de 8,6 %. Les deux secteurs – cinĂ©ma, audiovisuel – en profitent (58 % pour les projets cinĂ©matographiques, 42 % pour l’audiovisuel), mais l’évolution est contrastĂ©e : + 3 % pour les crĂ©dits destinĂ©s au cinĂ©ma, + 17 % pour l’audiovisuel.
MĂŞme tendance pour ce qui est du nombre d’aides : + 5 % pour le cinĂ©ma, + 11 % pour l’audiovisuel.

Autre nuance Ă  prendre en compte : si l’on considère le nombre d’aides, le rapport s’inverse au bĂ©nĂ©fice de la production audiovisuelle qui concerne 58 % des dossiers, contre 42 % pour le cinĂ©ma.  « Ces rapports inversĂ©s sont liĂ©s aux moyennes d’aide qui sont supĂ©rieures sur les projets cinĂ©ma Â», expliquent les auteurs.

Ces derniers prĂ©cisent que la forte hausse des aides en faveur de l’audiovisuel s’explique par l’engagement des collectivitĂ©s en faveur du documentaire, genre qui a captĂ©, l’an passĂ©, 18 % des crĂ©dits (11 millions d’euros).

Les crédits 2012 par genre

Hausse des financements croisĂ©s – « Le nombre d’aides Ă©volue proportionnellement aux crĂ©dits, cette hausse s’expliquant notamment par l’augmentation des financements croisĂ©s de plusieurs collectivitĂ©s d’un mĂŞme territoire gĂ©ographique sur la mĂŞme Ĺ“uvre Â», commentent les auteurs. Ainsi, 211 Ĺ“uvres ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de deux, voire trois ou quatre aides diffĂ©rentes.

Le croisement des financements s’observe en effet dans 9 rĂ©gions :

  1. Alsace,
  2. Aquitaine,
  3. Bretagne,
  4. Ile-de-France,
  5. Lorraine,
  6. Pays de la Loire,
  7. Poitou-Charentes,
  8. Provence-Alpes-Côte d’Azur,
  9. RhĂ´ne-Alpes.

Nombre d'oeuvres aidées par territoire géographique

RĂ©gions omniprĂ©sentes – Au total, 45 collectivitĂ©s territoriales se sont impliquĂ©es dans le financement du cinĂ©ma et de l’audiovisuel en 2012.  Soit : 26 rĂ©gions (1), 17 dĂ©partements, 1 communautĂ© urbaine (celle de Strasbourg) et 1 ville (Paris).

En quinze ans, ce type d’intervention s’est donc clairement imposĂ© comme une affaire des rĂ©gions. Mais certaines affirment leur positionnement plus que d’autres, notamment celles qui, dĂ©jĂ  fortement impliquĂ©es,  n’ont de cesse de renforcer leurs investissements.
« Cela marque le mouvement d’une spĂ©cialisation et d’une diffĂ©renciation inĂ©luctables, dont il conviendra de traduire la rĂ©alitĂ© en matière de dĂ©centralisation Â», observe Olivier Meneux, directeur de Ciclic.
Par conséquence, complète Jérôme Parlange, coordonnateur de l’enquête, celles qui se situent dans le milieu du palmarès devront s’interroger sur la pertinence de leur engagement [écouter l’interview audio ci-dessous].

Sur ces 45 collectivitĂ©s, 25 ont fait preuve d’audace en augmentant leurs crĂ©dits, Ă  hauteur de 27 % en moyenne  (19 rĂ©gions, 4 dĂ©partements et 2 villes). 8 collectivitĂ©s (4 rĂ©gions et 4 dĂ©partements) ont optĂ© pour la stabilitĂ©.
Enfin, 11 collectivitĂ©s ont rĂ©duit leurs crĂ©dits en 2012. Elles l’ont fait de façon sensible : en moyenne – 42 %.

Depuis 1997, le nombre de collectivitĂ©s engagĂ©es dans le financement du cinĂ©ma et de l’audiovisuel a quasiment doublĂ©, passant de 23 Ă  45. Les crĂ©dits accordĂ©s ont dĂ©cuplĂ© : 6,2 millions d’euros en 1997, 60,5 en 2012.

Un développement soutenu depuis 15 ans

 5 rĂ©gions occupent le peloton de tĂŞte et dĂ©passent le seuil du million d’euros de crĂ©dits :

  1. Ile-de-France,
  2. RhĂ´ne-Alpes,
  3. Provence-Alpes-Côte d’Azur,
  4. Aquitaine,
  5. Réunion.

Cette dernière, qui s’investit dans le cinĂ©ma et l’audiovisuel depuis 2011, compense sa faible anciennetĂ© par un effort de 1,1 million d’euros sur l’annĂ©e 2012, soit une hausse de 264 %. Ce rattrapage accentue l’augmentation globale des investissements des collectivitĂ©s Ă  l’échelle nationale.

« Entre économie et culture, les collectivités font le grand écart »

Jérôme Parlange, coordinateur de l’étude du Ciclic sur les tendances 2012 des soutiens à la production cinématographique et audiovisuelle

Comment expliquez-vous cette forte progression des investissements territoriaux ?

 

Quels sont les enjeux de cette concurrence entre collectivités pour attirer les producteurs ?

 

Avec ces investissements, les collectivités oscillent entre ambitions culturelles et buts économiques. Comment faire la part des choses ?

 

Les collectivitĂ©s aiment les documentaires

37 collectivitĂ©s ont investi 11 millions d’euros dans la production de documentaires en 2012, soit une hausse de 29 % des crĂ©dits pour 694 aides. La Guyane et les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques sont rentrĂ©es l’an passĂ© dans ce cercle d’investisseurs. En moyenne, l’enveloppe s’élève Ă  23 500 euros pour l’aide Ă  la production (2), 4 900 pour l’aide Ă  l’écriture. Soit, respectivement, une hausse de 13 % et 6 %. En dix ans, les crĂ©dits ont triplĂ© et le nombre d’aides a doublĂ©.

Le financement des documentaires prĂ©sente une spĂ©cificitĂ© : il s’agit du seul genre oĂą l’aide Ă  l’écriture-dĂ©veloppement reprĂ©sente plus de 10 % des investissements et 40 % du total des aides. En dix ans, les crĂ©dits pour l’écriture ont Ă©tĂ© multipliĂ©s par 5,4 %, ceux pour la production par 3.

Dans le peloton de tĂŞte, on trouve par ordre d’importance des crĂ©dits :

  1. la Corse (1,302 million, + 105 %),
  2. l’Ile-de-France (1,206 million),
  3. RhĂ´ne-Alpes (627 000 euros),
  4. Bretagne (617 000)
  5. et la CommunautĂ© urbaine de Strasbourg (534 000).

Les crĂ©dits sont majoritairement distribuĂ©s hors Ile-de-France (66 %).

Négociations Etat-régions

Beaucoup de collectivités interviennent dans les secteurs cinématographique et audiovisuel par le biais de conventions signées avec le Centre national de la cinématographie et de l’image animée (CNC) dans le cadre du dispositif « 1 euro du CNC, 2 euros de la collectivité ». Actuellement l’Etat et les régions négocient une quatrième vague de conventions triennales (2014-2016).

Notes

Note 01 Les auteurs précisent que la Martinique n’a pas pu figurer dans l’étude, faute d’avoir envoyé les éléments d’information nécessaires. Par ailleurs, pour l’année 2013, la région Franche-Comté a suspendu son fonds d’aide. Retour au texte

Note 02 Contre 168 000 euros pour un long mĂ©trage et 22 500 pour un court mĂ©trage. Retour au texte

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