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Fiches de révision : Les professionnels du travail social

Publié le 01/04/2013 • Par Dunod Éditions • dans : Fiches de révision

Ma Gazette

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Historique : les mutations du travail social

C’est la loi 2002-2 qui fait, la première, Ă©tat d’« Ă©quipes pluridisciplinaires qualifiĂ©es Â», dont le niveau de qualification est fixĂ© par dĂ©cret, Ă  propos des professionnels travaillant dans les institutions sociales et mĂ©dico-sociales (1). Les textes relatifs Ă  l’enfance handicapĂ©e (les annexes XXIV) Ă©voquent bien la formation et le rĂ´le du Directeur comme la qualification des autres professionnels, mais elles se cantonnent au domaine de l’enfance handicapĂ©e. Aucune exigence transversale n’apparaĂ®t vĂ©ritablement en la matière avant les annĂ©es 1960.
L’exigence de qualification est en effet assez rĂ©cente, tant pour les Ă©quipes de direction que pour l’ensemble des professionnels. MĂŞme si la profession « historique Â» du secteur, les assistants de service social, voit son diplĂ´me créé en 1932, les autres diplĂ´mes n’apparaissent qu’à partir des annĂ©es 1960. Jusque dans les annĂ©es 1980, les professions sociales se multiplient et s’institutionnalisent. Les termes « travail social Â» et « travailleurs sociaux Â» Ă©mergent, venant marquer « la construction du social comme entitĂ© professionnelle Â» (2). Mais dans un contexte de massification des besoins sociaux et de maĂ®trise des dĂ©penses publiques dans le secteur, les annĂ©es 1980-1990 marquent une pause dans l’exigence de qualification.
Ă€ partir de cette pĂ©riode, on assiste Ă  une Ă©volution des recrutements vers les niveaux IV et V, au dĂ©triment du niveau III, Ă  une dĂ©qualification de certaines fonctions, dans la mesure oĂą tendent Ă  se gĂ©nĂ©raliser les « faisant fonction Â» (par exemple, le nombre d’aides mĂ©dico-psychologiques (AMP), de niveau V, recrutĂ©es augmente, appelĂ©es souvent Ă  exercer des tâches dĂ©volues Ă  des fonctions de niveau III), ce qui ne sera pas sans consĂ©quence sur les problèmes de mobilitĂ© professionnelle auxquels le secteur est encore confrontĂ© aujourd’hui. En outre, les mĂ©tiers de la « mĂ©diation Â» se sont dĂ©veloppĂ©s au sein des professions sociales. Viendront s’ajouter Ă  ces Ă©volutions, la loi sur l’amĂ©nagement et la rĂ©duction du temps de travail (ARTT) qui a conduit Ă  des rĂ©organisations au sein des structures, comme l’évolution de la pyramide des âges avec des dĂ©parts en retraite massifs prĂ©vus dans les annĂ©es 2000, qui vont fortement impacter le paysage de l’intervention sociale, et sont autant d’enjeux Ă  prendre en compte dans le dĂ©veloppement de la qualification et des compĂ©tences dans le secteur. Dans ce contexte, la question du recrutement fait actuellement l’objet d’un plan MĂ©tiers initiĂ© par l’État, qui a vocation, dans le secteur des personnes âgĂ©es et des personnes handicapĂ©es, Ă  anticiper les besoins en personnels qui vont se faire sentir.
L’évolution des besoins sociaux, du profil des professionnels et des mĂ©tiers, comme l’évolution des compĂ©tences, des dĂ©cideurs, des dispositifs, des nouvelles rĂ©ponses, et de l’offre de formation… brouillent les cartes. La question de la structuration professionnelle du secteur apparaĂ®t capitale, et le dĂ©bat autour des notions de « travail social Â» versus « intervention sociale Â» ou autour de celles de « qualifications Â» versus « compĂ©tences Â», en est une illustration. Surtout, les professionnels doivent intĂ©grer un cadre Ă  plusieurs dimensions dans l’exercice de leur profession : l’établissement ou le service, l’association ou la collectivitĂ© gestionnaire, le rĂ©seau, le territoire, la politique publique dĂ©finissant leur mission de plus en plus complexe… Ce qui suppose des savoirs, des savoir-faire, des savoir-ĂŞtre très larges, tout en intervenant auprès de publics aux problĂ©matiques parfois très diffĂ©rentes. La relation avec l’usager demeure centrale, et implique une rĂ©flexion sur leur positionnement professionnel et l’éthique de leur intervention. Ils sont ainsi incitĂ©s Ă  combiner des modes d’intervention variĂ©s, alliant travail individuel et actions collectives.
Cette fiche propose un tour d’horizon des différents professionnels et des niveaux de formation des diplômes correspondants. Elle esquisse les contours des multiples formations existantes dans le secteur, en faisant état de leur pilotage par les pouvoirs publics aux différents échelons territoriaux. La validation des acquis de l’expérience et le métier de directeur d’établissement ou service sont enfin abordés comme des évolutions récentes qui ne manqueront pas de redessiner quelque peu le paysage de l’intervention sociale.

Les différents professionnels et le niveau de formation des diplômes

Les principales fonctions et professions : un principe de pluridisciplinaritĂ©

De nombreux professionnels interviennent dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux, et, quel que soit le secteur, on retrouve en général les fonctions et professions qui suivent.

Aide médico-psychologique

L’AMP travaille essentiellement dans les établissements accueillant des personnes âgées ou handicapées. Il accompagne au quotidien ces personnes dans les gestes de la vie quotidienne (coucher, lever, toilette, habillage, repas, déplacements, etc.). Il a également un rôle d’encouragement et de soutien de la communication.

Auxiliaire de vie sociale

L’AVS intervient en général au domicile des personnes qui ne peuvent assumer seules les tâches de la vie quotidienne (personnes âgées, familles, personnes handicapées, malades).

Technicien de l’intervention sociale et familiale

Le TISF intervient, sur leur lieu de vie, auprès de familles qui ont besoin d’aide dans des circonstances particulières (décès d’un parent, hospitalisation, naissance, longue maladie, handicap, etc.). Il épaule la famille en assumant le quotidien (entretien du logement, préparation des repas, l’aide aux devoirs) et soutient les parents dans l’éducation de leurs enfants.

Moniteur-éducateur

Le ME participe, en liaison avec les autres professionnels de l’éducation spécialisée, à l’action éducative et à l’organisation de la vie quotidienne des enfants, adolescents ou adultes en difficulté ou handicapés accueillis dans les institutions médico-sociales.

Assistant de service social

L’ASS intervient auprès de personnes confrontées à des difficultés familiales, professionnelles, financières, scolaires ou médicales. Il leur apporte une aide et un soutien, aussi bien psychologique, social que matériel, pour les inciter à trouver ou à retrouver une autonomie et faciliter leur insertion sociale et professionnelle. Ses domaines et secteurs d’intervention sont très diversifiés (collectivités locales, établissements publics, associations, etc.).

Éducateur spécialisé

L’ES concourt à l’éducation d’enfants et d’adolescents ou au soutien d’adultes présentant des déficiences physiques, mentales ou psychiques, des troubles du comportement ou qui ont des difficultés d’insertion. Il aide les personnes en difficulté à restaurer ou à préserver leur autonomie, à développer leurs capacités de socialisation, d’intégration ou d’insertion. Il favorise également les actions de prévention. Il travaille le plus souvent dans le secteur associatif, en milieu ouvert ou en établissement.

Éducateur de jeunes enfants

L’EJE est un spĂ©cialiste de la petite enfance. Il assure des fonctions d’accueil, d’éducation d’enfants âgĂ©s de 0 Ă  7 ans en relation avec leurs parents. Il les accompagne dans leur apprentissage de l’autonomie, de la vie sociale. Ce mĂ©tier s’exerce principalement dans les crèches, haltes-garderies, jardins d’enfants.

Éducateur technique spécialisé

L’ETS est à la fois éducateur et spécialiste d’une technique professionnelle qu’il transmet aux personnes dont il a la charge. Il est ainsi spécialiste de l’adaptation ou de la réadaptation professionnelle des jeunes ou des adultes. Il exerce son activité principalement dans les instituts médico-professionnels, les établissements et services d’aide par le travail, les centres de rééducation, les entreprises d’insertion, etc.

Conseiller en économie sociale et familiale

Le CESF aide les individus, les familles et groupes à résoudre leurs problèmes de vie quotidienne par l’information, le conseil technique, l’organisation de formations. Ses domaines et secteurs d’intervention sont très diversifiés (services sociaux des collectivités locales, caisses de sécurité sociale, associations, etc.).

Médiateur familial

Le mĂ©diateur familial accompagne les personnes en situation de rupture ou de sĂ©paration afin de favoriser la reconstruction de leur lien familial et d’aider Ă  la recherche de solutions rĂ©pondant aux besoins de chacun des membres de la famille. Il exerce dans des structures diverses : associations Ă  caractère social ou familial, associations spĂ©cifiques de mĂ©diation familiale, services publics ou para-publics (CAF, MSA…) et parfois en secteur libĂ©ral.

Certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unité d’intervention sociale

Les professionnels titulaires d’un CAFERUIS sont responsables d’une unité de travail, assurent l’encadrement d’une équipe et des actions directement engagées auprès des usagers. Chefs de service, ils pilotent l’action dans le cadre des projets de service. Intermédiaires entre direction et équipes, ils sont en position d’interface dans les organisations, ce qui leur confère un rôle essentiel pour la mise en œuvre des réponses aux besoins des usagers.

Diplôme d’État d’ingénierie sociale

Le titulaire d’un DEIS (diplôme d’État d’ingénierie sociale, qui a remplacé le DSTS) développe des compétences dans les domaines de la connaissance et l’expertise des politiques sociales, la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de projets d’intervention sociale, la direction et la gestion de service et l’encadrement d’équipes, la méthodologie de recherche. Parce qu’il est un diplôme de niveau I, les titulaires du DEIS peuvent prétendre au poste de directeur d’établissement ou de service

Certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement et de service d’intervention sociale

Les professionnels titulaires d’un CAFDES sont formés pour être directeurs d’établissement ou de service d’intervention sociale. Ils doivent assurer aux usagers une prise en charge individualisée de qualité, faciliter leur expression, la satisfaction de leurs besoins, l’accès à leurs droits et l’exercice effectif de leur citoyenneté. Leur champ d’action inclut la participation à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques territoriales d’action sanitaire et sociale, la définition et la conduite d’un projet d’établissement ou de service, le management et la gestion des ressources humaines, la gestion économique, financière et logistique.
Interviennent aussi : des mĂ©decins, des psychiatres, des psychologues, des psychomotriciens, des infirmiers, des aides-soignants, des orthophonistes, des kinĂ©sithĂ©rapeutes, des ergothĂ©rapeutes, des orthoptistes, des enseignants, des secrĂ©taires, des agents d’entretiens, des cuisiniers, des maĂ®tresses de maison, des surveillants de nuit.

Les niveaux de formation des diplĂ´mes : des cartes qui se brouillent

Le classement traditionnel des diffĂ©rents niveaux de formation scolaire et universitaire des professionnels de l’action sociale et mĂ©dico-sociale est le suivant :

  • niveau V : BEP ou CAP (par exemple aide mĂ©dico-psychologique) ;
  • niveau IV : baccalaurĂ©at (par exemple moniteur Ă©ducateur) ;
  • niveau III : baccalaurĂ©at + 2 annĂ©es (par exemple Ă©ducateur spĂ©cialisĂ©) (3) ;
  • niveau II : baccalaurĂ©at + 3 annĂ©es (par exemple CAFERUIS) ;
  • niveau I : baccalaurĂ©at + 4 annĂ©es (par exemple DEIS et CAFDES).

Mais on s’aperçoit que ce classement ne correspond plus aujourd’hui Ă  la rĂ©alitĂ©, puisqu’il se produit un Ă©cart entre les formations acquises Ă  titre personnel et les diplĂ´mes professionnels : ainsi, par exemple, de plus en plus d’aides mĂ©dico-psychologiques, de niveau V, sont en fait titulaires d’un baccalaurĂ©at. De plus, on a vu apparaĂ®tre, depuis les annĂ©es 1980, de nouveaux mĂ©tiers de « l’intervention sociale Â», de la mĂ©diation aux emplois familiaux, de la tĂ©lĂ©phonie sociale Ă  l’insertion, certains emplois-jeunes… Loin de menacer directement les emplois en place, il semble qu’ils aient permis Ă  de nouvelles pratiques de se dĂ©velopper et de « briser l’hĂ©gĂ©monie fragile du travail social instituĂ© Â» ; « c’est le sens de la locution « intervention sociale Â» par diffĂ©rence avec le « travail social Â» Â» (4). Avec, si ce n’est une diffĂ©renciation basĂ©e sur l’innovation dans l’action, du moins une prise en compte plus large du « milieu Â» de la personne accompagnĂ©e, autrement dit un accompagnement social qui tente plus largement de jouer sur l’environnement de la personne bĂ©nĂ©ficiaire de l’aide, et qui n’est plus centrĂ© uniquement sur elle.
Aujourd’hui, la typologie des emplois sociaux, identifiĂ©s dans le cadre d’une recherche dans Les mutations du travail social (5), peut ĂŞtre rĂ©sumĂ©e comme suit :

  • les mĂ©tiers de « prĂ©sence sociale Â» (mĂ©tiers d’accueil, mĂ©tiers de rue) ;
  • les mĂ©tiers de l’organisation sociale (cadres managers de services, cadres intermĂ©diaires combinant logique de direction et logique d’intervention, coordonnateurs de programmes, accompagnateurs de projets) ;
  • les mĂ©tiers d’intervention directe (modèle de l’intermĂ©diation, modèle de l’accompagnement Ă  base procĂ©durale). Fonctions et professions dans les institutions sociales et mĂ©dico-sociales 

 Ă  insĂ©rer :
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La formation des professionnels : une histoire rĂ©cente, une Ă©volution en cours

L’identification des responsabilitĂ©s semble avoir Ă©tĂ© privilĂ©giĂ©e pendant une longue pĂ©riode dans le secteur, au dĂ©triment de la qualification, tant pour les directeurs que pour les autres professions : pour les premiers, la formation Ă©tait considĂ©rĂ©e comme facultative jusqu’à la rĂ©forme du CAFDES en 2002, pour les seconds, leurs diplĂ´mes sont assez rĂ©cents (outre le diplĂ´me d’assistant de service social, qui date de 1932) :

  • diplĂ´me d’État d’éducateur spĂ©cialisĂ©, 1967 ;
  • certificat d’aptitude aux fonctions de moniteur Ă©ducateur, 1970 ;
  • certificat d’aptitude aux fonctions d’aide mĂ©dico-psychologique, 1972 ;
  • diplĂ´me d’État d’éducateur de jeunes enfants, 1973 ;
  • diplĂ´me d’État de conseiller en Ă©conomie sociale et familiale, 1973 ;
  • certificat de formation de travailleuse familiale, 1974, auquel s’est substituĂ© le diplĂ´me d’État de technicien de l’intervention sociale et familiale, 1999 ;
  • certificat d’aptitude aux fonctions d’éducateur technique spĂ©cialisĂ©, 1976 ;
  • diplĂ´me d’État relatif aux fonctions d’animation, 1979 ;
  • certificat de qualification aux fonctions de moniteur d’atelier, 1987 ;
  • certificat d’aptitude aux fonctions d’aide Ă  domicile, 1988, auquel s’est substituĂ© le diplĂ´me d’État d’auxiliaire de vie sociale, 2002 ;
  • diplĂ´me de mĂ©diateur familial, 2003 ;
  • certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unitĂ© d’intervention sociale, CAFERUIS, 2004.

Diplômes qui ont connu des évolutions et des réformes depuis leur création.
Une première modification de la loi de 1975 concernant la formation des travailleurs sociaux est intervenue avec la loi du 29 juillet 1998 relative Ă  la lutte contre les exclusions. Son article 151 a en effet :

  • Ă©largit les missions des centres de formation des travailleurs sociaux, dans un contexte d’évolution des mĂ©tiers traditionnels, des professions, et des rĂ©ponses multiples et nouvelles Ă  apporter ;
  • fixĂ© un objectif de dĂ©cloisonnement, qui doit permettre aux professionnels de rĂ©pondre Ă  la fois de façon ciblĂ©e aux besoins (avec des formations spĂ©cifiques par secteur), et globale et transversale (avec des formations permettant de dĂ©velopper des compĂ©tences transverses, modulables, Ă©volutives, face Ă  des besoins plus Ă©tendus, Ă  des rĂ©glementations de plus en plus complexes, et Ă  une exigence de travail en rĂ©seau et en partenariat appelant des compĂ©tences « transprofessionnelles Â») ;
  • indiquĂ© que les schĂ©mas national et rĂ©gionaux des formations sociales, s’ils ne font pas la politique de formation, y contribuent fortement, ces dispositifs exigeant alors d’être organisĂ©s et dotĂ©s budgĂ©tairement.

L’exigence de qualification se renforce donc aujourd’hui Ă  tous les niveaux, après de vifs dĂ©bats autour de la confrontation « qualifications Â» – « compĂ©tences Â». Aujourd’hui, la plupart de ces formations ont ou vont faire l’objet d’une redĂ©finition, par un triple rĂ©fĂ©rentiel : professionnel ; de formation ; de certification. Citons de ce point de vue la crĂ©ation, en 2003, d’une Commission professionnelle consultative (CPC) du travail social et de l’intervention sociale qui rĂ©unit l’ensemble des acteurs concernĂ©s (partenaires sociaux, collectivitĂ©s locales, associations, organismes paritaires collecteurs agréés, organismes de formation…), et qui est chargĂ©e de formuler des avis sur tous les aspects des certifications (crĂ©ation, formulation de rĂ©fĂ©rentiels, architecture…).

La régulation de l’offre de formation

L’offre de formation dans le domaine de l’action sociale et mĂ©dico-sociale est assurĂ©e par l’État et par les conseils rĂ©gionaux, avec un schĂ©ma national des formations sociales, dont le premier date de 2001, et des schĂ©mas rĂ©gionaux qui doivent s’inscrire dans le premier, Ă  la suite de la loi du 13 aoĂ»t 2004 relative aux libertĂ©s et aux responsabilitĂ©s locales qui a donnĂ© pleine compĂ©tence aux rĂ©gions en la matière.
Les objectifs du schĂ©ma national, tels que rappelĂ©s par J.-F. Bauduret et M. Jaeger, sont les suivants :

  • « Prendre acte des mutations du paysage institutionnel qui se caractĂ©rise par : l’élargissement des publics concernĂ©s par l’action sociale, du fait de la montĂ©e des exclusions ;
  • le rĂ´le accru des collectivitĂ©s locales dans la dĂ©finition des politiques sociales ;
  • l’imbrication des problĂ©matiques (maladie, handicap, difficultĂ©s sociales…) qui justifient le dĂ©veloppement de politiques transversales…
  • Recentrer les missions de l’action sociale et mĂ©dico-sociale sur :
      dĂ©finit et met en Ĺ“uvre la politique de formation des travailleurs sociaux, Ă  travers un schĂ©ma rĂ©gional ;

    • agrĂ©e les Ă©tablissements dispensant des formations initiales et assure leur financement ;
    • peut en confier la compĂ©tence Ă  un ou plusieurs dĂ©partements ;
    • attribue des aides aux Ă©tudiants.

    Ainsi, l’on voit se produire un entrecroisement entre action régulatrice et incitative de l’État au niveau national, et décentralisation et logiques de proximité face à des besoins territoriaux de l’autre. Ce paysage conduit à des enjeux politiques non négligeables en matière de formation des travailleurs sociaux, et donc à une articulation assez complexe des compétences, des décideurs et des dispositifs qui a un impact à la fois sur la structuration du secteur et sur l’identité des professionnels.

    La VAE, Validation des acquis de l’expérience

    La VAE constitue un vĂ©ritable enjeu pour le secteur de l’action sociale en pleine Ă©volution. Elle permet en outre Ă  des personnes ayant acquis des compĂ©tences au cours de leur vie professionnelle et occupant parfois un emploi en tant que faisant-fonction d’accĂ©der au diplĂ´me correspondant, et donc Ă  la rĂ©munĂ©ration et Ă  la reconnaissance associĂ©es. En prĂ©fĂ©rant les termes « validation des acquis de l’expĂ©rience Â» aux termes « validation des acquis professionnels Â», le lĂ©gislateur a ainsi voulu prendre en compte les compĂ©tences issues de l’histoire plus large des candidats Ă  la VAE, au-delĂ  de la seule expĂ©rience professionnelle, Ă  savoir le parcours scolaire, la vie familiale, l’engagement social, associatif… Ă€ ce jour, la plupart des diplĂ´mes du secteur social et mĂ©dico-social sont ou sont en passe d’être accessibles par la VAE.

    Le métier de directeur d’établissement ou service et son évolution

    Les directeurs ont été longtemps des personnalités qui incarnaient les institutions sociales et médico-sociales ou les établissements et services qu’ils dirigeaient, quand ils n’en étaient pas à l’origine, personnalités parfois charismatiques voire paternalistes. Une première formation a été mise en place par l’association nationale des éducateurs de jeunes inadaptés (ANEJI) et des regroupements d’employeurs (SNAPEI, UNAR, CTN) en 1968. Des circulaires suivront, qui mentionneront la professionnalisation des directeurs, mais sans caractère obligatoire. Aujourd’hui, il est demandé aux directeurs d’établissement ou de service de disposer d’un niveau I.
    MĂŞme si le certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement ou de service d’intervention sociale (CAFDES) n’est pas le seul diplĂ´me requis pour occuper un poste de directeur dans le secteur, il est souvent citĂ©. Il a fait l’objet d’une rĂ©forme en 2002, qui a conduit Ă  son homologation en niveau I, et Ă  la dĂ©finition de 4 missions principales Ă  mettre en lien avec celles de directeur :

    • expertise de l’intervention sanitaire et sociale sur un territoire ;
    • Ă©laboration et conduite du projet d’établissement ou de service ;
    • management et gestion des ressources humaines ;
    • gestion Ă©conomique, financière et logistique.

    L’objectif est que ces fonctions s’articulent autour d’une vision globale, transversale et territoriale de l’action, les directeurs devant être à même de développer une visée stratégique et de mener à bien des projets. Diplôme national reconnu par les employeurs, le CAFDES ne détient cependant pas un monopole dans les formations professionnelles supérieures, d’autres formations existent et se développent, notamment dans le cadre universitaire depuis quelques années.
    Le rĂ´le et les missions du directeur ont en outre fait l’objet d’une nouvelle rĂ©forme en 2007. L’évolution des compĂ©tences nĂ©cessaires Ă  la direction d’associations gĂ©rant des Ă©tablissements et services sociaux et mĂ©dico-sociaux comme Ă  la direction de ces structures elles-mĂŞmes a en effet conduit les pouvoirs publics Ă  encadrer le type de « profil Â» exigĂ© pour ces fonctions. Le dĂ©cret n° 2007-221 du 19 fĂ©vrier 2007 pris en application du II de l’article L. 312-1 du Code de l’action sociale et des familles et relatif aux modalitĂ©s de dĂ©lĂ©gation et au niveau de qualification des professionnels chargĂ©s de la direction d’un ou plusieurs Ă©tablissements ou services sociaux ou mĂ©dico-sociaux (6) crĂ©e de nouvelles obligations pour les associations gestionnaires d’établissements ou services, dont certaines auront un impact Ă  court terme, comme l’élaboration du document unique de dĂ©lĂ©gation et l’exigence d’un niveau de qualification minimal.

    La rédaction d’un document unique de délégations

    Ce document, dont la rédaction incombe à l’organisme gestionnaire, doit préciser les compétences et les missions confiées par délégation au directeur.
    Il doit dĂ©finir la nature et l’étendue des dĂ©lĂ©gations, notamment dans les domaines suivants :

    • conduite de la dĂ©finition et de la mise en Ĺ“uvre du projet d’établissement ou de service ;
    • gestion et animation des ressources humaines ;
    • gestion budgĂ©taire, financière et comptable ;
    • coordination avec les institutions et intervenants extĂ©rieurs.

    L’exigence d’un certain niveau de qualification

    La fonction de direction devra ĂŞtre assurĂ©e par un professionnel titulaire d’un diplĂ´me de niveau I (7) enregistrĂ© au RĂ©pertoire national des certifications professionnelles (RNCP) lorsqu’il est appelĂ© Ă  :

    • diriger ou administrer un groupement de coopĂ©ration sociale et mĂ©dico-sociale (GCSMS), un groupement d’intĂ©rĂŞt Ă©conomique, un groupement d’intĂ©rĂŞt public et les autres formes de groupements mentionnĂ©s Ă  l’article L. 312-7 du CASF ;
    • diriger un ou plusieurs Ă©tablissements ou services rĂ©pondant cumulativement sur au moins trois exercices comptables clos consĂ©cutifs, Ă  au moins deux des trois seuils fixĂ©s pour le recours au commissariat aux comptes ;
    • diriger le « siège social d’un organisme gestionnaire autorisĂ© Â».

    Dans les autres cas, les professionnels assurant la fonction de direction devront être titulaires d’un diplôme de niveau II enregistré au RNCP.
    Le dĂ©cret prĂ©voit, nĂ©anmoins, qu’un directeur peut ĂŞtre recrutĂ© Ă  un niveau immĂ©diatement infĂ©rieur Ă  celui qu’exige sa fonction. Il dispose dans ce cas, de 3 ans pour obtenir la certification supĂ©rieure requise pour le poste.
    Les titulaires du diplĂ´me des cadres de santĂ© ou d’un diplĂ´me sanitaire ou social de niveau III, qui justifient d’une expĂ©rience professionnelle de trois ans dans le secteur sanitaire, social et mĂ©dico-social et qui s’engagent dans les 5 ans Ă  achever une formation Ă  l’encadrement sont admis Ă  diriger :

    • un Ă©tablissement ou service qui emploie moins de 10 salariĂ©s ;
    • un foyer logement non mĂ©dicalisĂ©, une petite unitĂ© de vie ;
    • un Ă©tablissement ou un service d’une capacitĂ© infĂ©rieure Ă  25 places autorisĂ©es.

    Ă€ compter du 21 fĂ©vrier 2007, les structures ont 10 ans pour se mettre en conformitĂ© si leurs directeurs ont Ă©tĂ© recrutĂ©s avant l’entrĂ©e en vigueur de loi n° 2002-02 du 2 janvier 2002 ou 7 ans s’ils sont embauchĂ©s après cette date. Dans le second cas, si les directeurs ne disposent pas de l’anciennetĂ© de 3 ans nĂ©cessaire pour s’engager dans un parcours de VAE, le dĂ©lai est augmentĂ© de la durĂ©e d’expĂ©rience manquante. 

Mettez toutes les chances de votre côté

Thèmes abordés

Notes

Note 01 Article 15 de la loi, codifié au II de l'article L. 312-1 du Code de l'action sociale et des familles. Retour au texte

Note 02 Les mutations du travail social. Dynamiques d'un champ professionnel , sous la direction de Jean-Noël Chopart, Dunod, 2000, p. 18. Retour au texte

Note 03 Même si la durée effective des études est de 3 ans, les diplômes professionnels de niveau III ne sont reconnus qu'à bac + 2. Retour au texte

Note 04 Qualifier le travail social. Dynamique professionnelle et qualité de service , sous la direction de Michel Chauvière et Didier Tronche, Dunod, 2002, p. 8. Retour au texte

Note 05 Les mutations du travail social. Dynamiques d'un champ professionnel , sous la direction de Jean-Noël Chopart, Dunod, 2000. Retour au texte

Note 06 Journal Officiel du 21 février 2007. Retour au texte

Note 07 Personnel occupant des emplois exigeant normalement une formation de niveau supérieur à celui de la maîtrise. Retour au texte

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