La Commission européenne va devoir convaincre qu’elle peut gérer seule une enveloppe de 40 milliards d’euros et doper les investissements privés et publics pour financer des projets transeuropéens souvent délaissés par les gouvernements et les acteurs économiques nationaux. Sur les 50 milliards du futur « Fonds infrastructures », 10 milliards proviendront en effet du Fonds régional de cohésion géré au niveau national. Ils seront réservés aux transports.
31,7 milliards pour les transports transfrontaliers – Les transports transfrontaliers sont, de fait, la grande prioritĂ©, avec une dotation de 31,7 milliards d’euros, contre 9,2 milliards d’euros pour les infrastructures numĂ©riques (haut dĂ©bit, surtout, et services en ligne) et 9,1 pour l’énergie.
Selon les projets de la Commission vus par La Gazette des communes, le Fonds infrastructures viendra compléter les aides directes européennes via divers instruments financiers, comme des prêts, des garanties, des fonds d’investissement ou encore des emprunts obligataires européens.
Bruxelles espère ainsi susciter des « effets de levier » pour attirer les capitaux privés et susciter des partenariats public-privé.
« Cela ne fait aucun doute, l’Europe a un grand besoin d’infrastructures rapides, d’interconnexions, pour les passagers et les marchandises dans les transports, par exemple », souligne la présidente du Comité des régions de l’UE, Mercedes Bresso, dans une interview accordée à La Gazette des communes, citant notamment le « très coûteux » fret transalpin, transPyrénées, mais aussi les interconnexions entre les ports européens et les réseaux électriques intelligents.
Projets prioritaires – Les trois commissaires europĂ©ens concernĂ©s par ces fonds – GĂĽnther Oettinger (Energie), Siim Kallas (Transports) et Neelie Kroes (TĂ©lĂ©communications) – ont Ă plusieurs reprises Ă©voquĂ© leurs projets prioritaires.
Neelie Kroes a mis l’accent sur les rĂ©seaux internet Ă haut dĂ©bit, dotĂ©s d’au moins 7 milliards d’euros, et qui, selon ses prĂ©visions, devraient permettre de lever de 50 Ă 100 milliards d’euros en investissements privĂ©s et publics sur les marchĂ©s, sachant que couvrir toute l’UE de rĂ©seaux internet Ă grande vitesse coĂ»terait jusqu’à 270 milliards d’euros d’ici Ă 2020.
GĂĽnther Oettinger mise, lui, sur les interconnections dans les secteurs du gaz et de l’Ă©lectricitĂ©. Il a identifiĂ© une douzaine de projets qui concernent au minimum une dizaine d’Etats, comme le projet d’interconnexions Ă©lectriques Nord-Sud entre la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, Malte, le Portugal, l’Espagne et le Royaume-Uni.
Ce sont environ 200 milliards d’investissement qui devront être effectués dans les gazoducs et les réseaux électriques.
Siim Kallas a la même démarche pour les transports terrestres, mais également maritimes et aériens. Selon les études de la Commission, répondre à la demande en matière de transport en Europe coûterait plus de 1 500 milliards d’euros pour 2010-2030.
A lui seul, l’achèvement du réseau transeuropéen de transport exigera environ 500 milliards d’euros d’ici 2020.
RĂ©ticences – En pilotant elle-mĂŞme ces fonds, la Commission espère donc mieux connecter les infrastructures europĂ©ennes alors que les fonds rĂ©gionaux sont trop souvent utilisĂ©s Ă des fins de politique locale interne.
Ce qui pourrait poser des problèmes à certains Etats membres, comme la Pologne qui a déjà exprimé ses réticences à l’égard d’un pilotage bruxellois.
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