LA NÉVROSE n’est pas classifiée sous le registre du handicap (sauf certaines formes graves de troubles obsessionnels compulsifs) mais sous celui de la maladie mentale car, si la personne névrosée peut présenter des incapacités ou des désavantages sociaux, elle n’en est pas moins autonome dans les actes de la vie quotidienne. Elle souffre, a conscience de sa maladie mais se soigne. Contrairement à la personne psychotique qui, si elle souffre (du fait de ses angoisses), n’a pas conscience de sa maladie (tout du moins lorsqu’elle est en crise), et donc n’a aucune raison de se soigner (puisqu’elle croit ne pas être malade).
La nĂ©vrose se caractĂ©rise par l’importance croissante des limitations, des inhibitions que le nĂ©vrosĂ© s’impose Ă lui-mĂŞme (peur des araignĂ©es, obsession de la propretĂ©…).
On distingue cinq formes de névroses :
- la névrose d’angoisse ;
- la névrose phobique ;
- la névrose hystérique ;
- la névrose obsessionnelle ;
- la névrose traumatique.
1. LA NÉVROSE D’ANGOISSE
C’est un état névrotique dont l’angoisse, sous ses diverses formes, constitue le symptôme central, avec un état permanent d’attente anxieuse (trouble anxieux généralisé), sur lequel se greffe la forme paroxystique : crise d’angoisse aiguë (trouble de panique).
L’anxiĂ©tĂ©, l’inquiĂ©tude et les soucis excessifs concernent tous les domaines de la vie quotidienne (famille, situation professionnelle,…). L’anxiĂ©tĂ© se manifeste Ă travers des symptĂ´mes divers : fatigabilitĂ©, tensions musculaires, troubles du sommeil, agitation…
2. LA NÉVROSE PHOBIQUE
La névrose phobique se définit par des traits de personnalité (le caractère phobique) et d’autre part, par une symptomatologie (les conduites phobiques et contraphobiques).
La personne prĂ©sentant une nĂ©vrose phobique dĂ©veloppe une personnalitĂ© Ă©vitante qui se manifeste par une inhibition sociale, un sentiment de ne pas ĂŞtre Ă la hauteur et une sensibilitĂ© excessive au jugement d’autrui. Sur le plan symptomatologique, la personnalitĂ© phobique dĂ©veloppe des phobies spĂ©cifiques. Cette phobie spĂ©cifique se manifeste par une peur permanente et intense dĂ©clenchĂ©e par la prĂ©sence d’un objet ou d’une situation spĂ©cifique (prendre l’avion, entrer dans un ascenseur, voir du sang, ĂŞtre en prĂ©sence de certains animaux…).
Afin d’éviter les situations phobogènes, la personne présentant ce type de névroses met en place des attitudes contra-phobiques : tout est mis en place afin que ces situations ne puissent pas être rencontrées.
3. LA NÉVROSE HYSTÉRIQUE
Cette névrose est caractérisée par une personnalité clairement identifiable et des symptômes prenant une allure somatique voire organique.
La personnalité histrionique se manifeste sous la forme d’une réponse émotionnelle excessive, d’une quête affective perpétuelle et une recherche constante de l’attention d’autrui. Le sujet supporte souvent mal les situations où il n’est pas le centre de l’attention. La séduction ou l’attitude provocante sont souvent présents. L’aspect physique est mis en avant pour attirer l’attention.
Les comportements sont souvent théâtralisés, dramatisés, exagérés.
Enfin, le sujet est facilement influençable.
Sur le plan symptomatologique, les personnes présentant des névroses hystériques sont sujettes à des déficits de la motricité sous forme de paralysie partielle ou totale. De nature hypocondriaque, elles vont souvent chez le médecin afin d’être rassurées. Il n’y a aucune explication organique aux souffrances physiques qui sont pourtant bien éprouvées.
4. LA NÉVROSE OBSESSIONNELLE
La névrose obsessionnelle est la forme la plus organisée et la plus grave des pathologies névrotiques.
Elle est caractérisée par une personnalité obsessionnelle préoccupée par l’ordre, le perfectionnisme et la maîtrise, aux dépens d’une souplesse, d’une ouverture d’esprit et d’un pragmatisme.
Les symptĂ´mes se manifestent sous la forme d’obsession et de rituels. On parle de troubles obsessionnels compulsifs (ou TOC) : le sujet prĂ©sente des impulsions intrusives entraĂ®nant une anxiĂ©tĂ©, une souffrance importante. Il prĂ©sente en outre, des compulsions : des comportements rĂ©pĂ©titifs (lavage des mains, rituels d’objets…) ou des actes mentaux (rĂ©pĂ©tition silencieuse de mots ou de chiffre…). Ces compulsions ont pour fonction de diminuer ou neutraliser l’angoisse mais, elles sont aussi Ă l’origine des sentiments de dĂ©tresse, d’une perte de temps importante qui limite les activitĂ©s habituelles du sujet.
5. LA NÉVROSE TRAUMATIQUE
C’est un Ă©tat nĂ©vrotique organisĂ© et durable provoquĂ© par un Ă©vĂ©nement traumatisant : choc psychologique reprĂ©sentant une menace, traumatisme suffisamment violent pour dĂ©border les capacitĂ©s de dĂ©fense du sujet (attentat, accident…). L’évĂ©nement traumatique est constamment revĂ©cu tant en journĂ©e que la nuit (rĂŞves ou insomnies). Le sujet prĂ©sentant une nĂ©vrose traumatique va adopter des conduites d’évitement des stimuli associĂ©s au traumatisme.
Suggestions de sites internet
http://www.psychosoma.info/article-mecanismes-psychiques-des-nevroses-55524997. html : site d’information sur la psychosomatique et la psychanalyse.
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/guide_medecin_troubles_ anxieux.pdf : guide des affections psychiatriques de longue durée édité par la Haute autorité de santé (HAS) : Troubles anxieux graves.
Éléments de bibliographie
BARROIS C. (1998), Les névroses traumatiques, Paris, Dunod, 2e éd.
CHABERT C., BRUSSET B., BRELET-FOULARD F. (2006), Névroses et fonctionnements limites, Paris, Dunod, 2e éd.
CHABERT C. (dir.) (2007), Les névroses. Traité de psychopathologie de l’adulte, Paris, Dunod.
GRUNBERGER B. (2005), Les névroses : l’Homme et ses conflits, coll. Grandes découvertes de la psychanalyse, Paris, éd. Sand & Tchou.
MARTY F. (2008), Les grands concepts de la psychologie clinique, Paris, Dunod. MENECHAL J. (1999), Qu’est-ce que la névrose ?, Paris, Dunod.
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